En fait je n’ai jamais vraiment su éviter l’amalgame entre ce qu’entendent mes yeux et ce que voient mes oreilles. Alors quand est venu le moment de faire un classement des albums qui auront marqué ma décennie, plutôt que de faire une bafouille sur chaque disque expliquant à quel point il est génial, plus génial que celui juste en-dessous mais toutefois moins génial que celui juste au-dessus ― vous en faites pas vous aurez quand même droit à ça pour le classement de fin d’année, bande de gens ―, j’en suis venu à le faire avec des mots-clés qui mènent vers des liens ou pas ― ce journal n’a que 5 ans, après tout ―, que tout le monde pourra comprendre ou pas et qui évoqueront des choses ou pas.
Bons clics ou pas, on se revoit en bas.
Ou pas.
-
PJ Harvey ― Uh Huh Her (2004)
Ibarron / nuit / octobre / Best Buy / les seins de PJ Harvey / Toronto / Saint-Étienne
-
Yeah Yeah Yeahs ― Fever to Tell (2003)
Cleveland / TV on the Radio / Palm Springs / Spin magazine / Coachella 2004 / radio / barbecue / neige / Chouine gomme
-
The Von Bondies ― Pawn Shoppe Heart (2004)
Détroit / Magic Stick / Encore Records / The Libertines / Pontiac / The White Stripes / soleil / Nouveau Casino / I ♥ Detroit
-
Arctic Monkeys ― Whatever People Think I Am, That’s What I’m Not (2006)
Black session / Mylène Farmer / acné / Bataclan / Leffe triple / Métiz’Art / orage / Doc Martens / Trabendo / vin blanc / voisins / Dancefloor
-
Flogging Molly ― Within a Mile from Home (2004)
Radar / Royal Oak / nuit / State Theater / Bataclan / enterrement / sing me a song from yesterday and when the laughter drank these tears before the promises that now slip away / septembre / retour / Houston
-
The White Stripes ― White Blood Cells (2001)
Regrets / Royal Oak / septembre / neige / hiver / school bus / hôtel Yorba / Blind Pig / Ann Arbor / rentrée / Michigan / nuits
-
Secret Machines ― Now Here is Nowhere (2004)
Punxutawney / Amsterdam / Magic Stick / depuis quand t’es blonde toi ? / Interpol / Saturn / Boston / Milwaukee / route / trains / nuits / aubes / E411
-
Snow Patrol ― Final Straw (2004)
Thanksgiving / nuit / neige / Saint Andrew’s Hall / Détroit / Ann Arbor / septembre / Ledru-Rollin / New York / matins / Pennsylvanie
-
Ghinzu ― Blow (2004)
Pure FM / Schriphol / nuit / NWA / métro / photocopieuse / rectiligne / Olympia / voiture / mim / Ann Arbor / CDG
-
Franz Ferdinand ― Franz Ferdinand (2004)
Cobo Arena / Détroit / EF 50 mm f/1,8 II / Good Charlotte / gwosse gwosse beat / Rock en Seine
-
Muse ― Absolution (2003)
Entorse / diplôme / Zénith de Nancy / Détroit / St Andrew’s Hall / Coachella 2004 / chance / enterrement / 306 / Curiosa / 4 pages / Naïve / téléphone / Clutch Cargo’s / molard / Metz
-
Placebo ― Black Market Music (2000)
RTL / Gibert Joseph / noir / digipack / Nancy / bureau / nuit 2001 2001 2001 / route
-
The Kills ― Keep on Your Mean Side (2003)
2005 / neige / Londres / tour Eiffel / nuit / Fuck the People / Milwaukee
-
Muse ― Origin of Symmetry (2001)
Hyères / Zikweb / avril 2001 / Georges Lang / Eurockéennes 2002 / Soundhouse studios / Londres / Steelworx / Indochine / mimes / radar / Hullabaloo / Wash me away
-
Oasis ― Familiar to Millions (2000)
Vallorcines / Helter Skelter / Audi 80 / vaisselle / Northville / Michigan / balle de golf /
-
Kings of Leon ― Because of the Times (2007)
Poudrière / métro / Houston / avion / Rock en Seine / Bataclan / Le Bervouze
-
Arcade Fire ― Funeral (2005)
Croissants / avenue Lefru-Frollin / Everytime you close your eyes lies lies / casques / Élysée-Montmartre / nuit / câble USB / neige / Toronto / aube / couette / Inrocks / Rock en Seine / vous pensez quoi d’Internet ? / Ardenne / Jane / terrasse
-
PJ Harvey ― Stories from the City, Stories from the Sea (2000)
Zikweb / Liverpool / State Theater / nuit / ski / 2001 / One day there’ll be a place called home / Ann Arbor / Audi 80 / passage Brady / été
-
Eddie Vedder ― Into the Wild (2007)
Norvège / neige / froid / voiture / train / avion / seul / soleil / crépuscule / autoroute / Astonvilla / Bordeaux / Minnéapolis / Chicago
-
Interpol ― Turn on the Bright Lights (2002)
Nuit / New York / neige / Twingo / 2007 / Paris / Très Grosse Bibliothèque / mimes /
Printemps de Bourges / 21 Avril / cravate / pluie / Curiosa / vin blanc / métro / State Theater / Maple Road / I’ll bring you when my lifeboat sails through the night that is supposing that you don’t sleep tonight / Brooklyn / Pontiac
-
Arcade Fire ― Neon Bible (2007)
Hôtel / Tamise / interview / église / Olympia / Belfort 2007 / pluie / Ontario / voiture / anniversaire / soleil / froid / nuit / cage / Thomas VDB / Johnny Halliday / vomi / mariage / enterrement / Houston / crypte
Ah, et cette liste ne serait pas complète sans ses 5 hors-concours, ceux qui ont pu faire partie de ma vie, mais pas de la même manière que les autres :
- Elista ― La folie douce
- Mademoiselle K ― Ça me vexe
- Mademoiselle K ― Jamais la paix
- Muse ― Black Holes and Revelations
- Placebo ― Meds
Sur ce on poste et vite vite on regrette de ne pas avoir cité Get Behind Me Satan.
