Damien Rice « DPC

Archive pour le mot-clef ‘Damien Rice’

Décal’O manie.

Mercredi 29 octobre 2008

Comme je n’ai pas pu faire le concert de The Kilts au Bataclan hier soir, sautons du Coca Light et causons plutôt décalage de pistes.

Tout le monde connaît donc la théorie des 17 secondes sur le Kid A de Radiohead.

Hum ?

Bon, tout ceux qui ne connaissent pas la règle des 17 secondes sur le Kid A de Radiohead, je vous aurais bien invités à écouter l’épisode de feu Vox du 23 octobre 2006, mais le MP3 n’est plus en ligne1, ce qui m’oblige à vous le résumer : en gros quand on se met Kid A en double avec un décalage de 17 secondes entre les deux copies, on obtient un truc neuf et cohérent. Comme je suis sympa, je vous donne deux exemples :

  • Everything in its Right Place
  • Idioteque

Évidemment, d’aucuns me rétorqueront que « de toutes façons Radiohead c’est toujours la même soupe, alors doubler leurs compos ne fera que doubler le bordel et tout ça sonnera comme du Radiohead puisque 0 plus 0 ça fait toujours 02. » À ceux-là, je répondrai par un exemple de recouvrement à 17 secondes d’une reprise de Creep par le(s) obscur(s) Xeo, si vous devez n’écouter qu’un MP3 aujourd’hui faites en sorte que ce soit celui-là :

Sur ce, reprenons.

Tout le monde connaît la théorie des 17 secondes sur le Kid A de Radiohead. Si, tout le monde. Même toi. Aujourd’hui, nous évoquerons plutôt la théorie des 0 secondes sur 9 de Damien Rice.

Elephant et Sleep Don’t Weep sont tous deux en phase avec, respectivement, The Blower’s Daughter et Cold Water sur le premier album de l’Irlandais déprimé. Mélodies semblables, rythmes similaires, dans les deux cas l’association des deux titres donne un effet de crise de dédoublement de personnalité du chanteur, dont les deux hémisphères vocaux décident de chanter chacun un truc en se foutant ouvertement de la gueule de l’autre. Pour le reste, ça fonctionne bien, sauf quand Lisa Hannigan intervient dans The Blower’s Daughter, ce qui indique bien que Rice avait manigancé longtemps avant leur rupture artistique de mars 2007 ce stratagème visant à la discréditer en lui taillant un beau costard de grain de sable venant foutre la merde dans ses manipulation inter-discographiques intimes au cas où leur relation musicale arriverait à son terme, ce qui relève du plus pur machiavélisme. Mais là où ça devient intéressant, c’est que Rice nous avait prévenus dès 2003 en intitulant son premier album O, qui peut également se lire 0, soit la valeur exacte à la seconde près du décalage qu’il faut donner au second morceau par rapport au premier pour obtenir l’effet désiré. De là, on peut s’interroger sur la signification du titre de son deuxième album, 9, quant à sa signification mathématique ainsi qu’à l’incidence de cette dernière sur les bidouilles qu’il nous faudra mettre en œuvre lors de la sortie de son troisième disque :

  • Décalage de neuf secondes entre les morceaux : classique, déjà fait, ça fait trop resucée de Radiohead, à oublier de suite.
  • Décalage de neuf ans entre les albums : là, ça devient intéressant dans la mesure où ce délai de neuf années entre l’écoute des deux disques donne des airs de petit rituel à la chose ; on a subitement envie de s’écouter le deuxième entre potes, puis de se fixer rendez-vous dans 9 ans sur une place honorant des hommes de haute taille pour s’écouter le troisième en se racontant la vie après le lycée. C’est original, personne d’autre n’y a pensé avant, sinon “The Spaghetti Incident?” se serait intitulé 14.
  • Inversion du troisième disque : 9 est un chiffre sympa qu’on a souvent envie d’associer à son alter-ego 6 pour d’élémentaires raisons de ying-yang. On peut ainsi déduire, et c’est là un scoop, que le prochain Damien Rice sera livré à l’envers et uniquement en vinyle, qu’il faudra bricoler nos vieilles platines pour inverser leur sens de rotation et que ce n’est qu’en jouant les deux albums simultanément dans cette configuration qu’on pourra en profiter. Il y a de quoi se demander où seront placés les messages sataniques au sein du nouvel album ― depuis Black Sabbath, on trouve dans TOUS les albums des messages à caractère satanique, même dans le BB Brunes ― mais le concept n’en est pas moins révolutionnaire, je vois déjà la maison de disque vanter le truc en clamant partout que Rice a fait du neuf avec son 9.

