
Bande-son : The Greenhornes – Can’t Stand It (alternate version)
Ça, c’est fait.
Samedi
27
déc 2008
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Je suis effectivement resté sceptique devant le concert de l’Élysée-Montmartre, mais malgré tout, les Black Angels ont lâché cette année un Directions to See a Ghost qui m’a bluffé de sa première piste à son emballage soigné trahissant leur passé de graphistes méticuleux. Ce groupe-là a tout pour plaire, pour peu qu’on aime le velvetien, le doorseux, les rythmes pesants et écrasés et les sillons désolants étirés sur des dizaines de minutes. Là où les Warlocks ont échoué l’année dernière, le combo d’Austin sauve les meubles d’un rock spleenien désabusé et dépressif en renouvelant le genre, mais pas trop, hein, parce qu’il est des choses dans la vie auxquelles mieux ne vaut pas trop toucher.
Saluons également des Ting Tings explosant avec un We Started Something déluré et chaloupant, taillé pour les soirées haÿpe et les pubes d’iPods ; ainsi que Blood Red Shoes revisitant le duo mixte à batterie et guitare dans des directions en tous points opposées à celles des White Stripes, péchant d’une main et promettant de l’autre. The Blakes m’ont séduit avec leur premier album, MGMT fut omniprésent et mérite sa place. Au plaisir de revoir tout ce monde-là en 2009.
Bande-son : The Black Angels – Doves

avec
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Bande-son : The Black Angels – Deer-Shee-Ree
The Black Angels ou la preuve criante qu’album marquant ne rime pas forcément avec soirée d’anthologie. Si, grâce à leur Directions to See a Ghost sorti en avril, les Texans d’Austin ont remis au goût du jour un rock spleenien laconique et bien gras trempé dans le Velvet comme les Warlocks n’ont plus su en faire depuis leur Surgery de 2005, sur scène ils pêchent par l’abus d’une formule qui, quoique captivante, revient vite se mordre la queue. Durant une grosse heure et demie, l’Élysée oscille entre riffs lourds, déprimés et lancinants et accords pesants, torturés et rampants. En gros, on repasse toujours par le même point qui, s’il plaît les deux ou trois premières fois, finit invariablement par lasser. Alex Maas ― croisement de Jim Morrison pour la voix et le phrasé, Fidel Castro pour le style et la barbouze et Robert Smith pour la posture et les pas de chat timide ― envoie du bois sur des versions de Science Killer et Young Men Dead vraiment méchantes, la batteuse Stephanie Bailey est impressionnante dans son style mais, malgré tout, quand vient le rappel, on se surprend à regarder sa montre un peu trop souvent et regretter que le fumage de drogue soit dorénavant interdit dans les salles de rock et roll, car ça nous aurait pas mal aidé à triper comme il s’eut dû toute une soirée. À la sortie, tous les avis que j’entends rejoignent le mien : excellent mais trop répétitif, avec la voix de Maas gâchée par un abus de réverb’ sur le son. La formule est payante, c’est certain, les Black Angels ont seulement besoin de travailler leur fond pour se hisser à la hauteur des Warlocks ou de Black Rebel Motorcycle Club. En attendant…
« … ils devraient s’en tenir à faire des premières parties, quand ils ne jouent qu’une demi-heure ils sont mortels. »
Gros Thom, 08 décembre 2008.
Vendredi
05
déc 2008

Vivent les attachées de presse, les spots, les éclairagistes, le format brut, les photos au 1 600e et euh… Radiohead.
Bande-son : Radiohead – Electioneering

