
Gare de Lyon, Paris, 4 octobre.
Bande-son : The Kills – Getting Down
Je suis très horloges en ce moment, moi.

Gare de Lyon, Paris, 4 octobre.
Bande-son : The Kills – Getting Down
Je suis très horloges en ce moment, moi.

Gare de Lyon, Paris, 4 octobre.
Bande-son : Interpol – The Lighthouse
C’est ach’te bien les radios de djeunzes qui aiment le rock et roll, mais alors quand elles te réveillent le lundi matin en te souhaitant de bonnes vacances de la Toussaint, tout de suite, c’est beaucoup moins marrant.

Salut.
Je ne suis même pas sûr que tu recevras cette lettre. Là d’où je t’écris, Retour vers le futur est sorti depuis 23 ans, et on n’a toujours pas vu l’ombre d’une De Lorean volante, ce qui me fait sérieusement douter sur la véracité des théories du professeur Brown. Mais en supposant que, tu devrais lire ces lignes le dimanche 21 février 1993 vers 14h30, soit juste après avoir reçu le Live After Death en cadeau d’anniversaire pour tes 15 piges.
C’est ton deuxième CD de Maiden après le maxi Run To The Hills / The Number Of The Beast. Tu ne connais encore pas grand-chose à leur discographie, alors tu choisis les disques en fonction de la pochette. Le Live After Death t’a sauté aux yeux avec ses jolis tons, sa tombe et sa foudre. Je ne t’en voudrai pas, je l’ai moi-même eu en drapeau au-dessus de mon lit pendant des années. D’autant plus que le hasard a bien fait les choses : c’est un live ― tu fais anglais seconde langue, je sais que le jeu de mots du titre t’a échappé ― qui réunit l’essentiel de la discographie 1980-1984 du groupe, l’idéal pour aborder son histoire.
Ce CD que tu tiens, c’est une de mes références de jeunesse. Je devais être à peine plus vieux que toi quand je l’ai racheté en double vinyle et que je suis vite allé choper une cassette de 120 minutes au Prisunic pour le copier dessus parce que « le vinyle, c’est plus cool. » Grand bien m’en prit parce que sur la face 3, on trouve une surprise. Je ne t’en dis pas plus, ça gâcherait tout. Va plutôt l’acheter et fais la même chose. Écoute-le en boucle, ça te fera une bonne bande-son de lycée, ça te poussera à acheter le reste de la discographie et le jour où tu t’achèteras des intercalaires à CD, ce sera le I qui sera le plus blindé. Comme je sais que tous les lives que tu achèteras te feront rêver de 8 au 12 octobre 1984 à Long Beach, de 22 août 1992 à Donington et de 5 septembre 1992 à la Grande Halle de la Villette, je te promets de t’emmener les voir en vrai. Cela ne se fera pas sans mal d’autant plus que, il faut que je te le dise, Bruce Dickinson annoncera dans un mois qu’il quitte le groupe. Il reviendra, bien sûr, parce qu’on ne se défait jamais de ses premières amours, mais ça mettra le temps. On se fera quand même un Zénith avec un faux chanteur tous les deux le 16 novembre 1995, avant de retrouver un line-up plus tangible le 28 novembre 2006 dans un Bercy décevant mais la vraie soirée, celle que je me suis promis de t’offrir, il faudra attendre le 1er juillet 2008. Je sais que c’est loin, tu auras changé d’ici là, partant vers de nouveaux horizons musicaux aux groupes dont les membres ne se connaissent même pas à l’heure où tu lis ces lignes, mais je suis certain que tu trouveras ton compte dans ce Bercy blindé et suant, scandant les « Maiden! *clap clap clap* » de ton futur présent d’ici là passé, à regarder toute l’équipe technique monter sur scène pour Heaven Can Wait comme dans la VHS de Donington, voir craquer les rampes de spots comme un bateau sans âme sur cet interminable Rime Of The Ancient Mariner que tu aura si souvent imaginé et distinguer cet impressionnant Eddie hanter le fond de scène sur Iron Maiden. Ils auront bien sûr vieilli d’ici là, Dickinson passera les solos en coulisses et courra moins vite, sa voix ira toujours aussi haut mais moins longtemps, Gers lancera sa guitare moins haut et Murray accusera un embonpoint édifiant, mais la limite ne sera pas encore atteinte. Nous n’en serons pas loin, mais pas encore là : McBrain explosera encore sa batterie en mugissant dans son micro, Harris fera toujours d’impressionnantes démonstrations de résistance au torticolis et de manière générale, ce sera le show mortel que tu veux. En revanche tu risques de ne pas aimer le rappel, bâclé entre Moonchild et The Clairvoyant, rattrapé par ton Hallowed Be Thy Name fétiche mais ruiné par un départ définitif sans le final que tu espères. Dans le métro tu me parleras de gâchis, tu me soutiendras que ce n’était pas le concert définitif synonyme de bouclage de boucle que tu voulais à cause de cette fin en eau de boudin, mais je te répondrai simplement que non, qu’à la limite je peux te poster un Running Free cuvée 1992 sur ton journal électronique pour te consoler, mais que c’est terminé, on passe à autre chose. Tu vois, je n’ai pas envie de recevoir de lettre datée du 2 juillet 2027 m’accusant de ne pas avoir été assez ferme et qu’à cause de mes conneries, une certaine personne de cinquante ans se sent aussi beauf qu’un fan de Johnny rempilant pour son cinquième stade de France. Ça va te sembler brutal, mais aujourd’hui j’arrête.
À moins que la prochaine fois je chope un passe photo.
Ça te fera un joli poster pour ta chambre.
Prends soin de toi et à bientôt,
Iron Maiden – Running Free (live at Donington, August 22nd, 1992)