Ah, j’ai failli oublier les MP3 schizophrènes :

  • Elephant / The Blower’s Daughter
  • Sleep Don’t Weep / Cold Water
  • Évidemment, d’aucuns me rétorqueront que « de toutes façons, même en mélangeant n’importe quoi avec n’importe quoi, on obtient toujours de la musique, c’est complètement débile ton truc. » Pour ceux-là, je conclurai sur un mariage consanguin de Kyo et d’Empyr :

    2 /Edit : Ah tiens si, il est revenu en ligne. C’est con, mon texte est déjà tapé.

    1 Fichtre, cette dernière phrase me donne une folle idée de dessin.

2007 en… #5.

Dimanche 30 décembre 2007

Présentent

2007 en 10 titres de déchirage mortel grave qui tuent méchant


La Cigale, Paris, 11 novembre.

Tout ça pour dire que 2007 aura décidément été une bien belle année.

      1. Editors – An End Has A Start
      2. Arcade Fire Keep The Car Running
      3. The White Stripes Icky Thump
      4. The Wombats Let’s Dance To Joy Division
      5. Arcade Fire My Body Is A Cage
      6. Black Rebel Motorcycle Club Weapon Of Choice
      7. Foo Fighters The Pretender
      8. PJ Harvey White Chalk
      9. I’m From Barcelona The Painter
      10. PJ Harvey Silence

avec

 

2006 en 10 titres youpi les oreilles

      1. The Raconteurs – Intimate Secretary
      2. Muse – Knights Of Cydonia
      3. Secret Machines – Lightning Blue Eyes
      4. Mademoiselle K – Final
      5. Damien Rice – Rootless Tree
      6. Arctic Monkeys – I Bet That You Look Good On The Dancefloor
      7. Calexico – Deep Down
      8. Wolfmother – Woman
      9. Archive – Lights
      10. Isobel Campbell & Mark Lanegan – Revolver

1997 en 5 morceaux qui ah ça non ça nous rajeunit pas ça ma bonne dame

      1. Pearl Jam Leash
      2. Paul Westerberg Stain Your Blood
      3. Oasis – D’You Know What I Mean
      4. The CranberriesThe Rebels
      5. Smashing PumpkinsJellybelly

2007 en… #4.

Samedi 29 décembre 2007
 

Présentent

2007 en 10 albums dingues de trop l’éclate puissante qui fouette

On se la fait en décompte histoire de se la péter Miss France.

10 ― Radiohead – In Rainbows

Un de mes plus proches amis le dit en octobre bien mieux que moi, « In Rainbows ne DEVAIT pas être le plus bel enregistrement de Radiohead, tout simplement parce que la façon dont il a été sorti éclipserait son potentiel : bref, ce serait se tirer une balle dans le pied. » Et il est vrai que la forme fut mise bien en avant du fond. Pressenti depuis 2006, les rumeurs faisant part de sessions laborieuses dans lesquelles le groupe procastinait de bon cœur dans toute les directions, ce 7e album ne s’annonçait pas avant 2008. Pourtant, Radiohead pris tout le monde à froid en annonçant sa sortie dix jours à l’avance en téléchargement à prix fixé par le client, provoquant une fièvre rare sur le Internet et dans les magazines. L’accalmie rétablie, In Rainbows rentré dans le rang ― on le trouvera dans les bacs lundi ―, que restera-t-il de ce disque ? Une certaine saveur, oui. du 15 Steps, du Bodysnatchers, du Jigsaw Falling Into Place, du Videotape et du Reckoner. Pas leur meilleur album, pourtant. Mais leur premier que j’aurai autant attendu.
 

