
Smashing Pumpkins, le Grand Rex, Paris, 22 mai.
Bande-son : Pascal Vincent & The Ripitaftermis – Chanson à la con

Smashing Pumpkins, le Grand Rex, Paris, 22 mai.
Bande-son : Pascal Vincent & The Ripitaftermis – Chanson à la con

L’excitation est palpable, mais le moment est-il historique ? Par définition ça craint, les reformations. Ça en revient habituellement à des bandes de vieux sur le retour cherchant à se refaire en s’auto-singeant devant un parterre d’autres vieux en quête des eux-mêmes qu’il furent. En plus Corgan n’a même pas réussi à remeuter ni Iha, D’Arcy, pas plus qu’Auf Der Maur, dans l’histoire. Ce sera lui et Chamberlain, point. Devant le Grand Rex, gros Thom m’enfourne son Ipod plein de Tarantula pour me mettre dans le bain. Accroche directe. Plutôt vaillant, le mort-vivant. Alors qu’autour de moi on parle de concerts de 3 h, un truc qui n’arrive plus jamais de nos jours, insidieusement monte la curiosité, vivifiée par une demi-heure d’attente dans la pénombre funèbre du requiem monotone qui baigne la scène. Et puis plus rien.
[Et c'est à ce moment que de question il ne fut plus.]
Chamberlain débarque le premier. Corgan ensuite. Déguisé en Grand Strateger tibétain, Docs albinos aux pieds. Autour d’eux Jeff Schroede (ex-The Lassie Foundation), assorti au chanteur et Ginger Reyes (ex-Halo Friendlies) en bassiste trash de service. Le Grand Rex se lève d’un bon. Sur fond de stromboscopes, les Smashing Pumpkins attaquent dans un impossible noir et blanc coloré un United States industriel et étiré au possible, d’entrée de jeu intense et haletant jusqu’à la fin. Puis Today, mortel. Avant un Stand Inside Your Love spatial trempé dans le fuchsia. Pas de reformation débile, non, pas le retour du groupe en lui-même non plus, mais plutôt la résurgence de l’inspiration d’un mentor puisant sa créativité dans la résurrection du projet de sa vie. Enterré, Zwan. Oublié, le solo électro-laborieux. Virés manu-securitari1, les photographes. La fin de la soirée, je la suis par téléphone. Set acoustique en solo au milieu. Reprise de The End. Rappels en pagaille. Trois heures de show. Les coups de fils extatiques s’enchaînent dès la sortie. Le concert de l’année, que ceux qui m’appellent ont tour à tour rêvé, espéré, attendu puis finalement vécu. Mes trois titres, eux, auront suffit a réveiller un truc en moi, une flamme enterrée depuis longtemps, quelque chose qui me rend solidaire de leur excitation. Parce qu’après tout moi aussi, j’ai grandi dans les années 90.
Ah oui, sinon Dieu inventa Tutubes et il vit que cela était bon. Enjouissez.
Et la bande-son, à fond :
Bande-son : Smashing Pumpkins – Tarantula
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1 C’est la sécu qui nous a virés, hein, pas les militaires.
Le Grand Rex, Paris, 19 mars.
“So raise a cheer,
To those forgotten years
Back to the corner where we went our separate ways.”
Bande-son : Flogging Molly – The Wanderlust (acoustic)
Le Grand Rex, Paris, 19 mars.
“All my fears will come to me in dreams
Maybe the end ain’t as far as it seems
Not yet revived but not yet mourned
Not quite denied just not yet born.”
Bande-son : The Veils – Not Yet

Après des Magic Numbers joyeux comme des Bisounours pop, Damien Rice démarre en douceur avec The Professor / La Fille Danse, seul dans la pénombre de bougies à la vanille. Rejoint par la violoncelliste Vyvienne Long pour Older Chest puis par le reste du groupe ― moins Lisa Hannigan, disparue depuis Munich, 3 jours avant ― pour Volcano, l’Irlandais livre une version au piano douce (mais molle) de Rootless Tree et un Canonball en solo sans micro, avant de passer en mode full-patate sur Coconut Skin, terminé dans un trip percu de boîte à chaussures s’éternisant dans Woman Like A Man. Palliant l’absence d’Hannigan par une présence scénique sur tous les fronts, Rice envoie The Blower’s Daughter, laisse la place à Vyvienne Long et une de ses compos persos (Random Man On The Motorway), revient pour Delicate, évoque en français sa puberté (« quand les garçons changent ils ont un nouveau ami dans leur corps, j’ai passé beaucoup de temps avec cet ami ») pour introduire Me, My Yoke, And I et se casse derrière I Remember sous des cris de « Rice président !». En guise de rappel, le songwriter chatouille Brel (Fool) agrémenté d’un final en fanfare tzigane, assure 9 Crimes seul, invite les Magic Numbers à reprendre I Shall Be Released de Dylan et improvise un apéro clope et vinasse-cul-sec où tout le monde trinque sous les Il est des nôtres de la salle. Cheers Darlin’, déchiré dans tous les sens du terme ― Rice feignant de tituber sur scène ― termine le set avant un second rappel d’Animals Were Gone et de Sleep Don’t Weep, dédié à Hannigan, dont la présence aurait fait de l’excellente prestation du chanteur un concert parfait du duo. Rattrapage le 4 juillet à l’Olympia.
Bande-son : Damien Rice – The Rat Within The Grain