35 minutes c’est court, mais ça suffit pour comprendre que l’excellente impression qu’avait laissé leur Fractured Life en septembre était fondée. D’entrée de jeu, Air Traffic s’approprie la salle avec Just Abuse Me et enfonce le clou sur Get In Line. Rêveur sur les percus militaires de No More Running Away, le chanteur Chris Wall s’attire toutes les attentions pendant Charlotte en se tordant sur son clavier dans la plus pure tradition des Matthew Bellamy ou Tom Smith. Bonne ambiance, bonne exécution, beaucoup de présence. La meute de groupies anglaises massée au premier rang est aux anges. Le premier single, Shooting Star, clôt le mini-set dans une effusion explosive, Wall en rajoutant comme il faut pour accentuer tout le drame du final. Air Traffic libère le parquet en jurant vouloir revenir. Ça serait bien, oui. Avec de la chance, ceux-là deviendront aussi gros que Snow Patrol ou Coldplay. Profitons-en avant qu’ils deviennent aussi chiants.
1 Je sais, je sais, les vraies premières parties s’appelaient Pony Express et Coco, mais je voulais souligner là que les bagels de la Flèche d’Or, quoique petits, valent le détour.
Tout le monde était venu pour Sharko. C’est pas plus mal. Une fois les Belges partis, la salle à moitié vidée, on peut prendre ses aises pour mater l’arrivée sur scène d’Handsome Furs, constitué de Dan Boeckner (Wolf Parade) et de sa femme Alexei Perry (« on vient de se marier, cette tournée c’est notre lune de miel »), attaquant sèchement sur What We Had. Lui est habité, se tortillant nerveusement autour de son micro. Elle s’excite sur ses potards, le nez sur la table. Boucles froides et riffs lacérés s’entremêlent. Entre deux, des regards aguicheurs. Boeckner en finira par sauter sur Perry pour la tripoter au milieu de la scène avant de lâcher « We’re definitely goin’ back to the hotel after this one ». Hey! Captain final, Flèche d’Or conquise, Boeckner et Perry peuvent aller fêter ça d’une énième nuit de noce. Veinards.
La bande-son pour découvrir la joliesse de la chose. Enjouissez.
Le même que la dernière fois, mais avec un méchant final de batterie sur Derrière elle, des pogos un peu partout [c'est bien la première fois que j'en vois pogoter sur Elista, tiens] et un featuring breton mémorable [et houblonné] sur Debout. Le concert était enregistré par Radio Néo, en revanche j’ai aucune idée de quand qu’ils vont le diffuser. Mais écoutez Elista, ça rend intelligent, beau, ça rend l’haleine fraîche et ça éloigne le mauvais œil.
Ben, c’est un gars sympa et sa coupe de cheveux est coule. Et sa veste en jean, aussi. Quand il débarque, Ben, qu’il dit bonjour Paris avec sa voix qu’on dirait un peu celle de Garth et son visage poupin, Ben, on l’aime. Il est tout seul sur scène, Ben. il passe de la guitoune au piano, il a trois micros rien que pour lui, il sourit tout le temps, s’excite sur scène et communique sa bonne humeur à tout le monde avant de s’étonner que « la salle sonne exactement comme une gare ». Bien vu, gros, la Flèche d’Or est l’ancienne gare de Charonne. My Apartment, Hear Me Out repris en chœur par tout le monde, grosse émotion sur Thirteen et Sundress, un duo franco-anglais avec Pierre Guimard sur Believer, et en guise de final, The Rules, je crois1, avant que Ben se barre en rappelant qu’on le reverra le 6 novembre au Trabendo. Et nous qu’on chante en rejoignant le métro :
“And in the morning, I’m out of my head
I Wish I was sleeping in your hospital bed
Gimme some time
To get on your mind.”