Pour une fois que l’étoile rouge est déjà sur la photo, autant en profiter, hein.
Bande-son : The White Stripes – Who’s To Say (Blanche cover)1
_____
1 Puisqu’Icky Thump n’en finit pas de ne pas fuir sur Internet, à 3 semaines à peine de la sortie de l’album (ce qui constitue un réel exploit moderne), rabattons-nous sur les vieux trucs en attendant.

Gare de Lyon, Paris, 10 avril.
From the grave to the skies.
Have a nice week. Love each other. Life’s too short.
Und jetzt, nach Texas.
Bande-son : Arcade Fire – Intervention

[Décidément ça devient une habitude.]
À peine commencent-ils Take A Bow que les 17 000 d’en face sautent déjà sur place. Les lumières s’allument et s’éteignent sur la salle, montrant un océan de bras, une marée humaine qui ne se calme que rarement, le temps d’un City Of Delusion ou Forced In, mal accueillis par rapport au reste. Supermassive Black Hole et Starlight ? On attend que ça passe. New Born et Map Of The Problematique, on s’énerve déjà plus. On passe d’un coup du show rock au concert classique quand surgit le piano du Nil de Butterflies And Hurricanes au bout des doigts d’un Bellamy esseulé d’un seul spot, la caméra en gros plan sur ses doigts.
Instant.
Retour à la fureur. Concours de perçage de ballons sur Bliss, qui s’éternise, continue bien après le titre, Bellamy dort sur son piano en attendant, puis s’éveille et joue un air de cirque pendant que s’égrènent les baudruches. 5, 4, 3, Wolstenhome en explose un d’un coup de basse, laissant une flaque de paillettes rouges sur la scène. Dernier ballon. Ovation. Feeling Good au piano. Howard demande qu’on allume briquets et téléphones, Bercy dans un espace magique d’étoiles oranges et bleues pour Invincible. Time Is Running Out est un retour sur Terre violent, Plug In Baby est encore pire. Rideau. Rappel. Boire une de ses larmes sur Sunburn. Hysteria bien nommé, impro en flammes, Stockholm Syndrome sublimé terminé à la hache, blackout et deuxième rappel galopant de Knights Of Cydonia, extatique, putain, excitation collective et karaoke géant, explosion de fumigènes.
fini.
Sortir de Bercy, remonter vers Gare de Lyon en continuant le concert à la guitare en carton, rentrer chez soi en pensant que finalement Black Holes And Revelations n’est pas un album mais un maxi-single de Knights Of Cydonia précédé de 10 faces B et, en revoyant Bellamy terminer Stockholm Syndrome dans une impro de guitar-hero, irisé dans le contre-jour bleu nuit d’un spot du fond de scène, en gros-plan sur l’écran géant, en venir à l’évidence : ce mec finira par ne plus faire que des stades, parce que son groupe et lui sont taillés pour ça. Et c’est tant mieux.
Bande-son : Muse ― Knights Of Cydonia (live Canal +, 9 juin 2006)

Opéra Bastille, Paris, 26 novembre.
bande-son
écoute
“I am tired, I am weary
I could sleep for a thousand years
A thousand dreams that would awake me
Different colors made of tears.”
T’as chanté ça au bar du lycée toute ton année de première durant et tu l’avais complètement oublié ; En 4 vers et 12 secondes, c’est toute une partie de toi-même enterrée depuis des lustres qui ressuscite et te tombe dessus comme si tu la croisais au supermarché du coin.
― « Salut, moi. Je deviens quoi ? »
Bande-son : Velvet Underground ― Venus In Furs (Scepter studio, April 1966)
/Edit: Et pendant ce temps, on s’amuse chez les Belges.

