Maryse Tourette « DPC

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The White Stripes @ le Zénith, Paris

Mardi 12 juin 2007


Jacques White est mon homme de maison.

Ce qui frappe dès l’entrée dans le Zénith, c’est le dépouillement de la scène par rapport à la dernière tournée. De la jungle luxuriante d’il y a 2 ans, ne subsiste que le rouge. À part la batterie blanche de Meg, le décorum entier baigne dans le sang : rouges, les enceintes de retour, rouge, le piano, rouge, le fond. Rouges, les costumes de scène, revenant à une simplicité faisant fi des costumes de Zorro affichés en 2005. La setlist elle-même prétend que Get Behind Me Satan n’a jamais existé : à peine n’aurons nous qu’un rapide couplet du Denial Twist pendant le rappel.


Curieux show que cette ancienne version du duo pourtant renouvelé. Le set démarre en trombe dans un When I Hear My Name rageur, vite suivi de Dead Leaves And The Dirty Ground, plus posé. Le Zénith déguste, il va morfler. Icky Thump est la première baffe de la soirée. Le riff assassin du nouveau single est déjà accueilli comme un classique alors qu’Effect And Cause, derrière, est une découverte pour beaucoup. Les White Stripes claquent une version acoustique toute neuve d’Hotel Yorba, avant un passage plus calme sur Do, puis I’m Slowly Turning Into You. Là aussi, le show diffère des précédents, grâce à une communication avec le public accrue. À l’invite de Jack, le Zénith assure les chœurs, se chauffant pour I Think I Smell A Rat, terminé à 2 à l’heure. White improvise en slide. Death Letter ? Non, Catch Hell Blues. Puis Same Boy You’ve Always Known, Hello Operator, avant que Meg lâche sa batterie pour In The Cold, Cold Night qui ravit la salle entière. La fin du set est sauvage, avec l’enchaînement d’un Jolene dramatique, d’un Let’s Shake Hands énervé et d’un Ball And Biscuit saturé. Le pied.

Le rappel, lui, est une communion. Grâce à Black Math, d’abord, dans une version longue ponctuée d’un medley de Denial Twist et de Passive Manipulation ― chanté par Jack ―, se muant en I Just Don’t Know What To Do With Myself. Tout le Zénith chante, saute et clape en rythme. Jack confie son amour pour la France, entamant Seven Nation Army, qu’il arrête illico pour ramasser le bouquet qu’on vient de lui jeter. « Ma couleur préférée », lance-t-il en offrant le bouquet à Meg. Seven Nation Army provoque évidemment l’apocalypse qu’on en attendait. La fosse, alors qu’on lui a interdit sous peine d’exclusion, se met enfin à slammer. C’est le dernier morceau, de toute façon, alors après eux le déluge. Des chœurs de stade de football scandent le riff de guitare. Meg et Jack terminent le show debout sur leurs enceintes, à se prendre en photo avec un vieux Polaroïd puis lançant les clichés dans la foule, pour définitivement prendre congé au bout d’1h20. Toujours aussi atrocement court, ça oui. Mais bien plus intense que la dernière double date parisienne. Dieu bénisse les White Stripes.

À part ça :

Il y a trois ans, les Pistons de Détroit étaient en finale NBA.

Il y a deux ans, les Pistons de Détroit étaient encore en finale NBA.

Il y a un an, les Pistons de Détroit étaient en vacances après s’être fait vider comme des nazes en 6 manches de finale de conférence par Miami.

Aujourd’hui, les Pistons de Détroit sont toujours en vacances, cette fois-ci grâce à Cleveland1.

 

Il y a trois ans, je petit-déjeunais avec des cookies Pepperidge Farm au milieu d’un bureau quelque part à Pontiac.

Il y a deux ans, je petit-déjeunais avec des cookies Hello de Lu au milieu d’un bureau quelque part à Évry.

Il y a un an, je petit-déjeûnais avec des Prince chocolat au milieu d’un bureau quelquepart à Clamart parce qu’on était lundi.

Aujourd’hui, je petit-déjeûné avec un Panier de Yoplait au milieu de toujours le même câlisse de bureau. Je me sédentarise un peu trop, là.

 

Il y a trois ans, j’allais voir Franz Ferdinand au Majestic Theater de Détroit.

Il y a deux ans, j’allais voir Ghinzu à l’Olympia de Paris.

Il y a un an, j’allais voir si j’allais voir Guillemots à la Boule Noire de Paris ce soir-là ou bien, pour ne finalement pas y aller.

Hier, les White Stripes au Zénith de Paris. Aujourd’hui et demain, Mademoiselle K à l’Élysée-Montmartre de Paris puis au Trabendo de Paris. Y’a pas à dire, on a pas des vies faciles. Et je passe beaucoup trop de temps à Paris.

 

Il y a trois ans, je m’éveillais le matin au doux son de Bonjour Le Monde !, sur CBEF Windsor, avec Charles Lévesque et Maryse Tourette, dans ma voiture lancée à vive lenteur sur Orchard Lake Road.

Il y a deux ans, je m’éveillai au doux son de Marylin Manson, dans mon RER D lancé à vive lenteur sur RER D Trail.

Il y a un an, je m’éveillais au doux son de Wayne Coyne introduisant son acoustique de Thank You Jack White (For The Fiber-Optic Jesus That You Gave Me)2 par “Always read the instructions before plugging in a gift from Jack White.”3

Aujourd’hui, je m’éveille doucement au doux son de Que de la radio sur la 3, en bénissant une fois de plus le ciel pour avoir inventé la Suisse.

 

Il y a trois ans, il faisait beau.

Il y a deux ans, il faisait beau aussi.

Il y a un an il faisait beau et surtout chaud, j’étais déjà liquéfié alors qu’il n’était que 10 h et ça, ça suçait grave.

Aujourd’hui il fait gris, ce qui suce un peu moins.

 

Il y a trois ans, nous étions le 12 juin.

Il y a deux an, nous étions le 12 et un jour, ce qui signifiait que j’étais en retard.

Il y a un an, nous étions le 12 juin, ce qui voulait dire que je sais retenir les leçons du passé.

Aujourd’hui, nous sommes encore le 12 juin, et je n’ai réalisé qu’il y a 5 minutes que le 12 juin, c’était aujourd’hui.

Bande-son : New Radicals ― You Get What You Give

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1 Je tiens tout de même à préciser, tout comme l’année dernière, qu’à part ça le basket j’m'en basket.

2 Que je conseille au passage toujours autant pour les commentaires qu’il fait tout au long du morceau. Il est chez le belögue mort de Vox.

3 Ça a pas l’air drôle, comme ça, mais en fait si si. Écoutez l’histoire en entier.