160 000 albums vendus au Royaume-Uni et 27 en France, donc fort logiquement la premère date française de Mumford and Sons est emplie d’Anglaises enamourées ― curieux pour ce genre de musique et de groupe ― qui ne jettent pas de bière ― très curieux pour ce genre de public ― mais en revanche connaissent super-bien les textes par cœur et tiennent à le montrer. La bonne nouvelle, dans l’histoire, c’est que si Mumford and Sons avaient fait un mieux disque que Franz Ferdinand l’année dernière [si si], sur scène ça suit dans une ambiance relevée ― pas à ce point-là quand même, mais on s’en approche un peu de temps en temps ― ponctuée d’histoires de setlists mélangées, de tache dans le slip de Ted Dawes le contrebassiste, de citation de la Ferme des Couillons en Afrique [« comment on dit “merde” en anglais ? “Shit” ? Oh c'est joli. »] et de cours de français un peu séchés sur les bords. Grosse fête, en somme. Ils reviendront. Soyez-y.
[Et bien le bonjour à Mugison le fou folk, ses morceaux entamés mais pas trop, ses anecdotes d'accidents digestifs sur les scènes de Bruxelles et ses chutes de chaises quand il se recule trop durant un solo.]
En fait je n’ai jamais vraiment su éviter l’amalgame entre ce qu’entendent mes yeux et ce que voient mes oreilles. Alors quand est venu le moment de faire un classement des albums qui auront marqué ma décennie, plutôt que de faire une bafouille sur chaque disque expliquant à quel point il est génial, plus génial que celui juste en-dessous mais toutefois moins génial que celui juste au-dessus ― vous en faites pas vous aurez quand même droit à ça pour le classement de fin d’année, bande de gens ―, j’en suis venu à le faire avec des mots-clés qui mènent vers des liens ou pas ― ce journal n’a que 5 ans, après tout ―, que tout le monde pourra comprendre ou pas et qui évoqueront des choses ou pas.
Arctic Monkeys ― Whatever People Think I Am, That’s What I’m Not (2006) Black session / Mylène Farmer / acné / Bataclan / Leffe triple / Métiz’Art / orage / Doc Martens / Trabendo / vin blanc / voisins / Dancefloor
The Wombats ― A Guide to Love, Loss and Desperation (2007)
Liverpool / bateau / bourré / hôtel / minibar / polochons / HMV / Babyshambles / Joie Division / Arras / Black Session / New York / Little Miss Pipedream / Los Angeles / jet lag / Trabendo
Flogging Molly ― Within a Mile from Home (2004)
Radar / Royal Oak / nuit / State Theater / Bataclan / enterrement / sing me a song from yesterday and when the laughter drank these tears before the promises that now slip away / septembre / retour / Houston
Placebo ― Sleeping with Ghosts (2003)
Printemps de Bourges / râteau / Amnéville / conférence de presse / Radio 21 / hiver / Dick Rivers / RTL2 / E411 / nuits
The White Stripes ― White Blood Cells (2001)
Regrets / Royal Oak / septembre / neige / hiver / school bus / hôtel Yorba / Blind Pig / Ann Arbor / rentrée / Michigan / nuits
PJ Harvey ― Stories from the City, Stories from the Sea (2000)
Zikweb / Liverpool / State Theater / nuit / ski / 2001 / One day there’ll be a place called home / Ann Arbor / Audi 80 / passage Brady / été
Black Rebel Motorcycle Club ― Take Them on, on Your Own (2003) X-Rock / noir / I think that selfishness will be the end of this if you don’t save me / larsen / route / Coachella 2004 / Air / Londres / Détroit
The White Stripes ― Elephant (2003)
Com’Info / I-696 / pluie / nuit / Zénith / parking / Blanche / Luxembourg / Wazoo Records / Rép’ / ampli / Ask your girlfriends to see if they know / Tuileries
Flogging Molly ― Swagger (2000) Détroit / Course de l’Édhec / Boum / Sables d’Olonne / You drink too much coffee I drink to much stout / avion / Hyères / IV / Coachella 2004 / Guinness / Printemps de Bourges / interview / poster / enterrement / sale
Eddie Vedder ― Into the Wild (2007) Norvège / neige / froid / voiture / train / avion / seul / soleil / crépuscule / autoroute / Astonvilla / Bordeaux / Minnéapolis / Chicago
The Dandy Warhols ― Thirteen Tales from Urban Bohemia (2000)
Mécaflotte / infirmières / décembre / nuit / printemps 2001 / Metz / Radio 21 /
Rolling Stones / boum Énim / Steelworx festival / poussière / Annie Cordy / cassettes / 306 /
Interpol ― Turn on the Bright Lights (2002) Nuit / New York / neige / Twingo / 2007 / Paris / Très Grosse Bibliothèque / mimes /
Printemps de Bourges / 21 Avril / cravate / pluie / Curiosa / vin blanc / métro / State Theater / Maple Road / I’ll bring you when my lifeboat sails through the night that is supposing that you don’t sleep tonight / Brooklyn / Pontiac
Ah, et cette liste ne serait pas complète sans ses 5 hors-concours, ceux qui ont pu faire partie de ma vie, mais pas de la même manière que les autres :
Elista ― La folie douce
Mademoiselle K ― Ça me vexe
Mademoiselle K ― Jamais la paix
Muse ― Black Holes and Revelations
Placebo ― Meds
Sur ce on poste et vite vite on regrette de ne pas avoir cité Get Behind Me Satan.