Joyeux Noël hein…
[Ou pas.]

The Wombats ― A Guide to Love, Loss and Desperation (2007)
The White Stripes ― Icky Thump (2007)
Placebo ― Sleeping with Ghosts (2003)
Black Rebel Motorcycle Club ― Take Them on, on Your Own (2003)
The White Stripes ― Elephant (2003)
Flogging Molly ― Swagger (2000)
Editors ― An End Has a Start (2007)
Black Rebel Motorcycle Club ― Howl (2005)
The Dandy Warhols ― Thirteen Tales from Urban Bohemia (2000)
My Vitriol ― Always: Your Way (2001)
Black Rebel Motorcycle Club ― Heart + Soul (2003)
The Raconteurs ― Headin’ for the Texas Border (live) (The Flamin’ Groovies cover) (2006)
Secret Machines ― Nowhere Again (2004)
Flogging Molly ― Black Friday Rule (2000)
Arcade Fire ― Keep the Car Running (2007)
Eddie Vedder ― Hard Sun (Indio cover) (2007)
The Dandy Warhols ― Bohemian Like You (2000)
Blanche ― Someday… (2003)
Richard Ashcroft ― C’mon People (We’re Making It Now) (2000)
Interpol ― Leif Erikson (2002)
Black Rebel Motorcycle Club ― Open Invitation (2005)
Isobel Campbell & Mark Lanegan ― Revolver (2005)
José González ― Love Will Tear Us Apart (Joy Division cover) (2004)
Air ― Alone in Kyoto (2004)
The Postal Service ― Such Great Heights (2003)
The Libertines ― Music When the Light Goes Out (2004)
K’s Choice ― Busy (2000)
Placebo ― Special Needs (2003)
Franz Ferdinand ― Take Me Out (2004)
Arctic Monkeys ― I Bet You Look Good on the Dancefloor (2006)
The Wombats ― Let’s Dance to Joy Division (2007)
Maxïmo Park ― Apply Some Pressure (2005)
Bloc Party ― Banquet (2004)


The Kills – Last Day of Magic
Infadels – Free Things for Poor People
Oasis – The Shock of the Lightning
Maxïmo Park – By the Monument
Nada Surf – Weightless
I’m From Barcelona – Music Killed Me
Paramore – Misery Business

Ils ont effectivement commencé quelque chose, et quelque chose de bien. Les Ting Tings ont fait cette année dans l’irrésistible, le déluré et le chaloupé sans dépasser les limites du raisonnables ― donc du chiant ― , et 2008 s’achève en emportant avec au moins un Shut Up and Let Me Go ― traduit « tais-toi prends un vélo » par mewa si vous voulez l’entendre venez me payer des Guinness jusqu’à ce que chant s’en suive ― et un That’s Not My Name dans sa longue liste de titres de fous qui auront marqué l’année et ses soirées.
Je ne vais pas trop épiloguer là-dessus après
Depuis le temps, on sait que le meilleur album d’Oasis est derrière eux. Il faut l’accepter et vivre avec. Cela n’empêche pas Dig Out Your Soul d’être à la hauteur, point. Avec des Shock of the Lightning, des Falling Down, Ain’t Got Nothing et des To Be Where’s There’s Life, les frères Gallagher se sont montrés dignes de leurs jeunes années tout en faisant mieux que Don’t Believe the Truth, qui était lui-même mieux qu’Heathen Chemistry. Les albums passent, les Mancuniens sont toujours là et, en attendant que Blur reviennent, ils jouent tout seuls dans leur catégorie, trop vieux pour rivaliser avec les jeunes et trop jeunes pour se comparer aux vieux. Oasis vit toujours et c’est déjà bien, de moins en moins de groupes peuvent se vanter d’en faire autant.
