Articles avec le tag ‘Interpol’

Prendre de là haute heure.


Gare de Lyon, Paris, 4 octobre.

 Bande-son : Interpol The Lighthouse

C’est ach’te bien les radios de djeunzes qui aiment le rock et roll, mais alors quand elles te réveillent le lundi matin en te souhaitant de bonnes vacances de la Toussaint, tout de suite, c’est beaucoup moins marrant.

Little choppe of aurore.


Très Grosse Bibliothèque, Paris, 12 juilllet.

Drôle de nuit.

 Bande-son : InterpolWrecking Ball

Grand concours du jeudi.


Place du Carrousel, Paris, 23 juin.

 Bande-son : InterpolPioneer To The Falls (orchestral)1

Comme je n’arrive pas à choisir le titre d’aujourd’hui, je m’en remets au vote du peuple parce que rien de tel que la démocratie participative appliquée au belöguage. Insère en commentaire ton choix parmi les trois propositions ci-dessous, cher lecteur, et remporte un aPhone 3 g® dernier cri2 qui sera tiré au sort dès qu’on atteindra les 25 réactions3 :

  1. D’arc va door
  2. D’arc va dehors
  3. D’arc va d’or
  4. Chou bat cas.

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1 Je sais qu’il ne faut pas abuser de certains morceaux, mais des fois ils s’imposent d’eux-mêmes.

2 l’aPhone 3 g® dernier cri, c’est l’auteur de ce belögue affichant une alcoolémie de 3 g.l-1 réalisée sous contrôle d’huissier et débarquant chez toi pour comater sur ton canapé après un dernier borborygme réveillant tous tes voisins.

3 Ah ah la bonne blague, j’ai même pas 25 lecteurs.  

Là, fers luisent ― (trio)¹


Rue du Mont Cenis, Paris, 12 avril.

Sinon Nick Jago [re]quitte BRMC.

Bande-son : InterpolUntitled

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1 Certain d’avoir déjà fait un jeu de mot avec, mais impossible de remettre la main dessus.

À nuit gît rare dos.


Place de Chambre, Metz, 18 janvier.

Trop rare.

Bande-son : InterpolPioneer To The Falls (orchestral)

2007 en… #4.

 

Présentent

2007 en 10 albums dingues de trop l’éclate puissante qui fouette

On se la fait en décompte histoire de se la péter Miss France.

10 ― Radiohead – In Rainbows

Un de mes plus proches amis le dit en octobre bien mieux que moi, « In Rainbows ne DEVAIT pas être le plus bel enregistrement de Radiohead, tout simplement parce que la façon dont il a été sorti éclipserait son potentiel : bref, ce serait se tirer une balle dans le pied. » Et il est vrai que la forme fut mise bien en avant du fond. Pressenti depuis 2006, les rumeurs faisant part de sessions laborieuses dans lesquelles le groupe procastinait de bon cœur dans toute les directions, ce 7e album ne s’annonçait pas avant 2008. Pourtant, Radiohead pris tout le monde à froid en annonçant sa sortie dix jours à l’avance en téléchargement à prix fixé par le client, provoquant une fièvre rare sur le Internet et dans les magazines. L’accalmie rétablie, In Rainbows rentré dans le rang ― on le trouvera dans les bacs lundi ―, que restera-t-il de ce disque ? Une certaine saveur, oui. du 15 Steps, du Bodysnatchers, du Jigsaw Falling Into Place, du Videotape et du Reckoner. Pas leur meilleur album, pourtant. Mais leur premier que j’aurai autant attendu.
 

9 ― Interpol – Our Love To Admire

Qu’on soit clair, ce disque m’a donné une folle envie de faire également un classement des pires pochettes de l’année. Affreusement déçu au premier abord, le planquant au fond de mon étagère comme si j’en voulais personnellement à la bande à Banks d’avoir pondu ça, je l’ai longtemps observé d’un œil torve avant de lui donner sa chance dans le chüffle du MD. Et au final, malgré sa pochette, Our Love To Admire se fond dans le même moule que les deux précédents Interpol : il lui faut de la nuit pluvieuse, des reflets de réverbères et un peu de patience pour qu’il prenne son envol. Pas évidents au début, des titres comme Pioneer To The Falls, Mammoth, Wrecking Ball et The Lighthouse savent se faire aimer. Et bien. Mais sans atteindre le niveau de Turn On The Bright Lights, une fois de plus.
 