9 ― Interpol – Our Love To Admire

Qu’on soit clair, ce disque m’a donné une folle envie de faire également un classement des pires pochettes de l’année. Affreusement déçu au premier abord, le planquant au fond de mon étagère comme si j’en voulais personnellement à la bande à Banks d’avoir pondu ça, je l’ai longtemps observé d’un œil torve avant de lui donner sa chance dans le chüffle du MD. Et au final, malgré sa pochette, Our Love To Admire se fond dans le même moule que les deux précédents Interpol : il lui faut de la nuit pluvieuse, des reflets de réverbères et un peu de patience pour qu’il prenne son envol. Pas évidents au début, des titres comme Pioneer To The Falls, Mammoth, Wrecking Ball et The Lighthouse savent se faire aimer. Et bien. Mais sans atteindre le niveau de Turn On The Bright Lights, une fois de plus.
 

8 ― I’m From Barcelona – Let Me Introduce My Friends

Découverte chez feu Vox dans une session d’antologie en janvier, cette troupe de 29 Suédois déjantés a signé là un album de pop réussi de bout en bout, ensoleillé, réjouissant et optimiste. Certes moins dingues que leurs concerts, leur Let Me Introduce My Friends est idéal pour commencer une journée sous les meilleurs auspices, réveillant d’un coup et lançant sur les rails comme il faut. Pas étonnant que le titre d’ouverture soit Oversleeping. Et rien à carrer qu’il soit sorti en 2006. Il m’a sauvé plus d’un matin de 2007.
 

7 ― The Wombats – The Wombats Proudly Present: A Guide To Love, Loss And Desperation

Remarqué au hasard d’une soirée bar, enquillé à hautes doses pendant un voyage-éclair à Liverpool, pas loin de se retrouver sur le Internet de ma faute, … A Guide To Love, Loss And Desperation est aussi percutant que pouvait l’être Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not d’Arctic Monkeys, avec un nom aussi long, la même fougue juvénile, mais sans les têtes à baffes, ce qui est pas plus mal. Porté à bout de bras par son torride single Let’s Dance To Joy Division, l’album présente d’autres belles promesses. « Difficile de dire si les Wombats iront loin, mais on peut déjà crier au brillant coup d’essai. », pensais-je en octobre. Je persiste et signe.

 

6 ― Black Rebel Motorcycle Club – Baby 81

Pas qu’il fut pourri, non, mais il y en eut 5 de mieux. Comme Our Love To Admire, Baby 81 me déçoit à la première écoute, s’inscrivant dans ma longue liste d’albums bien mais pas top. Le problème, c’est qu’à essayer de se mettre à mi-chemin de la merveille blues-folk Howl et de leur Take Them On… On Your Own forgé dans le cambouis, il est difficile de faire aussi bien que l’un ou l’autre. Cela n’empêche pas le monstrueux Weapon Of Choice de faire mouche du premier coup, l’explosif Need Some Air d’arracher la gueule et le sémillant Berlin de laisser en suspens la question de savoir ce qu’il a bien pu arriver à la révolution. Plus tard dans l’année, je cède enfin au lancinant American X, tout en lourdeur rampante mais puissant dans sa lenteur. Pas leur meilleur album du club, on s’en doute bien, Baby 81 ne se pose pas non plus comme le honteux mouton blanc de leur discographie tellement noire. Et fait languir pour la suite.
 

5 ― Kings Of Leon – Because Of The Times

Because Of The Times, ou la fratrie Followill passant au rang de grand groupe après 2 albums prometteurs. Un peu plus sombre mais toujours empreint d’années 70 plus éternelles que jamais, le troisième effort des Rois du Léon est leur plus beau à ce jour, une épatante suite de compos éclairées, spleeniennes et rageuses, invitant à brûler l’asphalte ou rester là, vautré sur une terrasse du Tenessee à écouter un soleil pesant. Encore, encore.
 