C’est qu’il serait peut-être temps de clore les années 2000, dis-moi.
Après mûres réflexion, je suis tombé bien d’accord avec moi-même pour dire que faire un classement des meilleurs titres de la décennie, c’est impossible de manière générale. Un top des années nonante aurait eu du mal à départager un No Surprises et un Smells Like Teen Spirit, par exemple ― enfin plus difficilement qu’un Barbie Girl et un Rhythm Is a Dancer, quoi ―, parce que les deux ne jouaient pas dans la même catégorie, au final. Du coup je me suis pris par la main et j’ai tout bien rangé en 5cinq catégories globales et totalement arbitraires pour refléter un peu plus facilement ces belles années 00 qu’on enterre la semaine prochaine. N’hésitez pas à partager les vôtres, histoire de vous occuper ce soir entre le foie gras et le saumon.
Top 5 « postillonnage de cures-dents ».
My Vitriol ― Always: Your Way (2001)
Black Rebel Motorcycle Club ― Heart + Soul (2003)
The Raconteurs ― Headin’ for the Texas Border (live) (The Flamin’ Groovies cover) (2006)
Secret Machines ― Nowhere Again (2004)
Flogging Molly ― Black Friday Rule (2000)
Top 5 « décapotable et coups de soleil ».
Arcade Fire ― Keep the Car Running (2007)
Eddie Vedder ― Hard Sun (Indio cover) (2007)
The Dandy Warhols ― Bohemian Like You (2000)
Blanche ― Someday… (2003)
Richard Ashcroft ― C’mon People (We’re Making It Now) (2000)
Top 5 « nuit, valium et corde à s’ôter ».
Interpol ― Leif Erikson (2002)
Black Rebel Motorcycle Club ― Open Invitation (2005)
Arcade Fire ― My Body Is a Cage (2007)
Isobel Campbell & Mark Lanegan ― Revolver (2005)
José González ― Love Will Tear Us Apart (Joy Division cover) (2004)
Top 5 « Hiver, neige, pingouins et café au lait ».
Air ― Alone in Kyoto (2004)
The Postal Service ― Such Great Heights (2003)
The Libertines ― Music When the Light Goes Out (2004)
K’s Choice ― Busy (2000)
Placebo ― Special Needs (2003)
Top 5 « Anglais à fesses plates1 ».
Franz Ferdinand ― Take Me Out (2004)
Arctic Monkeys ― I Bet You Look Good on the Dancefloor (2006)
The Wombats ― Let’s Dance to Joy Division (2007)
Maxïmo Park ― Apply Some Pressure (2005)
Bloc Party ― Banquet (2004)
Voilà. Je valide, je poste, je relis dans 24 heures et je réalise que je n’ai mis aucun White Stripes, que j’ai oublié de faire les tops 5 « pendant qu’on fait des frites » et « à s’écouter après une vasectomie », avant de jurer bien fort, mais un peu tard, qu’on ne m’y reprendra plus en 2019.
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1 C’est un hommage à qui de droit, vous ne pouvez pas comprendre.
Puisque aujourd’hui est un jour super important pour ma meilleure topine, recueillons-nous tous en chœur devant une belle galerie tirée de la recherche du mot-clé Guinness dans les archives de mon disque dur, tout en dégustant la bande-son adéquate d’un groupe dont on sait depuis bien longtemps qu’ils se l’enfilent par intra-veineuse.
En vous la souhaitant bien bien fraîche, bien noire et bien tirée avec le bien bon gaz pour les 250 années à venir. Sláinte Mhaith à tous, les gros.