8 ― I’m From Barcelona – Let Me Introduce My Friends

Découverte chez feu Vox dans une session d’antologie en janvier, cette troupe de 29 Suédois déjantés a signé là un album de pop réussi de bout en bout, ensoleillé, réjouissant et optimiste. Certes moins dingues que leurs concerts, leur Let Me Introduce My Friends est idéal pour commencer une journée sous les meilleurs auspices, réveillant d’un coup et lançant sur les rails comme il faut. Pas étonnant que le titre d’ouverture soit Oversleeping. Et rien à carrer qu’il soit sorti en 2006. Il m’a sauvé plus d’un matin de 2007.
 

7 ― The Wombats – The Wombats Proudly Present: A Guide To Love, Loss And Desperation

Remarqué au hasard d’une soirée bar, enquillé à hautes doses pendant un voyage-éclair à Liverpool, pas loin de se retrouver sur le Internet de ma faute, … A Guide To Love, Loss And Desperation est aussi percutant que pouvait l’être Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not d’Arctic Monkeys, avec un nom aussi long, la même fougue juvénile, mais sans les têtes à baffes, ce qui est pas plus mal. Porté à bout de bras par son torride single Let’s Dance To Joy Division, l’album présente d’autres belles promesses. « Difficile de dire si les Wombats iront loin, mais on peut déjà crier au brillant coup d’essai. », pensais-je en octobre. Je persiste et signe.

 

6 ― Black Rebel Motorcycle Club – Baby 81

Pas qu’il fut pourri, non, mais il y en eut 5 de mieux. Comme Our Love To Admire, Baby 81 me déçoit à la première écoute, s’inscrivant dans ma longue liste d’albums bien mais pas top. Le problème, c’est qu’à essayer de se mettre à mi-chemin de la merveille blues-folk Howl et de leur Take Them On… On Your Own forgé dans le cambouis, il est difficile de faire aussi bien que l’un ou l’autre. Cela n’empêche pas le monstrueux Weapon Of Choice de faire mouche du premier coup, l’explosif Need Some Air d’arracher la gueule et le sémillant Berlin de laisser en suspens la question de savoir ce qu’il a bien pu arriver à la révolution. Plus tard dans l’année, je cède enfin au lancinant American X, tout en lourdeur rampante mais puissant dans sa lenteur. Pas leur meilleur album du club, on s’en doute bien, Baby 81 ne se pose pas non plus comme le honteux mouton blanc de leur discographie tellement noire. Et fait languir pour la suite.
 

5 ― Kings Of Leon – Because Of The Times

Because Of The Times, ou la fratrie Followill passant au rang de grand groupe après 2 albums prometteurs. Un peu plus sombre mais toujours empreint d’années 70 plus éternelles que jamais, le troisième effort des Rois du Léon est leur plus beau à ce jour, une épatante suite de compos éclairées, spleeniennes et rageuses, invitant à brûler l’asphalte ou rester là, vautré sur une terrasse du Tenessee à écouter un soleil pesant. Encore, encore.
 

4 ― PJ Harvey – White Chalk

In Rainbows mis à part, le contre-pied de l’année, c’est là qu’on le trouve. Partie en 2004 sur un Uh Huh Her éraillé qu’on aurait cru sorti à l’état de démo tellement il était rèche, PJ Harvey est revenue dans un disque intime, presque entièrement au piano à l’exception de sa plage titulaire que soutiennent trois accords folk. Survolant l’ensemble d’une voix subitement haut perchée, Harvey parcourt son disque comme dans un rêve de petite fille, peut-être celle qu’elle fut. « La PJ Harvey version White Chalk préfère la douceur du dépouillement à la rugosité du décharnement affichée dans Uh Huh Her. On n’écorche pas, ici, on effeuille en douceur. », notais-je en septembre. Et en effet, à chaque couche qui s’envole, c’est un bout d’intimité qui se montre. White Chalk est à l’opposé d’Uh Huh Her, mais c’est surtout son double complémentaire, comme un ying qui s’est trouvé son yang. Un cycle s’achève.
 

