Observation no 1 : Ce qu’il y a de bien, avec Bloc Party, c’est que le charisme et les mimiques du Kele font qu’on a quelque chose à se mettre dans l’œil tout au long de la soirée.
Observation no 2 : Ce qu’il y a de mal, avec Bloc Party, c’est que du coup on en oublie ses potes batteur, bassiste et gratteux qui à force doivent être super vexés et malheureux dans leur vie.
Pour le reste la soirée fut bonne, à des lieues du concert promo typique où tout le monde reste les bras croisés sans bouger ou bouge aux bars pour se croiser, grâce à un premier rang particulièrement à fond dedans. Bloc Party assure, Kele Okereke fait le show, slame une fois, deux fois, grimpe jusqu’à la console de la mezzanine, revient, perd sa ceinture ― opération intégralement exécutée avec un photographe du NME qui lui court après tout du long, ce qui prouve qu’au NME ils doivent les recruter dans l’armée, leurs photographes ― et s’excuse par avance s’il perd son pantalon, ce à quoi la salle rétorque « hélicoptère ! », que je trouve particulièrement drôle et osé mais surtout drôle, jusqu’à ce que plus tard dans la soirée on me rappelle que non non Helicopter c’est juste le titre de cette chanson là, tu sais bien, ce qui m’enlève toute la blague, comme quoi les ignorants sont effectivement les plus heureux parce qu’ils peuvent voir des blagues osées mais drôle là où il n’y a qu’une requête de chanson. Malgré ça la soirée est bonne et fini bien, le groupe est toujours très bon, son batteur et son chanteur toujours aussi impressionnants et leur nouveau singôle a du hip-hop dedans, tout va bien. Y a un Olympia le 10 février, je me demande si le Kele tentera la grimpette jusqu’au balcon.
Bande-son :Bloc Party – She’s Hearing Voices (Gloubi-Boulga)
Salut le toi. Si comme Jean-Jean et Kévin, tu aimes voir le monde sans bouger de la verte pelouse qui tapisse ton repaire, ça tombe bien, j’ai officiellement terminé1 la constitution de la carte du monde dépécien, une carte super-longue à charger mais super-pratique à utiliser pour voir si je suis venu chez toi par le passé prendre des photos de ton caniche, de ta ruelle ou de ton église ou voir sans en louper une toutes mes photos de Plymouth, Michigan ou de Fellering, Haut-Rhin.
Et se dire que finalement, après avoir eu Radiohead rien que pour soi dans un concert meilleur que celui de Bercy, après avoir découvert que les Kooks ne sont pas si anecdotiques que ça, après avoir pu passer du temps avec des gens pas assez vus depuis longtemps, après avoir senti une vrai bonne ambiance s’installer dans la fosse photo au fil des concerts et malgré la scène trop haute, la sécu trop pressante, les fans de Mika et Mika lui-même et en ayant surtout vu la photo de la fosse de la grande scène de Belfort chez le Rod, se dire qu’on s’en tire pas mal, même si verser dans le festival aux OGM aux dépens des autres, les vrais, ça laisse un cas de conscience.
Je n’arrête pas de me demander pourquoi, sur cette photo, UN SEUL bonhomme ne bouge absolument pas, et je me dis que ça ferait un chouette sujet de rédaction pour les vacances de Noël.
Mais à part ça, rien.
Bande-son :The Libertines – Don’t Look Back Into The Sun
Y’a quand même des jours où, même si tu y est entré grave à la bourre, tu ressors de la fosse photo dans l’allégresse et la folle envie de rouler des pelles au chanteur, au public, à tout le groupe et surtout, surtout l’éclairagiste qui, avec le boulot de poney qu’il a abattu, t’a assuré de pondre une des meilleures séries de ta vie. Et là, tu vois, tout va subitement bien.
Bande-son :Damien Rice – Be My Husband (Lisa Hannigan) (live)
1 Paumir : v. t. ― (vieill.) Parsemer de paumes. A donné son nom au jeu de paumis, sport en vogue durant la Révolution Française, où deux adversaires se jettaient mutuellement des paumes à la figure. D’après la légende, un paumis massif serait à l’origine de la disparition de la Pangée, déjà mal en point : « Pangée s’étriquer, paumir c’est pire » (proverbe haïtien).