4 ― PJ Harvey – White Chalk

In Rainbows mis à part, le contre-pied de l’année, c’est là qu’on le trouve. Partie en 2004 sur un Uh Huh Her éraillé qu’on aurait cru sorti à l’état de démo tellement il était rèche, PJ Harvey est revenue dans un disque intime, presque entièrement au piano à l’exception de sa plage titulaire que soutiennent trois accords folk. Survolant l’ensemble d’une voix subitement haut perchée, Harvey parcourt son disque comme dans un rêve de petite fille, peut-être celle qu’elle fut. « La PJ Harvey version White Chalk préfère la douceur du dépouillement à la rugosité du décharnement affichée dans Uh Huh Her. On n’écorche pas, ici, on effeuille en douceur. », notais-je en septembre. Et en effet, à chaque couche qui s’envole, c’est un bout d’intimité qui se montre. White Chalk est à l’opposé d’Uh Huh Her, mais c’est surtout son double complémentaire, comme un ying qui s’est trouvé son yang. Un cycle s’achève.
 

3 ― The White Stripes – Icky Thump

Je me souviens m’être demandé à l’époque si ce serait l’album de l’année. Finalement, non. Cela n’empêche pas les White Stripes d’avoir ― une fois de plus ― livré un disque affreusement bon, éclaboussé d’une giclée de rage, largement meilleur que Get Behind Me Satan et toujours aussi fidèle à ce qui fait leur essence. Entre The White Stripes et Icky Thump, la formule est la même, la production de Jim Diamond ayant laissé la place à un son plus gras, et les cornemuses et trompettes s’étant invitées comme squatteurs inattendus. Malgré cette constance, impossible de se lasser. Tout ce que touche Jack White se change décidément en or.
 

2 ― Editors – An End Has A Start

Quand Editors ont débarqués en 2005, malgré un bon The Back Room devancé par le corrosif Bullets, je ne pouvais que les voir comme un sous-Interpol. 2007 s’achève avec la cruelle sensation qu’Interpol est devenu un sous-Editors. An End Has A Start est énormissime, génialement composé et finement interprêté. Entre When Angers Shows, The Racing Rats, An End Has A Start, Smokers Outside The Hospital Door, impossible de choisir. Et de se repasser l’album entier, vite avant que ceux-là ne deviennent aussi gros que Coldplay et perdent toute leur magie.
 

1 ― Arcade Fire – Neon Bible

Promis, demain j’arrête avec Arcade Fire. Arrêter avec Neon Bible, c’est juste trop dur. Ma rencontre avec l’album s’est faite pour ainsi dire sur scène le 30 janvier, au cœur de deux journées londoniennes passées à l’écouter en boucle, entre les rues de Londres et la suite cossue du dernier étage d’un hôtel en bord de Tamise, à mater la Battlesea Station sous un froid soleil d’hiver, fumant des clopes sur le pieu pendant que jouait Building Downtown (Antichrist Television Blues) pour la 14e fois de la journée. Après ces deux jours, je préférais me mettre à l’écart de l’album, comme écœuré, avant de finir par me repencher dessus pour la chronique. Derrière, il ne me lâchera plus. Entre mes courses de métro, un enterrement, un mariage, deux festivals boueux et jusque dans le froid de l’hiver, il restera là, dans mes oreilles, pour toujours lié à 2007. Et de se repasser l’album entier, vite avant que ceux-là deviennent aussi gros que U2 et chopent leur hyperencéphale chronique.

« Et c’est auréolé de gloire, adoubé par les plus grands, porté unanimement aux nues qu’Arcade Fire s’évanouit un soir de décembre 2005, après être passé en un an de l’anonymat indie à la reconnaissance mondiale, des fonds de blogs aux couves des Inrocks, des clubs montréalais aux première parties de U2. Le temps de digérer tout ça, d’investir une église de la campagne québécoise, d’enregistrer des morceaux entre New York et Budapest, sous une pluie battante ou à l’arrière d’un taxi, nous voilà un an plus tard et Arcade Fire remet le couvert. À des lieues de Funeral, Neon Bible frappe d’emblée par son atmosphère bien plus sombre, ce climat orageux qui couve sourdement, grondant sous les glissements glauques de la voix de Win Butler. Contrastant avec la froideur de Black Mirror, Neon Bible ou Ocean Of Noise, Arcade Fire s’illumine ― mais garde de sa réserve ― dans les envolées lyriques de Keep The Car Running, rythmé comme un gospel, ensoleillé comme une route ontarienne, la hargne de No Car Go, la jouissance valsée d’Intervention, le brin de folie de The Well And The Lighthouse. On sent Joy Division sur Black Wave et No Cars Go, Bruce Springsteen sur Building Downtown (Antichrist Television Blues), Radiohead dans Ocean Of Noise, le tout emballé dans des ambiances méticuleusement fignolées, dignes de musiques de film. Lorsque My Body Is A Cage ― somptueux solo dépressif chutant dans un abîme de grandes orgues tendues ― s’achève, on ne peut que conclure que, s’il prend le contre-pied de Funeral, Neon Bible n’en est pas moins la réussite que l’on ne pouvait qu’attendre d’Arcade Fire. Chapeau bas. »

