Brend-Hann vit le grand inconnu s’approcher du micro. Subjugué par sa stature, pétrifié par sa prestance, le candide breton se sentit submergé par une vague de curiosité mêlée d’un trouble haletant. Le grand éphèbe qui lui faisait face, feintant l’innocence mais sûr de son succès, ondula son corps d’un air mutin, rejeta sa longue cheveleur de jais et lança d’une voix étincelante un long “steady as she goes” au sens mystérieux et aux tremoli plaintifs.
Le temps ralentit. La température était idéale, 10 000 amis extatiques l’entouraient et sa canette de stout n’était pas vide. Dans le crépuscule de cette journée d’été, Brend-Hann était vivant.
Ce n’est qu’alors qu’il sentit la courgette qui se frottait le long de sa cuisse.
Bande-son : The Raconteurs ― Crazy (Gnarls Barkley live cover, Lolapalooza1, 4/8/2006)
_____
1 L’ensemble peut être trouvé là ou là, avec même une chouette reprise de Nancy Sinatra, pour ceux qui n’en peuvent plus d’attendre le 25 août (comme moi. Oui, oui, j’admets, je n’en peux plus d’attendre le 25 août).
Tu coures de bourreau en bureau, tu voles de boulot en métro, louvoyant dans les ruelles, traçant tes chemins de traverses, tu retrouves tes gens, tu manges un Michoko®, tu négocies des badges avec une tour manager, tu manges un autre Michoko®, tu te plantes devant une scène à l’ombre d’un retour, tu offres un menu d’hôtel londonien, tu vois un mélange étrange de Rammstein et de quintet à cordes, tu fumes trop, tu vois un mélange un mélange étrange d’Arcade Fire et de latino, tu es enseveli sous les gothiques à rayures blanches et dentelles, tu as chaud, tu échanges tes objectifs avec les copains d’en face comme tu échangeais tes GI Joe avec tes copains d’enfance, tu as chaud, tu vois un mélange étrange de Leonard Cohen et d’Amanda Palmer, tu te découvres des talents inconnus jusque là de diplomatie éthylique, tu prends trop de photos, tu ne peux plus bouger, tu vois un batteur qui, lui, le peut et en profite bien, tu n’as plus de dos, tu as chaud, eux aussi, ton œil se brûle à la sueur de ton viseur, Coin-Operated Drummer, cabaret tourbillonnant, égéries romantiques, Black Sabbath, ça tourne et ça crépite, j’ai chaud, lève tes bras, clic, souris-moi, clac (je ne suis plus qu’eau, d’acc ?), il pleut de l’Heineken®, tu manques de justesse la noyade dans le port d’Amsterdam alors tu plonges dans le vin blanc du bar d’à côté, écroulé sur ta chaise à recompter tes vertèbres et à converser avec la fine équipe qui t’entoure à propos de Steve Estatouffe et ― surtout ― de la prochaine fois que tu coureras t’agglutiner à une foule exsangue et liquéfiée pour fournir leur dose à tes yeux et tes oreilles.
Rentré,
café,
couché.
Y a des fois comme ça, tu vois, où ta vie, elle est juste bien.
/Edit : TÉLÉFLACOGRAMME : 13h32 ― LES RACONTEURS À ROCK EN SEINE ― FLAQUE ― JACK WHITE EN SHORT À COURGETTE À SAINT-CLOUD ― FLAQUE ― BRENDAN EN TONG À PONT-DE-SÈVRE ― FLAQUE ― ON SE VOIT LE 25 AOÛT ― FLAQUE.
Et là, il nous claque une session acoustique d’Isobel Campbell sans Mark Lanegan, mais avec de vrais [bons] morceaux de Ramblin’ Man, de Honey Child What Can I Do? et de Revolver dedans, enrobés dans une voix douce comme du satin qui te réveille encore plus en douceur qu’un thé à la menthe sucré.
Ce mec et son émission sont en train de devenir ma principale raison de me lever du lundi mardi premierjourdelasemaine matin, je crois1.
― Mettre les pieds dans un tour-bus, ― Compter ses couchettes [14], ― Voir un amiche chantant avec la voix de Garth Algar se jeter dans une foule de groupies moites, ― Faire des estimations de taux de remplissage de couchette (en groupie/couchette) ― Louper un Eurostar, ― Être mis en demeure par la Préfecture de Police, ― Passer du rouge au vert, ― Entendre des cow-boys sur Mars, ― Causer avec un mec en costard à carreaux gris sortant tout juste d’un dégât des eaux, ― Subir une alerte-incendie avec le mec en costard à carreaux gris, ― Fuir le mec en costard à carreaux gris avant sa prochaine catastrophe, ― Me balader dans Londres plus de 10 minutes, ― Vider un appartement, ― Emplir une voiture, ― Passer pour un pédophile, ― Ne pas vider la voiture, ― Écrire un titre pour Nirvana, ― Tremper du thon dans du soja vinaigré auprès de gens super hi-tech parlant en codes, ― Coller 49 vignettes importées à grands frais du Québec sur mes touches pour assumer enfin au grand jour mon amour du clavier canadien multillingue standard, ― Écouter les Raconteurs, ― Réécouter les Raconteurs.