3 ― The White Stripes – Icky Thump

Je me souviens m’être demandé à l’époque si ce serait l’album de l’année. Finalement, non. Cela n’empêche pas les White Stripes d’avoir ― une fois de plus ― livré un disque affreusement bon, éclaboussé d’une giclée de rage, largement meilleur que Get Behind Me Satan et toujours aussi fidèle à ce qui fait leur essence. Entre The White Stripes et Icky Thump, la formule est la même, la production de Jim Diamond ayant laissé la place à un son plus gras, et les cornemuses et trompettes s’étant invitées comme squatteurs inattendus. Malgré cette constance, impossible de se lasser. Tout ce que touche Jack White se change décidément en or.
 

2 ― Editors – An End Has A Start

Quand Editors ont débarqués en 2005, malgré un bon The Back Room devancé par le corrosif Bullets, je ne pouvais que les voir comme un sous-Interpol. 2007 s’achève avec la cruelle sensation qu’Interpol est devenu un sous-Editors. An End Has A Start est énormissime, génialement composé et finement interprêté. Entre When Angers Shows, The Racing Rats, An End Has A Start, Smokers Outside The Hospital Door, impossible de choisir. Et de se repasser l’album entier, vite avant que ceux-là ne deviennent aussi gros que Coldplay et perdent toute leur magie.
 

1 ― Arcade Fire – Neon Bible

Promis, demain j’arrête avec Arcade Fire. Arrêter avec Neon Bible, c’est juste trop dur. Ma rencontre avec l’album s’est faite pour ainsi dire sur scène le 30 janvier, au cœur de deux journées londoniennes passées à l’écouter en boucle, entre les rues de Londres et la suite cossue du dernier étage d’un hôtel en bord de Tamise, à mater la Battlesea Station sous un froid soleil d’hiver, fumant des clopes sur le pieu pendant que jouait Building Downtown (Antichrist Television Blues) pour la 14e fois de la journée. Après ces deux jours, je préférais me mettre à l’écart de l’album, comme écœuré, avant de finir par me repencher dessus pour la chronique. Derrière, il ne me lâchera plus. Entre mes courses de métro, un enterrement, un mariage, deux festivals boueux et jusque dans le froid de l’hiver, il restera là, dans mes oreilles, pour toujours lié à 2007. Et de se repasser l’album entier, vite avant que ceux-là deviennent aussi gros que U2 et chopent leur hyperencéphale chronique.

« Et c’est auréolé de gloire, adoubé par les plus grands, porté unanimement aux nues qu’Arcade Fire s’évanouit un soir de décembre 2005, après être passé en un an de l’anonymat indie à la reconnaissance mondiale, des fonds de blogs aux couves des Inrocks, des clubs montréalais aux première parties de U2. Le temps de digérer tout ça, d’investir une église de la campagne québécoise, d’enregistrer des morceaux entre New York et Budapest, sous une pluie battante ou à l’arrière d’un taxi, nous voilà un an plus tard et Arcade Fire remet le couvert. À des lieues de Funeral, Neon Bible frappe d’emblée par son atmosphère bien plus sombre, ce climat orageux qui couve sourdement, grondant sous les glissements glauques de la voix de Win Butler. Contrastant avec la froideur de Black Mirror, Neon Bible ou Ocean Of Noise, Arcade Fire s’illumine ― mais garde de sa réserve ― dans les envolées lyriques de Keep The Car Running, rythmé comme un gospel, ensoleillé comme une route ontarienne, la hargne de No Car Go, la jouissance valsée d’Intervention, le brin de folie de The Well And The Lighthouse. On sent Joy Division sur Black Wave et No Cars Go, Bruce Springsteen sur Building Downtown (Antichrist Television Blues), Radiohead dans Ocean Of Noise, le tout emballé dans des ambiances méticuleusement fignolées, dignes de musiques de film. Lorsque My Body Is A Cage ― somptueux solo dépressif chutant dans un abîme de grandes orgues tendues ― s’achève, on ne peut que conclure que, s’il prend le contre-pied de Funeral, Neon Bible n’en est pas moins la réussite que l’on ne pouvait qu’attendre d’Arcade Fire. Chapeau bas. »

février 2007

Bande-son : Arcade FireMy Body Is A Cage

2006 en 10 galettes qui pètent

      1. The Raconteurs – Broken Boys Soldiers
      2. Damien Rice 9
      3. Placebo Meds
        Secret Machines Ten Silver Drops
        Thom Yorke The Eraser
      1. Isobel Campbell & Mark Lanegan Ballad Of The Broken Seas
      2. Arctic Monkeys Whatever People Think I Am, That’s What I’m Not
        Muse Black Holes And Revelations
      1. Ben Kweller Ben Kweller
      2. The Duke Spirit Cuts Across The Land

1997 en 5 disques de taré qui disjoign(èr)ent vilain

[ou pas]

      1. Pearl Jam Vs.
      2. Oasis Definitely Maybe
      3. Texas White On Blonde
      4. Paul Westerberg Eventually
      5. The CranberriesTo The Faithfull Departed

Art et haut stand.


