Et se dire que finalement, après avoir eu Radiohead rien que pour soi dans un concert meilleur que celui de Bercy, après avoir découvert que les Kooks ne sont pas si anecdotiques que ça, après avoir pu passer du temps avec des gens pas assez vus depuis longtemps, après avoir senti une vrai bonne ambiance s’installer dans la fosse photo au fil des concerts et malgré la scène trop haute, la sécu trop pressante, les fans de Mika et Mika lui-même et en ayant surtout vu la photo de la fosse de la grande scène de Belfort chez le Rod, se dire qu’on s’en tire pas mal, même si verser dans le festival aux OGM aux dépens des autres, les vrais, ça laisse un cas de conscience.
Alain Dister est mort alors que je ne suis qu’aux deux tiers de son Oh, Hippie Days! autobiographique retraçant ses années américaines au cœur du summer of love san franciscain. Subitement, les dates qu’il aligne dans son livre s’inversent et prennent des allures de compte à rebours. Étrange sensation et lourde perte.
Je ne sortirai pas cette année mon traditionnel (2005, 2006, 2007) und jetzt nach Belfort pour causes de raisons obscures et crasses, ce qui étreint mon cœur au plus haut point, au moins autant que ceux de la patronne du stand de sandouiches raclette1 et du tenancier du stand de bière à côté de la grande scène, là-bas à gauche, quand ils réaliseront le manque à gagner que représentera mon absence. Je n’ose donc même pas me brancher sur la Pravda pour éviter toute tristesse inutile et préfère aller voir l’équipe de Pure FM se poser des questions métaphysiques à Werchter.
Aujourd’hui c’est le dernier journal des bonnes nouvelles de la vie, Odette coupe son dernier doigt, Lucien est en fauteuil roulant et Jeanne Brichoux conclut son dossier de la semaine sur les sports extrêmes, ce qui ne laisse que peu d’espoir quant à sa survie dans un futur proche. Vous me manquerez, les gros.
C’est au pied de la tour Eiffel que je n’ai pu que constater hier soir le décès de l’autofocus de mon 50 mm f/1,8, dont la cause n’a pu être élucidée, après 4 ans de loyaux services. Ce n’est pas une fin en soi dans la mesure où, pendant ce temps, 50 mm f/1,4 se porte à merveille, mais voir partir mon tout premier objectif de concert, ça met un coup, j’avoue.
UN MÉDIATOR D’ADRIAN SMITH DU CONCERT DE MARDI(ou de mercredi va savoir)
Je trouve ça dingue que quand Adrian Smith jette un de ses médiators dans la fosse, que sur les 3 000 bonshommes susceptibles de le choper, il choie2 dans la main du seul qui ira se promener avenue de la Motte Piquet jeudi avec un pantalon troué, un portefeuille perméable ou que sais-je, que sur les 6 directions qui partent du métro École Militaire, mademoiselle Truc décide de lancer notre quête de nourriture dans celle-ci et qu’au final le médiator revienne à moi qui était également là ce même soir (ou la veille, on va pas chipoter), cela me troue.
Ça illumine ma vie, je vois tout d’un œil neuf, je décide que le médiator sera mon nouveau meilleur copain avec qui je dormirai tous les soirs, et voilà que mademoiselle Truc me fait les gros yeux en m’avisant plutôt de l’apporter aux objets trouvés du VIe afin qu’il revienne à son vrai propriétaire, qui sua sang et eau dans l’enfer de la fosse pour l’obtenir, lui, au moins, allons c’est quand même un monde ça.
Sa remarque est judicieuse, mais malgré tout ce n’est pas n’importe quel médiator. J’ai donc décidé de ne pas l’apporter au commissariat (chacun sait que sommeille dans chaque agent de police un fan d’Iron Maiden prêt à mettre la main sur la précieuse relique) et de plutôt le garder en dépôt pendant un an et un jour en laissant le Internet faire le reste :
médiator adrian smith iron maiden concert bercy somewhere back in time 2008 perdu trouvé avenue de la motte piquet paris VIe arrondissement école militaire tour maubourg reviens gamin reviens
Je vous tiens au courant.
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1 Le sandouiche raclette, c’est le meilleur rapport prix/calories qu’on puisse trouver sur un festival, où chaque once d’énergie compte. Faudrait que j’écrive un guide là-dessus une fois, tiens.
2 Manifestement le subjonctif de choir n’existe plus, je l’ai donc ressuscité en partant de celui d’échoir, pardonnez mon audace.
Remettons-nous de cette débauche germano-rocko-graphique grâce aux Dandy Warhols, leur salutaire nouvel album à paraître dans 13 jours et le MP3 cadeau qu’ils offrent sur leur site. Joie.
Bande-son : The Dandy Warhols – The World The People Together (Come On)
Ils ne sont pas partis très longtemps, pourtant. Mais les Anglais pondent tellement de nouveaux groupes à la semaine que lorsque l’un d’eux prend une pause à peine trop longue, on l’oublie de suite. Quand les Subways montent sur scène j’ai l’impression de retrouver un vieux groupe disparu, genre reformation des Beatles, parce que Rock & Roll Queen et le show sous les trombes d’eau de Rock en Seine c’était il y a déjà trois ans, et surtout parce que le trio était resté coi depuis lors, sans émettre ni commettre, rien. De l’eau a coulé sous les ponts, des tonnes d’Arctic Monkeys, de View et de Wombats ont pris le relais du groupe de jeunes sympa qui promettent… Et re-voilà les Subways 3 ans plus tard, à devoir défendre, en plus d’un nouvel album, un statut de vieux de la vieille qui ne devrait même pas leur revenir tant ils ont encore à faire et à apprendre. Le set est bon, très bon même, le trio alterne nouveau et ancien en explosant la scène, en sautant sur place et en approchant le public au plus près. Coincé dans les 20 cm de fosse, il faut autant faire gaffe à ne pas se prendre des pieds de slammeur sur le crâne qu’à se manger le manche de la guitare de Billy Lunn dans l’objectif. Le public exulte, sur scène c’est à peine plus calme, chaudes retrouvailles. Charlotte Cooper est fidèle à elle-même (donc intenable), Lunn joue les entertainers à la Bruce Dickinson, les poils en moins. Le rappel enchaîne Girls & Boys, le nouveau single et son riff de metal musien, avec une version allumée de Rock & Roll Queen qui arrache tout. Bonnard, chapeau. Les Subways sont de retour et ça va se savoir.