Le jeu du jour : grâce au document d’archive fourni, amuse-toi à mesurer le taux d’accroissement capillaire moyen de la section rythmique de Mademoiselle K en 321 jours et compare tes résultats avec tes amis !
Tentons d’oublier l’horrible 1972 que le mirage des plus récentes belles photos de ce monsieur m’a mis dans la tête en écoutant plutôt notre bande de bostoniens reprenant la plus graou des songwriteuses anglaises que l’on vient juste de m’envoyer du Vermont.
Je n’arrête pas de me demander pourquoi, sur cette photo, UN SEUL bonhomme ne bouge absolument pas, et je me dis que ça ferait un chouette sujet de rédaction pour les vacances de Noël.
Mais à part ça, rien.
Bande-son :The Libertines – Don’t Look Back Into The Sun
Bières perdues, cheveux gras à perte de vue. Au milieu le duo d’Akron, Ohio, sorte de White Stripes en moins bicolore et moins mammaire. Pendant une heure, Auerbach et Carney déroulent un blues bien bien roots qui suinte bon le garage ― enfin plutôt l’usine à pneus désaffectée, pour être précis, puisque c’est là-dedans qu’ils enregistrent ― à grands renforts de longs solos cradingues et d’infinies complaintes bluesy en slide. Franchement, à voir le style des gens, les vestouzes vintage des 2 gros sur scène et à entendre la musique qu’ils pondent avec leur matos de papy, on se sent en pleines 70’s quand on secoue la tête sur Your Touch ou que les premiers rangs pogottent gaiement pendant le Set You Free qui précède le rappel. Rappel un peu soporifique, sauvé in extremis par Have Love Will Travel, jouissif comme il faut. Un mec en montera même sur la scène pour faire la bise à Auerbach en guise de remerciement. Yeah1.
Et là, tu te dis en regardant ta photo, puis celle de l’autre jour, que tu es actuellement victime d’une lubie du cadrage funky qui coupe des bouts de gens, à commencer par leurs mains gauches. De la sinistrachirophobie, semble-t-il.
Résumons : depuis la dernière fois, la musique s’est endurcie, Katerine Gierak a pris de l’assurance, elle arrive même à accorder sa guitare super-vite, maintenant, en plus elle a écrit un chouette hymne à la gloire de tous les roadies testeurs-de-micro du monde, une litanie de « 1, 2, 3 » dans tout plein de langues qui ouvre le set. Le démarrage est un peu tiède, on sent le trac poindre ― « On peut dire que tu nous auras foutu les boules, Paris », avouera-t-elle plus tard ― mais le rythme de croisière est vite atteint et arrivé au milieu du show, l’ambiance est comme il faut, avec un Ça sent l’été énervé, un À côté déchaîné et, bien entendu, le Ça me vexe sur lequel la Cigale explose comme si elle allait danser tout l’été, sautant sur place et scandant des « t’es bonne, Katerine » en veux-tu, en voilà. La reprise de Bowie, Life On Mars, claque mieux qu’à la Maro de septembre, le rappel est parachevé par un Final trippant à souhait, précédé d’un trip psyché à genoux et conclu par un chouette salut comme au théâtre. Pour le second rappel, le groupe termine la soirée avec une nouvelle compo, Jamais la paix, de bon augure pour la suite. Les dates de la tournée sont sur SonEspace.