Cathédrale anglicane, Liverpool, 18 octobre.

Je crois que cette trouvaille tardive du titre qui aurait collé parfaitement à la notouze d’hier mais qui, sur celle-ci, fait tache, va infiniment me gâcher le week-end.

Bande-son : InterpolWrecking Ball

Route à bas gars.


Rue Ligner, Paris, 11 octobre.

Same old same old, hein.

Bande-son : InterpolPioneer To The Falls

Previously unreleased #71¹.


Interpol, Verizon Wireless Theater, Houston, 25 septembre.

Je devais prendre de gros gens en photos dans un restaurant. Passionnant. Alors quand l’autre est venu me voir pour faire une session avec Doherty, j’ai dit oui. Doherty était au fond d’un cimetière, teint en blond, d’ailleurs il ne ressemblait pas à Doherty, enfin si, dans la gestuelle, surtout quand il s’est mis à brandir un costume de marié blanc en expliquant que c’était ce qu’il porterait pour l’enterrement de Kate Moss. « Terrib’ la photo », me dis-je. Mais j’avais oublié mon transmetteur infra-rouge. Obligé de faire avec le flash sur le boîtier. Au grand-angle, Doherty vautré par terre sous moi, le carton du costume pour compléter le cadre.

De retour à Bastille, je découvre dans mon sac que mon Canon-Eos-1D-mark-II s’est changé en Canon-Eos-1D-mark III flambant neuf, avec un écran géant 16/9 en guise de visionneur sur le verso « que je vais super-bien voir les poils de Doherty avec ça ». Manifestement, c’est un autre photographe qui s’est planté et à fait l’échange. Le con. Vite, il faut que je raconte ça au milieu de la place de la Bastille à Starbucks, la fille toute maigre de la classe de terminale d’à côté que j’ai pas vue depuis 10 ans, et à Charlie, croisé dans le hall d’un hôtel proche alors que je n’ai plus de nouvelles de lui depuis son diplôme en 2002.

Une fois rentré à la maison de retraite, je visionne les cartes mémoires du mark III et ne trouve pas les photos de Doherty. Il n’y a que celle des gens gros du restaurant. Ça tombe bien, il faut que je regarde l’exposition qui a lieu dans la salle de bain. En démontant mon flash. Qui arrache le sommet du boîtier au passage, il me faut un écrou H M6, parce que là le dos se démonte et la roue qui fait défiler les photos essaie de se barrer. C’est à cause de la barre oblongue en polypropylène et ses 4 ressorts, dont deux courts, qu’il faut que je comprime préalablement.

Sur ce, je me suis réveillé avec Feist. Il était 6h37.

Et je sais, tout ça n’a rien à voir avec Carlos D.

Bande-son : Feist1234

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1 Concept from chez Juyette.

Tout vin t’a point.


Studio 130, Saint-Denis, 13 septembre.

C’est pas simple de juger un album à sa sortie. C’est comme goûter un vin en s’en enfilant une pleine boutanche cul-sec. Un album il faut que ça vive, que ça s’aère un peu une fois débouché, et surtout que ça trouve son biotope. Ta bouteille de Sauternes, elle va te sembler dégueulasse sur un Big Mac, à gerber sur une côte de bœuf mais mon pote, quand tu arroses ton froid gras avec, t’es le roi du monde.

Reste à trouver pour chaque bouteille le plat qui lui va.