février 2007

Bande-son : Arcade FireMy Body Is A Cage

2006 en 10 galettes qui pètent

      1. The Raconteurs – Broken Boys Soldiers
      2. Damien Rice 9
      3. Placebo Meds
        Secret Machines Ten Silver Drops
        Thom Yorke The Eraser
      1. Isobel Campbell & Mark Lanegan Ballad Of The Broken Seas
      2. Arctic Monkeys Whatever People Think I Am, That’s What I’m Not
        Muse Black Holes And Revelations
      1. Ben Kweller Ben Kweller
      2. The Duke Spirit Cuts Across The Land

1997 en 5 disques de taré qui disjoign(èr)ent vilain

[ou pas]

      1. Pearl Jam Vs.
      2. Oasis Definitely Maybe
      3. Texas White On Blonde
      4. Paul Westerberg Eventually
      5. The CranberriesTo The Faithfull Departed

2007 en… #3.

Vendredi 28 décembre 2007

Présentent

2007 en 10 concerts live en public qui meutrirent méchant je te dis pas comment

Était-ce l’atmosphère du 3e soir d’un festival passé entre les gouttes, pliant finalement sous la menace de l’orage qui grondait, ou plutôt l’excitation palpable dans la troupe de photographes massée devant la grille de la fosse au pied de la grande scène1 ? Préparant une dernière fois leurs boîtiers, flottant dans une ambiance de dernier cours avant les vacances, alors que retombait la fatigue de trois jours de galopades incessantes entre scènes et de trois nuits raccourcies par les veilles tardives devant le PC, le troupeau était fébrile. La foule elle-même, derrière nous, semblait nerveuse, prête à jeter ses dernières forces dans l’ultime bataille. L’entrée en scène d’Arcade Fire, sonnant le réveil des troupes, vit également, à cet instant précis des premières notes de Win Butler sur sa mandoline, le vent se lever comme pour grossir le trait du drame de la situation. Les idées pas très claires, distrait par le Keep The Car Running venteux qui se jouait au-dessus de moi ainsi que par les caprices de mon boîtier tout neuf subitement en grève, pas aidé par les néons verticaux jalonnant la scène, je pondrai une série assez pourrie. C’est la vie. On ne peut pas toujours tout avoir.

Le vent qui se levait se changea vite en tempête. Coup de chance, la pluie attendit le 4e titre pour surgir, alors que le fotoapparat était déjà dans le sac. je passai l’heure suivante le nez collé derrière une grille, dégoulinant de mèches trempées, à regarder les Canadiens prendre une envergure impressionnante, U2 en devenir, aspirants-Coldplay, rattrapant ce second Olympia manqué en mars et sublimant leurs titres devant 30 000 personnes noyées mais heureuses. Haïti chaloupé, Intervention grandiloquent, le set atteignit son apogée sur un enchaînement Neighbourhood #3 (Power Out) / Rebellions (Lies) rutilant dans le déluge, foutant la foule à genoux, libérant les fourmis de mes jambes. Le rappel, je le suivis de loin. On était à la bourre de 10 minutes, déjà, et il fallait choper la navette qui redescendait sur Belfort. 15 minutes d’exode sous le déluge, à porter mon sac et celui de Marionre, dont les petites jambes suivaient difficilement les miennes. Au loin dans la plaine, résonnaient encore les coups d’un Wake Up dantesque concluant2 un concert qui, par son ambiance, sa tempête et cet espèce de drôle de sentiment mêlé de travail bien fait et d’adieux pour un an aux sandwiches à la raclette, reste le souvenir live le plus marquant de cette année, plus que la fête garage du Zénith des Stripes en juin, plus même que l’heure passée dans l’intimité d’une PJ Harvey toute en mousseline chez Canal + en septembre. C’est pas peu dire.

