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Paix terrée, pétessons¹ dans un bateau.

Clamart-***-********, 31 mars.

Être un gros flemmard à court d’idée en 2006, c’est faire une note toute neuve en recyclant celles du 7 mars et du 23 novembre. Yeah.

Bande-sonThe Cure ― Why Can’t I Be You?

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1 « Paîtessons » est la première personne du pluriel de l’impératif présent du verbe paîtesser, ancienne forme de paître, qui a disparaîtessé2 lors de l’invention du 3e groupe, en 1547.
2 « Disparaîtessé » est le participe passé du verbe disparaîtesser, qu’on a envoyé paîtesser3 lors de la même réforme, au profit de disparaître.
3 Cf. 1.

Art[@]work #3.

« Cathédrale St-Étienne1 de Metz » (2005) - Sculpture en 1 touillette polypropylène non enchâssée à la main, présentée ici avec l’aimable autorisation du MAPM (Musée d’Art en Plastique Moderne) de Clamart.

« St-Étienne2 de Metz », œuvre finale de l’artiste dans sa recherche de la forme parfaite, est le summum de l’expression plastique simplifiée à son extrême. La cathédrale est représentée dans sa forme la plus marquante — sa flèche qui se dresse fièrement vers le ciel — dans une blancheur pieuse qui rappelle la pureté virginale de la Sainte-Église. L’utilisation d’un seul et unique élément est un hommage aux membres des corporations qui, au Moyen-`ge, investissaient leurs vies entières dans l’accomplissement d’un but unique : celui de mener haut, toujours plus haut un bijou de l’art gothique.

La forme de l’ensemble, qui n’est pas sans rappeler celle d’une touillette, est également un hommage au travail quotidien dont… tiens le chef vient de passer la porte on va peut-être se mettre à bosser passez une bonne journée salut.

Œuvre unique, 1 504 €, frais de port inclus.

Bande-sonSamuel Barber - Adagio pour cordes
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1 Allez, allez, allez.
2 Allez, allez, allez.

Art[@]Work #2.

« Consucr’tion » (2005) ― Sculpture en 18 touillettes polypropylène enchâssées à la main, présentée ici avec l’aimable autorisation du MAPM (Musée d’Art en Plastique Moderne) de Clamart.

« Consucr’tion » est une étape décisive dans l’expression artistique de l’artiste ; ‘il est passé d’une composition plate, terne, répétitive et monotone à un feu d’artifice de formes élancées, hétéroclite de prime abord mais méticuleusement organisé suivant un processus bien précis.

Soudainement galvanisé par un optimiste communicatif, le sculpteur ne voit plus sa vie professionnelle comme un long chemin de croix, comme l’exprimait formidablement bien « Travailla la chaîne », sa précédente œuvre, mais comme un tremplin lui apportant élévation et osmose spirituelle.

La forme en elle-même n’est pas anodine. C’est la spirale que l’on retrouve dans toute forme de vie, de la coquille d’escargot à la chambre d’admission d’une turbine hydraulique, en passant bien sûr ― et surtout ― par la molécule d’ADN, source biologique sans qui le vivant ne serait qu’un fantasme fou. Les touillettes, briques élémentaires de l’ensemble, sont comme tout autant d’atomes composant une molécule parfaite, chimiquement stable et électroniquement neutre. Les journées se suivent et permettent au travailleur de s’envoler vers la lumière. On discerne également l’éloge du travail d’équipe dans l’édifice : des touillettes œuvrant main dans la main vers un but de réussite et d’accomplissement au travers du travail bien fait. Par cette dernière parabole, l’artiste nous livre enfin le message qu’il cherche à faire passer : le travail, c’est la vie, la vie, c’est la santé, le travail, c’est donc la santé.

Œuvre unique, 7 469 €, frais de port inclus.

Bande-sonSamuel Barber ― Adagio pour cordes

Art[@]work #1.

« Travailla la chaîne » (2005) — Œuvre en 59 touillettes polypropylène enchâssées à la main, présentée ici avec l’aimable autorisation du MAPM (Musée d’Art en Plastique Moderne) de Clamart.

« Travailla la chaîne » est pour l’artiste l’expression ultime de sa sensation d’emboîter, jour après jour, des journées entière d’un travail méticuleux, dévoué, pour la gloire du pétrole joyeux et vainqueur. Le choix du matériau n’est pas anodin : des objets en plastique — matière essentiellement composée de pétrole — symbolisant le premier élément de toute journée de travail qui se respecte, la première brique sur laquelle tout travailleur bâtit quotidiennement ses huit heures de travail : la touillette à café. L’ustensile transmet de la main de son utilisateur au breuvage qu’il convoite sa première initiative dynamique du jour : le remous du mélange de liquide et de sucre nécessaires au cerveau pour se réveiller le matin. Plus qu’un signal de départ, la touillette à café est un véritable catalyseur d’énergie laborieuse.

Le savant enchevêtrement dans lequel sont associées les touillettes est un choix délibéré de l’artiste : passer ses semaines au bureau, débuter chaque journée par les mêmes rites incessants, tout cela ne se résume-t-il pas, au bout du compte, à aligner inlassablement, jour après jour, des cartons entiers de touillettes usagées ? La nature elle-même de la chaîne, lien oppresseur retenant l’honnête homme au travail — du latin tripallium , instrument de torture — traduit bien l’appel au secours de l’artiste à travers son œuvre : « Je suis un Clamart enchaîné », semble-t-il clamer à la face du monde.

« Travailla la chaîne » est le paroxysme de la quintessente expression de l’angoisse face à la vie professionnelle, de la peur de pénétrer dans un tunnel dont on ne voit pas le bout, du souhait d’exorcisation des démons du quotidien : la pureté de la blancheur omniprésente de l’œuvre tranche radicalement avec la couleur du noir pétrole qui occupe les journées de travail, lui conférant une bienheureuse portée optimiste. Le fait que cette blancheur soit issue de ce même pétrole traduit l’espoir d’une lumière future, d’un avenir radieux, d’un destin « déchaîné ». Il y a de la lumière au bout du tunnel.

Œuvre unique, 4 762 €, frais de port inclus.

Bande-sonSamuel Barber - Adagio pour cordes