2008 en 10 soirées qui tachent grave je te dis pas
La Maroquinerie, Paris, 28 mai.
Je crois en avoir parlé comme il fallait dès le lendemain du concert. Ce 27 mai, la meute de damnés de Flogging Molly a pris la Maroquinerie, l’a retournée et l’a secouée sans relâche pour en tirer tout le bon jus. De tous les groupes que j’ai vus plusieurs fois, Flogging Molly est de loin celui qui ne déçoit jamais, qui t’offre ce que tu es venu chercher et qui te paie des stouts si tu as de la chance. À côté de cette orgie, le carnaval d’Halloween d’I'm From Barcelona fut une veillée funèbre, la soirée haÿpe d’Oasis et sa baston d’Anglais au bar une soirée pyjama, le crépuscule sudiste de Raconteurs profitant de l’annulation de Winouze pour étirer la magie de ce coucher de soleil d’août un camp scout au coin du feu. Même Radiohead à Arras, me voyant arpenter le fond de la Grand’Place déserté en quête de bouffe, pendant que là-bas, le quintette d’Oxford semblait jouer rien que pour moi dans la vacuité d’un univers duquel je serais le seul atome ; même Arras fut moins intense. Et pourtant.
Flogging Molly c’était ma première accréditation, ma première interview en anglais, mes premières photos de concert et les premiers morceaux de ma fulgurante carrière de DJ le plus talentueux de tout l’ouest du Saulcy1. À bien y réfléchir, si j’en suis là aujourd’hui c’est grâce à ce concert placardé sur ma porte de bureau il y a cinq ans, et donc grâce au groupe, et donc grâce à la fille du Sud qui me l’a fait découvrir fin 2001. Dans ces conditions, difficile d’être objectif à propos d’hier mais de toutes façons, j’ai pas envie. Le concert d’hier soir est à la hauteur de celui d’avant ― mais devant le bon public ― et celui d’encore avant ― mais en configuration plus intensément intime ―. Flogging Molly livre un show du feu de dieu, exécuté à fond de cinquième dans une cave transformée en enfer suintant ― on dégouline déjà tous avant la fin du deuxième titre ―, sur lequel slamment punks à casquettes, rockeux avinés et même des gens normaux. Dave King, fidèle à son rôle de harangueur de foule, est content de revenir en Europe et de trouver quelques Irlandais dans la salle ― « I see the redheads in the back! » ― et partagent ses Guinness tièdes avec le premier rang entre deux morceaux enflammés. Les autres suivent dans un joyeux bordel qui tient la route sans qu’on sache comment, tapent les mains de la foule et distribuent des bouteilles de flotte en pagaille ― la stout, ils se la gardent ―, enfonçant le clou de l’hystérie sur Swagger ou changeant la Maro en taverne dublinoise avec l’accordéon de Whistle The Wind. Vaste bordel électrique. Dans mon imaginaire fantasmagorique, c’est à ça que ressemblait le CBGB. La tempête dure près d’une heure trois quarts sans se calmer, Flogging Molly envoie Drunken Lullabies, Tobacco Island et Devil’s Dance Floor et conclut avec un enchaînement Salty Dog / Within A Mile Of Home / What’s Left Of The Flag mortel. Le Black Friday Rule du rappel, assuré par King seul à la guitare jusqu’au solo, est amputé d’une dizaine de minutes mais finit comme il faut, avant Seven Deadly Sins qui laisse la salle en nage. Flogging Molly descend aussitôt de scène pour serrer la main et signer les trucs de tout le monde en torchant ce qu’il leur reste de stout. Je remonte dégoulinant, le fotoapparat moite et son œilleton bien en place2, dehors aussi c’est l’orage. Je pars sous la pluie avec mes meilleurs souvenirs de Maro défoncés (Datsuns, Gore Gore Girls ou… Beatsteaks). Je n’en attendais pas moins de cette soirée.
Bande-son : Flogging Molly – Within A Mile Of Home (live)
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1 Un épisode bientôt abordé dans l’ABD, bande de veinards, dès que j’aurai enfin réussi à terminer ce !#@$ d’épisode 17.
2 Ça a l’air de rien comme ça, mais retrouver l’œilleton qu’on a perdu dans un choc avec un slammeur et réussir à le retrouver au milieu de ce genre de concert est un exploit du quotidien qui mérite d’être cité ici.
3 chansons que j’ai honte d’aimer, mais que je connais par coeur quand même et que j’adore chanter quand je m’oublie :
C’est trop honteux, je les écrits en blanc tiens.