        1. Arcade Fire @ les Eurockéennes, Belfort, 1er juillet
        2. The White Stripes @ le Zénith, Paris, 11 juin
        3. PJ Harvey @ Canal +, Paris, 11 septembre
        4. Black Rebel Motorcycle Club @ l’Élysée-Montmartre, Paris, 20 novembre
        5. I’m From Barcelona @ les Eurockéennes, Belfort, 30 juin
        6. The Wombats @ Royal Daffodil, Liverpool, 18 octobre
        7. Muse @ Parc des Princes, Paris, 23 juin
        8. Editors @ la Cigale, Paris, 11 novembre
        9. Damien Rice @ le Grand Rex, Paris, 19 mars
        10. The Datsuns @ la Maroquinerie, Paris, 7 février

Bande-son : Arcade FireNo Cars Go (live les Eurockéennes, Belfort, 1er juillet 2007)

_____

1 Note pour plus tard : penser à faire une note sur les cocasses aventures qu’engendre un passe photo aux Eurockéennes.

2 Pour des raisons qui ne regardent que lui, l’auteur a délibérément omis d’évoquer le Black Mirror qui acheva le show.

avec

2006 en 5 concerts vache de la folie qui défoncèrent tout, waw

        1. Muse @ POP Bercy, Paris, 14 décembre
        2. The Raconteurs @ Rock en Seine, Paris, 25 août
        3. Radiohead @ Rock en Seine, Paris, 26 août
        4. Pearl Jam @ POP Bercy, Paris, 11 septembre
        5. Secret Machines + Living Things @ la Maroquinerie, Paris, 30 mai

1997 en 5 riens du tout

        1. Rien du tout.

Bloc Party.

Lundi 3 décembre 2007


Bloc Party, le Zénith, 12 novembre.

Y’a quand même des jours où, même si tu y est entré grave à la bourre, tu ressors de la fosse photo dans l’allégresse et la folle envie de rouler des pelles au chanteur, au public, à tout le groupe et surtout, surtout l’éclairagiste qui, avec le boulot de poney qu’il a abattu, t’a assuré de pondre une des meilleures séries de ta vie. Et là, tu vois, tout va subitement bien.

Bande-son : Damien RiceBe My Husband (Lisa Hannigan) (live)

Assises bonnes en gare¹.

Mercredi 6 juin 2007


George Bush Intercontinental Airport, Houston, 27 avril.

Jacques et Marguerite de la Blanche Bande ont révélé le nom du chansonnier qui se produira en ouverture du bal qu’ils donneront lundi au dancing « le Zénith », à Paris XIX. Il s’agit d’un certain Mr. David Viner, un Anglais jusque là inconnu malgré déjà deux 33 tours à son actif.

Pfff, j’aurais quand même préféré les Paybacks, moi.

Bande-son : Damien Rice9 Crimes

1 Désolé.

Trie c’te cire.

Jeudi 29 mars 2007


Le Grand Rex, Paris, 19 mars.

So raise a cheer,
To those forgotten years
Back to the corner where we went our separate ways.

Bande-son : Flogging MollyThe Wanderlust (acoustic)

Cafard n’a homme.

Mercredi 28 mars 2007


Le Grand Rex, Paris, 19 mars.

“All my fears will come to me in dreams
Maybe the end ain’t as far as it seems
Not yet revived but not yet mourned
Not quite denied just not yet born.

Bande-son : The VeilsNot Yet

Damien Rice @ le Grand Rex, Paris.

