
Le Point Éphémère, Paris, 3 août.
Mumford & Sons – Little Lion Man

Flashback1. L’été 2001 commence de la plus délicieuse des façons à la suite d’un printemps de préludes comme j’en ai rarement connus. Trois mois de bière, de road-trips à travers la France, de soirées lors desquelles j’ai pu commencer ma longue carrière de DJ le plus réputé de tout l’ouest du Saulcy et de chouettes gens qui gravitent autour de moi. Je suis cool, je suis rock, j’ai même commencé à me laisser pousser les cheveux parce que je suis un rebelle et tout va bien dans ma vie.
De ce printemps j’ai retenu deux singles, qui pour moi vont de paire : Bliss de Muse et Always: Your Way de My Vitriol. Ce dernier m’a tant marqué que j’en ai acheté l’album sans en avoir écouté d’autre extrait2. Finelines, un premier effort accrocheur, qui pose My Vitriol en digne successeur de Muse et Placebo pour les années à venir. En attendant, c’est leur présence le vendredi soir qui me pousse à accepter la proposition de binôme pour un trip aux Eurockéennes le week-end du 7 juillet 2001.
Et là, tout se gâte : PV pour excès de vitesse à Épinal, arrivée en retard, loupage de K’s Choice déjà hors de scène lorsque nous arrivons, américains tout dégueus3 et… la tempête. Un déluge soudain causant une coupure de courant généralisée, poussant des hordes de fans de Deftones frustrés à prendre d’assaut le chapiteau à la recherche d’un abri pendant que les Têtes Raides montent sur scène coûte que coûte, simplement armés de leur culot et d’un mégaphone poussif, tentant un concert acoustique bricolé et inaudible pour les quelques milliers de personnes planquées là. Les groupes de la soirée sont annulés, il faut rejoindre la bagnole en marchant le long de la voie ferrée dans un exode massif et piteux, ma serpillière gorgée de flotte pendant à mes genoux. Nous finirons par rallier Mulhouse tard dans la nuit, à peine réchauffés par le New Born que balance Georges Lang dans ses Nocturnes. Cette nuit-là, en essorant mon djine, je me promets de les revoir dès la sortie de leur deuxième album.
2009. Point Éphémère. Toujours rien de neuf alors que même Guns n’Roses ont fini par refaire un disque. Après deux années de hiatus entre 2002 et 2005 suivies de tournées exclusivement anglaises, My Vitriol a sombré dans un tel oubli franchouillard que le Point Éphémère les présente comme « la révélation pop/rock de ce début d’année. » Mais, au moins, ils reviennent en France ; sûrement la première fois depuis 2001, ce qui fait de la soirée un événement4. Monté sur scène en catimini, My Vitriol compense sa timidité relative par un absolu déluge sonique qui cloue l’assistance au sol. Mes photos ne cassent pas de briques, mais là n’est pas l’important : je suis venu triper sur Cemented Shoes, Losing Touch, War of the Worlds, Tongue Tied et surtout Always: Your Way5. Et j’obtiens ce que je veux. Avec l’impression bizarre de voir ce mec, Som Wardner, personnifier subitement la voix que j’écoute depuis huit ans, comme un animateur radio se révélant au grand jour. Le reste ne compte pas, il se conte encore moins, je me suis tenu promesse. À eux d’honorer les leurs.
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1 Rétro-éclair, quoi.
2 Et oui les enfants. Quand papa avait votre âge, en ce début de XXIe siècle, il arrivait que les jeunes achètent des albums de musique rien que pour un seul titre.
3 Cette histoire se déroule en effet bien avant ma découverte des bienfaits caloriques du sandouiche tartiflette lors de l’édition 2006 de ces mêmes Eurockéennes.
4 Sauf pour la plupart des gens, visiblement venus pour les Parisiens d’Utopium. Un groupe qui, par ailleurs, mérite beaucoup.
5 Par ailleurs numéro 1 de mon top 5 de la vie qu’il fallait bien que je poste ici un jour alors profitons-en (classement non exhaustif pas fini et par conséquent pas encore platifié) :
Dimanche
02
nov 2008
Bande-son : No Age – Miner
No Age est ce genre de groupe avec lequel, jusqu’à ce qu’il se mette à chanter, tu prends ce gars à chemise à carreaux qui tripotait la guitare une Leffe à la main pour un roadie. Évidemment à des lieues de la veille, la soirée débute sur un set bien plus dépouillé, sans ballon ni fioriture, recroquevillé autour d’une base de batterie rouée de coups et de guitare aux larsens interminables, complétés par les boucles que balance successivement le batteur/chanteur Dean Allen Spunt. Plus calme, aussi, le public venu pour voir ce que donne en live ce combo de Los Angeles passé presque inaperçu dans la masse des sorties de cette année. Puisant essentiellement dans son deuxième album Nouns, le duo se montre plutôt timide et calme au début de la soirée, mais va évoluer imperceptiblement au fil des morceaux jusqu’à prendre une ampleur étonnante. Le guitariste Randy Randall envahit de plus en plus le terrain, les visages se décrispent, la réparation d’une corde pétée par Randall est l’occasion d’une impro électro du batteur intitulée Change Of String Song, déboulant sur une reprise d’hostilités de plus en plus électriques, agressives. No Age se casse et revient pour un rappel de deux titres terminé dans un bordel spatial comparable à celui de leur musique, Randall debout sur la batterie, Spunt à genoux la tête dans le public, avant que les deux mettent d’un coup la radio et se jettent dans la foule pour danser le funk. Corrosifs, bonnards, de quoi revenir les voir.
Mardi
21
nov 2006

Bande-son : Damien Rice ― Me, My Yoke & I
Mardi
28
mar 2006
Samedi
04
mar 2006

Le Point Éphémère, Paris, 2 mars, 21h36.
En 48h, j’ai pu:
Voilà.
Bon.
Vais me re-réécouter les Raconteurs, moi.
Bande-son: The Raconteurs ― Steady As She Goes
Mercredi
13
juil 2005

Jamie Lidell, le Point Éphémère, Paris, 7 juillet.
[And in the end, the only thing that matters tonight...
... is what you swore today.]
Bande-son : Brendan Benson — Cold Hands (Warm Heart)
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1 Coutume chouette empruntée chez Juliette.