Tout ça m’est venu l’autre jour, alors que j’arpentais la rue Lancry de retour d’une séance de dédicace, et que le chüffle de l’MD a choisi de me coller The Lighthouse à ce précis instant. De la lumière à l’heure qu’il était, entre la température et mon état d’esprit, le morceau est venu se blottir là comme s’il avait été expressément écrit pour ce moment. Après Pioneer To The Falls et Mammoth l’autre soir à Houston, The Heinrich Maneuver à force de l’entendre à la radio, le morceau final d’Our Love To Admire en est le quatrième extrait qui me fait quelque chose en trouvant son moment. J’avais décrié l’album à sa sortie, recalé Interpol au rang de sous-Editors quand deux ans auparavant, ce sont ceux-là qui avaient été accueillis comme de sous-ceux-ci. Évidemment, Our Love To Admire est toujours largement moins bon qu’An End Has A Start, mais ce troisième Interpol affiche désormais une figure moins honteuse que celle que je lui avais prêté quand il est arrivé. D’où la nécessité de ne pas se presser avant de juger. D’où la difficulté de savoir séparer le bon grain de l’ivraie lorsque l’on dispose au maximum de trois semaines pour se décider et qu’on a pas vraiment le temps de trouver le foie gras pour lequel est fait le Sauternes. Régulièrement, on regrette ce qu’on a pu penser.

Ah oui, et le stupido du jour :

« Mais j’ai pas de glotte moi euh, je suis une fille. »
Jennifer de Superbus hier soir sur le Mouv’.

Elle et son groupe, j’éprouve curieusement moins de difficulté à me dire que leurs albums sont pourris, et ce quelquesoit le contexte.

Bande-son : InterpolThe Lighthouse

J’oubliais : Mike Skinner des Streets donne des cours de bains de foule.

Interpol @ Verizon Wireless Theater, Houston.

Ils sont comme ça, les Ricains. Ils adorent proposer à des marques de sponsoriser leurs salles en leur refilant leur nom. D’où le Verizon Wireless Theater. Devant lequel je trouve deux files : celle pour la plèbe et celle pour les abonnés Verizon qui, en brandissant leur combiné, peuvent entrer en passant devant tout le monde. S’il y a une Smith & Wesson Arena en ville, elle doit être le théâtre de chouettes fins de soirées.

Liars, j’en sors déçu. On m’avait tellement vanté le nouvel album que je m’attendais à une grosse tuerie, mais celle-ci n’aura lieu que pour Pure Unevil, sur la toute fin. Je zappe, bière au bar d’à côté pendant que le plateau se change.

Interpol surgit 30 minutes plus tard sur un fond de scène où est projetée leur moche nouvelle pochette. Paul Banks a maigri. Carlos D. surgit d’une autre époque. Fogarino et Kessler n’ont pas changé. Pioneer To The Falls éclate avec une puissance démesurée. Que ce soit sur disque ou sur scène, Interpol n’a jamais loupé ses entrées en matière. La lumière est bleue. Les photos du premier titre seront pourries. Banks enchaîne sur un Obstacle 1 qui affole le devant de scène. Je frissonne. Lumières rouges. Les photos du deuxième titre seront pourries. Sur Narc, déjà, ça retombe un peu. Dans les lumières mauves. Toutes les photos de ce soir seront pourries. C’est con.

Interpol déroule et se montre vaguement plus ouvert au public qu’à l’accoutumée (comprendre : « ce soir Paul Banks a sourit. Deux fois. »). Aujourd’hui c’est l’anniversaire de Daniel Kessler, la mêche a été vendue par Angus Andrews de Liars, avant qu’il quitte la scène. Kessler fête ça en multipliant les entrechats et en lançant le riff frénétique de Say Hello To The Angels. Plus rapide et agressive, la version souffre de l’interprétation trop aiguë de Banks. Le Mammoth qui suit rattrape largement le coup, comme Slow Hands, puis The Heinrich Maneuver, sous de belles lumières blanches qui auraient fait de belles photos (enculés). Mais ce qui m’étonne le plus, c’est l’accueil hystérique que reçoit Evil, pourtant single de fin d’album il y a 3 ans. Il a dû se passer un truc ici avec ce titre que nous autres, les Européens, on n’a pas calé. Ou alors le phénomène se limite au Texas, son texte faisant une apologie de la country en chapeau de cow-boy qu’il n’y a qu’ici qu’on comprend. Va savoir.

Interpol se casse sur un Not Even Jail magique, puis revient pour un rappel dont je ne retiens que le PDA final, toujours aussi taillé dans l’urgence. Tout le monde au lit, un peu frustré. Ça fait toujours le même effet de les voir, mais tout ça manquait gravement d’NYC et de Leif Erickson. Et en 6 concerts ils ne m’ont toujours pas joué Untitled. Je vais finir par croire qu’ils le font exprès.