Mardi 20 mars 2007

Après des Magic Numbers joyeux comme des Bisounours pop, Damien Rice démarre en douceur avec The Professor / La Fille Danse, seul dans la pénombre de bougies à la vanille. Rejoint par la violoncelliste Vyvienne Long pour Older Chest puis par le reste du groupe ― moins Lisa Hannigan, disparue depuis Munich, 3 jours avant ― pour Volcano, l’Irlandais livre une version au piano douce (mais molle) de Rootless Tree et un Canonball en solo sans micro, avant de passer en mode full-patate sur Coconut Skin, terminé dans un trip percu de boîte à chaussures s’éternisant dans Woman Like A Man. Palliant l’absence d’Hannigan par une présence scénique sur tous les fronts, Rice envoie The Blower’s Daughter, laisse la place à Vyvienne Long et une de ses compos persos (Random Man On The Motorway), revient pour Delicate, évoque en français sa puberté (« quand les garçons changent ils ont un nouveau ami dans leur corps, j’ai passé beaucoup de temps avec cet ami ») pour introduire Me, My Yoke, And I et se casse derrière I Remember sous des cris de « Rice président !». En guise de rappel, le songwriter chatouille Brel (Fool) agrémenté d’un final en fanfare tzigane, assure 9 Crimes seul, invite les Magic Numbers à reprendre I Shall Be Released de Dylan et improvise un apéro clope et vinasse-cul-sec où tout le monde trinque sous les Il est des nôtres de la salle. Cheers Darlin’, déchiré dans tous les sens du terme ― Rice feignant de tituber sur scène ― termine le set avant un second rappel d’Animals Were Gone et de Sleep Don’t Weep, dédié à Hannigan, dont la présence aurait fait de l’excellente prestation du chanteur un concert parfait du duo. Rattrapage le 4 juillet à l’Olympia.

Bande-son : Damien Rice The Rat Within The Grain

Me ne râle aux geeks.

Samedi 3 février 2007


City Inn Hotel, Londres, 30 janvier.

Bande-son : Damien Rice ― Coconut Skins

2006 en… #4.

Vendredi 29 décembre 2006

Présentent

2006 en 10 titres de déchirage mortel grave qui tuent méchant

 
Brendan Benson trouve Jack White vachement beau, Rock en Seine, 25 août.

[Nan mais sérieux, je suis vraiment pas une groupie]

      1. The Raconteurs – Intimate Secretary
      2. Muse – Knights Of Cydonia
      3. Secret Machines – Lightning Blue Eyes
      4. Mademoiselle K – Final
      5. Damien Rice – Rootless Tree
      6. Arctic Monkeys – I Bet That You Look Good On The Dancefloor
      7. Calexico – Deep Down
      8. Wolfmother – Woman
      9. Archive – Lights
      10. Isobel Campbell & Mark Lanegan – Revolver

avec

2005 en 5 titres youpi les oreilles1

      1. Black Rebel Motorcycle Club – Fault Line
      2. The White Stripes – Little Ghost
      3. The Arcade Fire – Rebellion (Lies)
      4. Secret Machines – You Are Chains
      5. The Hard Lessons – Milk And Sugar

1996 en 5 morceaux qui ah ça non ça nous rajeunit pas ça ma bonne dame

      1. Pearl Jam – Habit
      2. Sepultura – Ratamahatta
      3. Depeche Mode – Death’s Door
      4. Smashing Pumpkins – Tales From A Scorched Earth
      5. K’s Choice – Not An Addict

_____

1 Ça devient dur de trouver des superlatifs, là.

2006 en… #3.

Vendredi 29 décembre 2006

Présentent

2006 en 10 albums dingues de trop l’éclate puissante qui fouette

 
Jack White est beau, Rock en Seine, Paris, 25 août.

Et je ne suis pas une groupie.