Bande-son : The Subways –Alright
Photographiquement parlant ç’aura été une soirée en demi-teinte, puisque que j’arrive trop tard pour chouter Quidam et que je me retrouve coincé sur la gauche parce que j’avais prévu de faire une variante de la photo ci-dessus et que lorsque je cherche à partir à droite, tout le monde est ― on se demande bien pourquoi ― aux pieds de la bassiste. En ajoutant à ça des lumières sursaturées, un chanteur torse (sans) poil qui crée de méchants contrastes et le carton jaune que je me prends avant le rappel, ce qui m’empêche de choper le slam et le concours de chant de la toute fin, on obtient ça :
Pour le reste les Subways sont fidèles à eux-mêmes, en agressant une salle plutôt dépeuplée mais surchauffée comme il faut dès Kalifornia qui ouvre la soirée. Sur comme devant la scène, ça saute d’un bout à l’autre du show, on a droit à un Oh Yeah d’anthologie, Shake Shake bien méchant, This Is The Club à fond de cinquième et, en rappel, un enchaînement mortel de Strawberry Blonde, Girls & Boys et Rock & Roll Queen, conclu par un slam de Billy Lunn, donc, et un concours de chant entre les deux moitiés de l’Élysée qui évidemment finira sur un match nul. Le public parisien est le meilleur de France, puis le meilleur de la tournée, tout le monde sait que tout les soirs Lunn sert le même discours à toutes ses salles mais merde, après tout, ça fait partie du jeu alors on y croira. The Subways explosent en torchant ― en français, comme pour la Boule Noire d’avril dernier, mais cette fois-ci sans lire son texte ― Rock & Roll Queen et laissent l’Élysée frustré par un set si court mais suintant son intensité. Dans la vie c’est dur de tout avoir.
Vendredi
07
déc 2007

Je vous la fais rapide, parce que j’ai pas le temps :
Bande-son : Oasis – Fade-In Out

Saute dans la voiture. Démarre. Roule. Roule. Stop. Roule. Stop. Roule. Stop. Stop. Stop. 2h30. Entre. Chope le fotoapparat. Métro. 10 min. Blindé. Arrive. Il faut une autre place. Oui tu cherches. 27 €. Pas 50. 27 €. Pas 40. Pas 35. Une clope si tu me la vends 30. Pas de clope. Oui je cherche. 30 €. Dans le kébab pour pas qu’on te voit faire ? Kébab. Billet. Entre. Fosse photo. Ça commence. 10 minutes d’avance. Pas prêt. Berlin. Sors le fotoapparat. Déclenche. Mise au point foirée. Déclenche. Déclenche. Ça foire. Déclenche. Ça marche. Déclenche. Des pieds. Setlist. Déclenche. Weapon Of Choice. Stop. Lumières de merde. Photos pourries. Pire qu’il y a deux ans. Extraction de la fosse. Bière. Visu. Photos moches. Pas dedans. Robert est beau. Téléobjectif. Tu flottes. Semblent fatigués. Fault Line. T’es dedans. Six Barrel Shotgun. Tu planes. Whatever Happened To My Rock n’Roll. Panard. Rappel. Excitation. Take Out A Loan. Impatience. 2 autres. Intro. Intro. Intro. Deux ans d’attente. Intro. Heart + Soul. Laisse aller. I think our moment’s come and if feel this well you can save me. I feel our selfishness will be the end of this if you don’t save me. Larsens. Cris. Retombe. Des bises. Métro. ACDSee. Finalement ça va. Développe. Ça va bien. Traite. Ça va très bien. Ta gueule en poster sur TF1. Tes pieds aussi. Tout le monde au lit.
Bande-son à écouter très, très fort : Black Rebel Motorcycle Club – Heart + Soul

Être rock en 2007, c’est renier le cornichon pour soutenir la betterave.
Bande-son : Flogging Molly – Devil’s Dance Floor (acoustic)

Héhéhé, à 5 cm près, je coupais aussi la main gauche du Josh Homme et après ça et ça, on était parti pour une nouvelle série de sinistrachirophobie, dis donc.
Bande-son : The Raconteurs – Level (live)
Dimanche
29
avr 2007