Stephan Eicher – Rien à voir
Britney Spears – Baby One More Time [mais la version de Travis, hein]
Indochine – Electrastar
3 groupes ou artistes dont je ne pourrai jamais me lasser, même quand je serais un vieux croûton tout ridé :
Répondons au hasard, ça vaut mieux :
Oasis
Pearl Jam
Soul Asylum
Le groupe/chanteur/chanteuse qui me rend gaga, fan de, bref complètement ridicule et pas vraiment malgré moi :
Comme j’en ai marre de répondre tout le temps Jack White, je vais dire Corbier PJ Harvey.
La chanson que j’aurais voulu avoir écrite, composée et éventuellement jouée devant un stade en délire :
Ça dépend de l’époque. Dans l’ordre chronologique :
Depeche Mode – Never Let Me Down Again
Iron Maiden – Drifter
Oasis – Slide Away
My Vitriol – Always: Your Way
Flogging Molly – Black Friday Rule
Black Rebel Motorcycle Club – Heart + Soul
Le groupe que je ne pourrai jamais cesser d’aimer, même si maintenant c’est de la daube, qu’il s’est vendu aux majors et qu’on lui a collé un styliste fou pour le relooker :
Oasis. J’y peux rien, j’ai toujours été dingue d’Oasis.
Le groupe dont je fais partie dans mes rêves les plus fous :
Black Rebel Motorcycle Club. Les têtes de mort, le noir partout et des CDD plus longs que dans le Brian Jonestown Massacre ça me parle, gros.
Le groupe dont j’aurais voulu provoquer le split, et pas que dans mes rêves les plus fous :
Tout ce qui se revendique de la Team Nowhere [enfin jusque là ils se débrouillent pas mal tous seul question splittage] ou associés.
Le chanteur / la chanteuse dont j’aurais voulu, si j’avais été un psychopathe, voler la vie, les amis et la carrière:
Jack White. Oui, ben y a des fois où on est obligé de répondre Jack White.
Le groupe/chanteur/chanteuse dont j’attends de pied ferme la nouvelle production:
Nirvana, Joy Division et Jeff Buckley. C’est long. Sinon il y a aussi le second album de My Vitriol que j’attends depuis maintenant 7 ans alors qu’ils n’ont aucune excuse mortuaire à fournir et que, ne faisant pas partie de la Team Nowhere, ils n’ont pas encore splitté.
Mention spéciale à…
Ma sœur, Noel Gallagher, Anton Corbijn et Dave Gahan, les seins de PJ Harvey et les caleçons moulants de Bruce Dickinson.
C’est une tuerie. Il commence sans payer de mine, musarde à travers un inédit envolé et 4 acoustiques détendues et d’un coup, sans prévenir, il nous balance pour 5 blitz-titres au milieu d’une arène californienne surchauffée et prise d’assaut par la bande de cinglés qui se déchaîne sur scène, orchestrée par son chanteur guinnessomane à la ramasse. Y a des insultes, des chants, de la bière, les cordes sont en feu, les voix égosillées, le son est un peu crade comme si on y était. J’y ai retrouvé intacte les ambiances de la dernière fois et ― surtout ― de la fois d’avant, et ça, pour un live, surtout pour un live d’un groupe qu’on aime beaucoup, d’ailleurs, c’est très rare.
La bande-son à écouter très très fort, bien sûr.
Bande-son : Flogging Molly ― Within a Mile of Home (live)
Y a des coïncidences bizarres dans la vie, comme rentrer avec le dernier métro de la ligne légèrement chargé au rouge, y apprécier le Screaming at the Wailing Wall qu’a choisi son MD en mode chüfle, réaliser en l’écoutant qu’on est en juillet 2006 et que Flogging Molly n’a rien sorti depuis presque deux ans, rentrer chez soi, passer sur SonEspace et tomber sur une annonce en page d’accueil disant que « yo les gros, voilà le nouveau double CD/DVD de Flogging Molly qui s’en vient, Whiskey on a Sunday qu’il s’appelle, vous pouvez l’écouter en exclu sur LeurEspace1 ».
Bizarre.
Dites donc, ça fait super longtemps qu’Interpol a pas sorti d’album, je trouve.
1 Ce qui n’est pas possible à l’instant où je poste cette note car MonEspace est en maintenance, c’est Tom qui l’a dit. Au cas où ça dure, que jouer au Pac Man de la page d’accueil vous saoûle et/ou que vous ne pouvez attendre plus longtemps pour avoir un aperçu du DVD, sa bande-annonce est là.