      1. The Raconteurs – Broken Boys Soldiers
      2. Damien Rice 9
      3. Placebo Meds
        Secret Machines Ten Silver Drops
        Thom Yorke The Eraser
      1. Isobel Campbell & Mark Lanegan Ballad Of The Broken Seas
      2. Arctic Monkeys Whatever People Think I Am, That’s What I’m Not
        Muse Black Holes And Revelations
      1. Ben Kweller Ben Kweller
      2. The Duke Spirit Cuts Across The Land

avec

2005 en 5 galettes qui pètent

      1. The White Stripes – Get Behind Me Satan1
      2. Black Rebel Motorcycle Club Howl
      3. The Arcade Fire Funeral
      4. The Warlocks Surgery
      5. Little Barrie Little Barrie

1996 en 5 disques de taré qui disjoign(èr)ent vilain

      1. Pearl Jam No Code
      2. Sepultura Roots
      3. Smashing Pumpkins Melon Collie And The Infinite Sadness
      4. Led Zeppelin Remasters2
      5. Alanis Morissette Jagged Little Pill

Bande-son : The Raconteurs ― Call It A Day (live XFM, Mar. 29th, 2006)
_____

1 Et c’est en mettant le classement 2006 à côté du classement 2005 que je réalise qu’en fait oui, je suis définitivement une groupie.

2 On découvre Led Zeppelin l’année qu’on peut, aussi, hein.

Jude @ le Point Éphémère, Paris.

Mardi 21 novembre 2006

Bande-son : Damien Rice ― Me, My Yoke & I

Razorlight @ le Nouveau Casino, Paris.

Mardi 14 novembre 2006

Oui, c’était chouette. À la bourre suite à la fin tardive de leur passage au Grand journal de Canal, Razorlight saute directement du taxi sur la scène du Nouveau Casino, attaque sur le simple, In The Morning, puis enchaîne des titres de ses deux albums. Johnny Borrell, pantalon blanc et T-shirt échancré assorti, se donne de faux airs de Bowie, ça slame violemment ici et là, America me fait décidément des trucs. Razorlight se casse après un In The City à deux vitesses bien senti et tape en rappel Fall, Fall, Fall (par un Borrell tout d’abord seul), Stumble & Fall puis Somewhere Else1, qui contente tout le monde, moi y compris2. Le truc est passé en direct sur Oüi FM, je crois.

Sinon, happy Damien Rice Day. Vous pouvez écouter 9 en intégralité chez Warner, trop de la sphère. Pour fêter ça je vous poste la face B du simple, Nine Crimes, tiens.

Et si vous n’aimez pas Damien Rice, il vous reste Ben Kweller et ses home-vidéos avec la guitoune de Pierre Guimard3.

Et si vous n’aimez pas Pierre Guimard non plus, il vous reste toujours Europe, hein. Mais là je vous laisse chercher vous-même.

Bande-son : Damien Rice ― The Rat Within The Grain

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1 Remarquez que cette fois-ci, j’ai bien noté tous les titres du rappel.

2 Je précise, pour ceux qui pensent que je me suis faich’ grave pendant une heure.

3 Une vidéo qui prouve que Pierre Guimard peut parfois servir à quelquechose. Surtout quand il donne sa guitare à quelqu’un et n’y touche plus.

Dionysos wsg Synfonietta de Belfort @ le Zénith, Paris.

Dimanche 29 octobre 2006

Tu prends le Zénith, tu le retournes et tu t’en vas. Groupe déchaîné comme à son habitude, 150 cm de son leader furieusement fidèle à lui-même, le tout soutenu par les 60 musiciens de la Synfonietta de Belfort déjà présents aux Eurockéennes, mais sans les écureuils-mangeurs-de-fils qui y avaient gâché la fête. Yukulélé braillard, Monstres amoureux, Tes Lacets Sont Des Fées cette fois-ci en entier, finales de coupe du monde rejouées et remportées dans les arrêts de jeu sur des buts de Taggel le Chat, Neige frissonnante, John McEnroe envolé et un Jedi final marqué par le slam traditionnel du Malzieu, luttant pour avancer tant les premiers rangs veulent se le garder, héroïque de la scène jusqu’au mur du fond, tout là-haut, « là où sont assis les vieux et les invités », avant de balancer à son retour, pêle-mêle, le chef d’orchestre et une bonne dizaine de musiciens de la Synfonietta dans la mer de bras déchaînées.

Waw.

Ces gens là ne savent décidément pas faire de concerts autres qu’Époustouflants. Le tout sortira en DVD, à pas louper.

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Bande-son : Damien Rice ― Rootless Tree