Je fais copain-copain avec le taxi qui me ramène. Il me fait monter devant pour que je puisse cloper avec lui. Il est sénégalais, il vit ici depuis 8 ans, c’est son frère qui lui a proposé de venir parce qu’il y avait de la thune à se faire. Journées de 15h pour rembourser l’achat de la voiture, 5 ans qu’il est pas rentré au pays, le mec me parle d’Afrique, du regard des Ricains sur la pognon sans lequel tu n’es rien pour eux, de leur incompréhension quand il leur raconte qu’un jour, quand il aura gagné assez, il retournera chez lui, où la vie n’est pas constamment surveillée et tout le monde est relax. Au final, je crois que ce que je retiendrai le plus de la soirée, ce sera cette rencontre. Mais joyeux anniversaire quand même, Daniel.

Bande-son : InterpolMammoth

Previously unreleased #69¹

Kings Of Leon, le Bataclan, Paris, 26 juin.

Et oui les enfants, il fut une époque pas si lointaine où le Caleb Followill arbora fièrement sur ses amples esgourdes une crinière [de Léon, ahah] suscitant l’envie et le respect même chez ses ennemis les plus mortels, tout en le prémunissant de toute ressemblance avec Rocco Siffredi2.

Sinon poster son dernier inédit de l’année sur un Previously Unreleased au numéro porte-bonheur à trois jours de la rentrée des classes à Saint-Cloud, ça tombe quand même vachement bien et ça me portera chance pour l’année qui s’en vient.

Et sinon l’affiche de la tournée française d’Interpol trahit un manque d’humour flagrant.

Ç’aurait été plus drôle avec un bandeau « DATE SUPPLÉMENTAIRE : ZOO D’AMNÉVILLE LE 27 NOVEMBRE », quand même, tout en justifiant la photo des Rita Mitsouko3.

Ah oui, sinon le nouveau Warlocks sort le 23 octobre. Et je ne peux z’attendre. Alors j’en écoute de vieux, et c’est tant mieux.

Bande-son : The WarlocksSong For Nico

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1 Concept huhu de chez là-bas venu.

2 Vont être sympas, les Space mots-clés du mois prochain.

3 C’est mal de se moquer, je sais, pardon, j’ai honte.

Icky c’est maintenant.

J’avais prévu tout à fait autre chose comme note, mais ceci m’a donné une folle envie d’y faire écho comme cela :

On avait vécu une année 2005 riche en émotions, avec l’apparition d’un Arcade Fire innovant, la refonte d’un Black Rebel Motorcycle Club à maturation, la confirmation de Warlocks toujours aussi déchirés et, surtout, le pied-de-nez des White Stripes, s’étalant comme deux gamins dans 12 titres d’exotisme jovial là où tout le monde les attendait en sauveurs du rock n’roll électrique réinvestissant les boîtes de nuit. Get behind me, Satan, il n’en fut rien, loin de là même, les White préférèrent le marimba et l’ukulélé à la guitare électrisée et les cassures en rythme aux rythmes qui te laissent cassé. Ne jamais faire ce que l’on attend de vous, sous peine de se vautrer dans l’habitude, donc dans l’indifférence. Faire dans le toujours différent, jamais comme avant. L’année écoulée, je retiens Get Behind Me Satan plus qu’Howl ― malgré l’envol terre-à-terre ― et que Funeral ― malgré le brio ―, parce qu’il faut bien les classer. Il est des jours où un ex-æquo est dur à briser.

Deux ans plus tard, on recommence avec des mêmes, renouvelés. En piste dès mars, Arcade Fire voit tout en noir sur Neon Bible, alter-ego ténébreux de Funeral, en se laissant des puits de lumière échappatoire çà et là pour ne jamais baisser les bras. Album de l’année ? L’avenir nous le dira. Album du semestre, le passé nous le hurle. Un mois derrière, Black Rebel Motorcycle Club est redevenu un trio et fête ça en remettant le son à fond, expirant le blues, inspirant l’enfer. Honnête, Baby 81, l’album de la convalescence, cependant pas assez sur pied pour pouvoir rivaliser avec des Canadiens en pleine forme.

