
Mathieu Chédid, 40 ans Rock n’Folk, le Bataclan, Paris, 24 octobre.
Bande-son : Thunderbirds Are Now! ― Eat This City
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1 Concept trop yeah chez cette jeune fille dérobé.

Mathieu Chédid, 40 ans Rock n’Folk, le Bataclan, Paris, 24 octobre.
Bande-son : Thunderbirds Are Now! ― Eat This City
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1 Concept trop yeah chez cette jeune fille dérobé.

Gros papier sur les reformations ce mois-ci dans Rock n’Fluque. Foutrement bien écrit, d’ailleurs. Et terriblement juste. En substance, ça cherche à comprendre pourquoi on y souscrit, pourquoi on va voir des ombres survivantes de combos morts et enterrés ― au figuré et souvent même au propre ― s’approprier leur nom et salir leur mémoire. Comme Ungemuth le dit si bien : « On prend des pâtes à la putanesca, façon putain, donc… il faut des anchois. C’est un fait. Si on retire les anchois, on a des pâtes façon Sylvianne, Jean-Louis ou Mémé, tout ce qu’on veut, mais on n’a plus des pâtes à la putanesca. Voilà. ». Alors pourquoi se foutre délibérément des plâtrées de pâtes à Mémé ? Pour essayer de rattraper l’histoire. Pour dire « je les ai vus », malgré les 30 années de trains de retard, malgré l’étiquette détournée et la poudre aux yeux.
Un groupe mort c’est un groupe mort. Point. Je le sais depuis mon tout premier concert, une vague version de Deep Purple sans âme, toussotant et peinant sur la scène d’un Zénith de l’automne 19931. On ne peut pas revivre l’histoire. On n’était pas né ou on n’était pas à l’affût pour l’âge d’or, c’est tout. C’est mort.
Reste qu’hier soir, j’ai vu Deep Purple. Et Led Zeppelin. Réincarnés dans un combo australien complètement à fond de 5e, le compte-tour dans le rouge, les pistons qui fondent. Stockdale et sa touffe en pétard sautant du haut de ses amplis et maltraitant sa guitare. C’est Jimmy Page ! Ross plié en deux sur son orgue perpendiculaire au sol se payant même le luxe d’un bout de Child In Time judicieusement glissé dans Mind’s Eye. C’est Jon Lord ! Même la set-list sent les années 70, avec seulement 12 titres mais à l’ancienne, étirés à l’infini mais exécutés à trois, sans solo de guitare interminables dont profite le chanteur pour aller backstage tirer une groupie. Non. Des duos de guitare ET orgue interminables. On garde les références violettes et dirigeable dans la gueule tout du long, jusqu’à ce que l’improbable se produise : une reprise de Communication Breakdown survoltée, pleine de sueur, extatique. Voilà. On y est. Bien sûr, Stockdale n’est pas Page. Y a des pains. Mais qui rendent le tout plus vrai. Et puis d’ailleurs, Page ne chante pas avec la voix de Plant. Ni de Jack White2. Stockdale, lui, si. Le Joker & The Thief ― et son accord supersonique ― qui clôt la soirée est renversant. Wolfmother quitte la scène et une salle retournée. Je rêve de fins à l’ancienne, avec rappel sur rappel, jusqu’au bout de la nuit et de nos forces. On est dans les 70’s et on y est bien. L’Élysée, lui, non. 21h45, lumières rallumées. Sur une révélation : la meilleure façon de revivre les années 70, ce n’est pas de voir ceux qui en viennent. C’est de voir ceux qui y sont restés.
Bande-son : Wolfmother ― Woman
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1 Ce qui ne m’a toutefois pas empêché d’assister délibérément à trois concerts des Pixies depuis leur reformation, mouton de panurge que je suis. Mais bon, les Pixies, eux, étaient au moins tous bien là sur scène, tout du moins physiquement.
2 Jack White qui n’est pas un rockeur des années 70. Je sais. Mais lui non. Lui dites pas.
Grâce soit rendue pour les 23 prochaines générations à Ath-les-bons-tuyaux pour le prêt du matos.

Appelé au dernier moment, Arrivée pour le gros tube des Nazes1, Bar Ouvert2, Discours d’entrée du Manœuvre qui décidément est le plus doué imitateur de Manœuvre au monde, Jacno insipide, super-groupe à base de Natasha-d’AS-Dragon, de Sue-de-Pravda, de Yaroll-d’FFF, de Mademoiselle K, de Matthieu Chédid et d’un peu des Hellboys, baston dans le public sur fond de Johnny B. Goode, douche à la bière [mon manteau qui sent encore], Crosstown Traffic et les doigts épatants de Chédid changé pour 5 minutes en Handrix, Highway To Hell parce que Darc arrive pas, concours du plus défoncé entre Patrick « tiens j’ai pas branché ma guitare » Eudeline et Daniel « oups j’ai vomi dans mon harmonica » Darc [c'est Darc qui gagne d'un cheveu grâce à sa sortie titubante sur l'épaule d'un roadie3, malgré la brillante démonstration de smurf éthylique d'Eudeline], Cornflakes magistral de Chédid et Sympathy For The Devil « dédicacé à Brian Jones » final où tout le monde termine sur scène, public à blouson de cuir inclus, avant un gâteau que quand je me casse une demi-heure plus tard ils en sont encore à le couper.

Nan mais des soirées comme ça c’est géniaaaal4. Ça manquait un peu de rayures, juste. Joyeux 40 ans les gros.
Bande-son : Les Nazes1 ― Gros tube
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1 Ça s’écrit peut-être Naast, note, je suis pas sûr.
2 Tous ensemble, promouvons l’utilisation de phrases françaises face à l’invasion sanguinaire de l’anglais dans le vocabulaires des soiré française.
3 Roadie qui, au moment de l’abandonner sur un canapé, lui a dit « Darc, va, dors ». Enfin peut-être. Perso je l’aurais fait, en tout cas.
4 « C’est géniaaaal » is a registered phrase from the Philippe Manœuvre International Fan Club. All Rights Reserved.