TV on the Radio est un groupe cool que c’est la frime de les écouter, on pourrait même les qualifier de branchés si cette dernière expression l’était toujours, branchée. À coups de Red Dress impatient, Shout Me Out courant après la montre, DLZ vengeur et Lover’s Day envolé, TV on the Radio signe un album urbain dans la lignée des précédents, ce genre qui colle parfaitement à une chevauchée de métro quand on est en retard pour le boulot, scotché sur ta vie comme si subitement tu vivais à New York. Leur premier qui me marque à ce point. Je ne suis pas mécontent de suivre la haÿpe, pour une fois.
En voilà un qu’on m’a bien gâché. Malgré ça, ce deuxième Raconteurs est largement au-dessus de son prédécesseur grâce à une prod bien meilleure et des compos plus incisives. Cette année, White et sa bande on enfin passé la 5e, subitement tout va mieux, on part pour l’album de l’année juché sur des Salute Your Solution, Consoler of the Lonely, Five on the Five, Carolina Drama et puis… Non. La vie. Mais je salue quand même l’effort.
Et voilà les Dandys ressurgissant dans ma vie. Pas leur meilleur album non plus, Thirteen Tales of Urban Bohemia ayant mis la barre haut à son époque, mais …Earth to the Dandy Warhols… a eu au moins le mérite de me réconcilier avec eux alors que nous étions fâchés depuis Welcome to the Monkey House. Trois albums plus tard, enfin, on se rabiboche. J’y peux rien, je suis de nature rancunière. C’est mal mais je me soigne.
Jack White mis à part ― on trouve toujours une place pour un Jack White dans les classements de fin d’année, la vie est ainsi faite ―, I’m From Barcelona se retrouve seul survivant de mon top album 2007, après le lamentable échec de Kings of Leon et de leur Only by the Night à vite oublier dans les cachots de la honte musicale, l’incapacité de Cold War Kids à faire quoi que ce soit d’intéressant sur Loyalty to Loyalty et les vacances prises par tous les autres. I’m From Barcelona, cette année, a pris son image de groupe de bisounours toujours guet’z et prêts à faire des poutoux à tout le monde, l’a mise en pièces et a recollé le tout à l’envers, pondant un album bien plus sombre, prenant tout le monde sur un contre-pied inattendu. Le résultat est épatant, la bande d’Emanuel Lundgren s’éclaire d’un jour ― ou plutôt d’une nuit ― nouvelle, la musique m’a tué, Houdini et mort et la multitude suédoise finit cette année 2008 dépouillée de son costume de carnaval. Ce n’est pas une légende, les clowns les plus drôles peuvent vraiment être les gens les plus tristes.
Voilà un groupe qui aura mis le temps à me percer à jour. Silent Alarm me laissait de marbre en 2005, je ne jetais même pas une oreille sur A Weekend in the City deux ans plus tard, et voilà subitement qu’Intimacy me marque avec ses Signs, Ares, One Month Off, Halo, prouvant que je ne suis finalement pas un si gros imbécile que ça puisque je finis par changer radicalement d’avis sur le groupe. Douce flatterie, rassurant constat, même la pochette est une des plus jolies de l’année, voilà le quartette sur mon podium 2008. Drôle d’année, décidément.
Un album qui tabasse d’un bout à l’autre, je ne vois pas quoi ajouter. Pourtant pas tellement éloigné des deux premiers Kills, Midnight Boom est la soudaine explosion du duo qu’on commence à subitement retrouver partout. L’année prochaine, ils feront la Star Académie en trio avec Miquailze et Looane et ce sera bien fait pour eux, tiens, ils l’auront bien cherché, merde à la fin, on n’a pas idée de sortir des trucs pareils, une vraie
J’avoue, c’est super-gonflé d’aller mettre en album de l’année 2008 un truc qui est sorti en 2007. Cela étant, beaucoup ayant placé In Rainbows dans leurs classements 2008 alors qu’il est sorti l’année dernière, je prends donc le droit de faire de même devant la nécessité : Into the Wild est le seul album que je me suis écouté complètement, dans l’ordre et sans rien zapper cette année. Ce disque se pose en invitation au voyage géante, l’album idéal du train, l’album parfait de la bagnole, l’album évident de l’avion mais surtout l’album qui colle aux semelles de la moindre équipée pédestre. Parfait de son intro à sa piste cachée, toujours prêts à partir et toujours content de rentrer, moi qui pensait que seuls les labradors étaient vraiment fidèles, je découvre que les chanteurs à cheveux longs et chemises en draps aussi. En 2009 lui et moi en aurons encore à vivre, à découvrir, juste tous les deux. Et c’est tant mieux.



