Puis au final, Hier finit par sortir Icky Thump.

Annoncé en mars, découvert en avril, resté presque secret jusqu’à la presque toute fin, le 6e Stripes remet une couche de gras sur ce qu’ils étaient jusque-là. On les retrouve transfigurés : laissés à Détroit sur un album rouge au milieu de la jungle dans un vaste trip acoustico-pianiste, ils nous reviennent de Nashville sur un album noir au milieu d’un champ dans un bouillon de culture rock n’roll magnifique. Le contre-pied, toujours. Un écran de fumée, Get Behind Me Satan, détournant l’attention des faux pour raviver après-coup la flamme des vrais dès Icky Thump, leur meilleur simple depuis Fell In Love With A Girl. À son image, Icky Thump, l’album, mélange une masse d’influences jetées à coups de pinceaux rouge, noir et blanc et liées dans une mayonnaise musicale inexplicable que seul un White peut concocter. Les White Stripes sont l’unique groupe au monde capable de faire suivre une reprise au mariachi vitriolé d’un Patti Page des 50’s par un punk corrosif, une comptine écossaise puis une apocalypse enkiltée sans qu’on doute une seconde de la cohérence de l’enchaînement, la seule formation sachant tripoter la pop comme le blues, le garage comme le folk en restant de grands gamins et, surtout, en pondant tout ça à deux là où d’autres, à 5, 8 ou même 10, restent stérilement banals.

On verra dans 6 mois si Icky Thump sera l’album de l’année. Laisser passer l’effet de surprise pour voir ce qu’il en reste, comme un parfum dont on ne garde que la note de fond une fois celles de tête et de cœur envolées, une épreuve qu’a brillamment déjà passée Arcade Fire. Évidemment, dans 6 mois nous devrons également compter Kings Of Leon, pondant leur meilleur album à ce jour, les surprises Cold War Kids, Ponys et I’m From Barcelona et les confirmations Arctic Monkeys et The Veils. Sans oublier que d’ici décembre, nous aurons vu revenir les Smashing Pumpkins, Interpol, PJ Harvey, les Warlocks (s’ils ne se sont pas suicidés) et allez, soyons fous, Radiohead. 2007 ne se résumera évidemment pas à Icky Thump et Neon Bible. Mais putain, il faudra se lever de bonne heure pour faire mieux que celui-ci et celui-là. Je vous souhaite bien du courage.

2006 en… #5.

2006 en une photo.

Il est toujours étrange de se taper l’intégrale des archives de l’année d’un coup, tout voir redéfiler en 20 minutes, se remémorer des détails planqués dans des bouts de phrases subliminales et enchaîner les photos aussi vite que si c’était un film qu’on était en train de mater.

Dans le tas, je dois en choisir une. Pas celle du 23 février, même si traîner dans trois studios et vivre la genèse d’autant d’albums aura marqué mon année. Ni celles du 15 juillet ou du 13 mai, parce j’avais déjà choisi une gare en 2005. En fait pour cette année, j’aurais plutôt pu m’orienter vers celle du 26 novembre, parce qu’en 2006 j’aurai passé plus de temps à regarder les autres partir ou à prendre en photo des gens juste de passage qu’à vraiment m’en aller moi-même. Pas de quoi se plaindre non plus, parce qu’il y a quand même eu des 8 décembre ou des 6 mars, mais j’avouerai quand même qu’un passeport flambant neuf plein de poussière sans aucun tampon, c’est passablement frustrant.

We should take a trip now to see new places
I’m sick of this town
I see my face has changed.

2006 en une photo ce sera donc ça :


Rock en Seine, 26 août

Parce que dessus tout y est. Sac à dos, départ, destination. Bouger. Pour 2006 je souhaitais une année des trains et d’étreintes, je les ai eus. Pour 2007, rien de plus que nous-avions, déjà.

Que nous-avions, déjà.

Passer de l’année au port à l’aéroport, en somme.

Bon réveillon, les gens.

Bande-son : Interpol ― Say Hello To The Angels

Juste deux passages [2/2].

Rue Saint-Denis, Paris, 30 octobre.

I will stand by all this drinking if it helps me through these days
[It takes a long time just to get this all straight.]
I’ll showcase on Route 7 when I find the right place
[It takes a long time just to get this all straight.]

Bande-son : Interpol ― Obstacle 2