Décalage horaire pas digéré, des flaques de vomi dès l’entrée, 3 malaises évacués pendant la première partie, 60 °C à l’intérieur, une masse chevelue en nage, ta voisine qui regrette d’être venue en tongs, une bouteille vidée dans ton dos, la sécu débordée, un slammeur directement dans ta gueule, tu tiens 2 morceaux et demi avant de t’extraire de là pour te retrouver sur le trottoir, à réaliser que si Houston c’était tout sauf des vacances, Trivium c’était bel et bien la rentrée. Avec baston de première récré à la clé.
Bande-son : Arctic Monkeys – Cigarette Smoker Fiona

Gros papier sur les reformations ce mois-ci dans Rock n’Fluque. Foutrement bien écrit, d’ailleurs. Et terriblement juste. En substance, ça cherche à comprendre pourquoi on y souscrit, pourquoi on va voir des ombres survivantes de combos morts et enterrés ― au figuré et souvent même au propre ― s’approprier leur nom et salir leur mémoire. Comme Ungemuth le dit si bien : « On prend des pâtes à la putanesca, façon putain, donc… il faut des anchois. C’est un fait. Si on retire les anchois, on a des pâtes façon Sylvianne, Jean-Louis ou Mémé, tout ce qu’on veut, mais on n’a plus des pâtes à la putanesca. Voilà. ». Alors pourquoi se foutre délibérément des plâtrées de pâtes à Mémé ? Pour essayer de rattraper l’histoire. Pour dire « je les ai vus », malgré les 30 années de trains de retard, malgré l’étiquette détournée et la poudre aux yeux.
Un groupe mort c’est un groupe mort. Point. Je le sais depuis mon tout premier concert, une vague version de Deep Purple sans âme, toussotant et peinant sur la scène d’un Zénith de l’automne 19931. On ne peut pas revivre l’histoire. On n’était pas né ou on n’était pas à l’affût pour l’âge d’or, c’est tout. C’est mort.
Reste qu’hier soir, j’ai vu Deep Purple. Et Led Zeppelin. Réincarnés dans un combo australien complètement à fond de 5e, le compte-tour dans le rouge, les pistons qui fondent. Stockdale et sa touffe en pétard sautant du haut de ses amplis et maltraitant sa guitare. C’est Jimmy Page ! Ross plié en deux sur son orgue perpendiculaire au sol se payant même le luxe d’un bout de Child In Time judicieusement glissé dans Mind’s Eye. C’est Jon Lord ! Même la set-list sent les années 70, avec seulement 12 titres mais à l’ancienne, étirés à l’infini mais exécutés à trois, sans solo de guitare interminables dont profite le chanteur pour aller backstage tirer une groupie. Non. Des duos de guitare ET orgue interminables. On garde les références violettes et dirigeable dans la gueule tout du long, jusqu’à ce que l’improbable se produise : une reprise de Communication Breakdown survoltée, pleine de sueur, extatique. Voilà. On y est. Bien sûr, Stockdale n’est pas Page. Y a des pains. Mais qui rendent le tout plus vrai. Et puis d’ailleurs, Page ne chante pas avec la voix de Plant. Ni de Jack White2. Stockdale, lui, si. Le Joker & The Thief ― et son accord supersonique ― qui clôt la soirée est renversant. Wolfmother quitte la scène et une salle retournée. Je rêve de fins à l’ancienne, avec rappel sur rappel, jusqu’au bout de la nuit et de nos forces. On est dans les 70’s et on y est bien. L’Élysée, lui, non. 21h45, lumières rallumées. Sur une révélation : la meilleure façon de revivre les années 70, ce n’est pas de voir ceux qui en viennent. C’est de voir ceux qui y sont restés.
Bande-son : Wolfmother ― Woman
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1 Ce qui ne m’a toutefois pas empêché d’assister délibérément à trois concerts des Pixies depuis leur reformation, mouton de panurge que je suis. Mais bon, les Pixies, eux, étaient au moins tous bien là sur scène, tout du moins physiquement.
2 Jack White qui n’est pas un rockeur des années 70. Je sais. Mais lui non. Lui dites pas.