[Note pour plus tard : à l'avenir, préférer Canon à Nokia pour les photos.]
Pourtant j’ai arrêté Maiden y a longtemps. Ça m’avait duré quelques années avant que je finisse par laisser tomber en 97 et l’affreux Virtual XI. Mais là, avec Dickinson de retour aux affaires, je me le devais. Enfin non. Je le devais à celui que je fus. Celui que je fus en 1995, à qui je repense en voyant mes voisins, le père et le fils.
Première pensée : Le fils, c’est moi, le père, c’est le mien.
Le père a amené son fils pour lui faire découvrir Maiden.
Deuxième pensée : le père, ce sera moi et le fils, ce sera le mien. Mais alors devant les White Stripes.
On cause un peu. À propos du DVD Metallica qui sort lundi prochain. La sono monte le son pour attirer l’attention vers la scène. Le père s’interroge : « c’est d’eux, ça ? » ― « Non, c’est Doctor, Doctor, des Who, Maiden l’avait reprise en 1995 en face B de Lord Of The Flies ». C’est moi qui viens de dire ça. Le maidenologue enterré il y a 9 ans vient de reprendre les commandes. Pas le temps de s’étonner que là-bas, les lumières s’éteignent.
Different World. Normal, ils commencent par un titre du dernier. These Colours Don’t Run. Brighter Than A Thousand Suns. La moitié de la salle s’impatiente d’entendre autre chose que le nouvel album et à vrai dire moi aussi, un peu. The Pilgrim. 4 à la suite. Et là ça me revient, je l’ai lu la semaine dernière : pour cette tournée, ils ont décidé de jouer l’intégralité de A Matter Of Life And Death, ce que Dickinson confirme en introduisant Out Of The Shadow. Y a des huées au fond de la salle. La moitié de tribunes se rassoie. Moi j’écoute et je vois. Harris, Smith, Murray et Gers alignés, manifestement en plein panard de jouer ensemble. Marrant comme le retour de Smith a aussi rameuté dans le groupe des sonorités spatiales qu’on n’y avait pas vues depuis 1986, au moins. Dickinson est dans son coin, courant d’un bout à l’autre du décor apocalyptique de la scène et jouant avec des projecteurs, la voix toujours à 120 dB. Et ça dure. Le fond de la salle s’emmerde. La fosse, elle, est à fond. Ça va durer 1h15, au bout de laquelle, depuis les ténèbres qui viennent d’engloutir The Legacy, Dickinson lâche un rictus sauvage. Fear Of The Dark.
Et là, Bercy revit.
Les gradins se relèvent, tapent du pied et forment un chœur qui n’y croyait plus. Unanimité retrouvée. Impression bizarre d’entendre enfin en vrai un truc écouté en boucle au siècle dernier. Iron Maiden suit et Iron Maiden se recassent. Réclamation. Ils reviennent. 2 Minutes To Midnight, The Evil That Men Do et surtout, surtout, Hallowed Be Thy Name pour lequel j’aurais pu attendre toutes les heures et quart du monde. Je finis comme j’ai fini à Depeche Mode, à faire des flaques à deux avec moi-même. Là-bas, ils se cassent. Je referme la parenthèse dans la ligne
. Je m’y remettrai pas, mes 37 CD continueront à accumuler la poussière, Jack White est toujours aussi beau, mais voir ça au moins une fois, oui je me le devais à lui-même.
Bande-son : Iron Maiden ― Fear Of The Dark (live Rock In Rio 2000)

Place de la Bastille, Paris, 24 novembre.
Peut-être temps de se remettre au boulot, quand même.
Bande-son : Calexico ― Deep Down (acoustic)

Placebo, POP Bercy, Paris, 2 octobre.
Allez, on va s’y remettre gentiment, va.
Bande-son : The Go! Team ― Huddle Formation
_____
1 Tradition qui assure from cette jeune fille-ci, c’est sûr.

Avenue Lefru-Frollin, Paris, 21 octobre.
Face aux lundis déprimants où la fatigue te submerge de son long voile ténébreux dans les fumerolles de ton café noir, heureusement qu’il te reste le Son du Jour de Couleur 3 du jour, le Vox du Jérôme Colin de la semaine qui devient quotidien du jour, ainsi que ton Photoshop du jour que tu t’es enfin motivé à refaire une nouvelle bordure pour tes photos pour sauver ton début de semaine de ta vie humaine. Yo.
Bande-son : Herman Düne ― I Wish That I Could See You Soon

Rue du Faubourg Saint Antoine, Paris, 13 octobre.
[Pas l'temps pas l'temps pas l'temps.]
Bande-son : Flogging Molly ― Every Dog Has Its Day

Setlist :
Bande-son : Elista ― (J’ai beau tout tester) Je déteste tout

Passage de la Boule Blanche, Paris, 13 juillet.
À la Conférie Naborienne des Amateurs de Panna Cotta,
et en particulier, ses représentantes arpenteuses de rues Saint-Nicolas.
Bande-son : Passengers ― One (live Modena, September 12th, 1995)

Lefru-Frollin, 31 août.
C’est bien, septembre. Septembre, c’est un mois sans accent. Un mois bien pratique quand tu as un clavier qwerty dont le code ascii ALT+150 se prend pour un raccourci clavier back qui t’efface tes notes au lieu de gentiment taper des û2.
Un autre truc bien, c’est la bière. Surtout en pinte. ermet de raconter n’importe quoi sur ton belögue. Même des histoires de codes ASCII. Alors que le code ASCII, ça intéresse personne, sauf les possesseurs francophones de claviers qwerty sans accent3.
Tiens, y a Gros Robert4 à la télé. Il est rigolo, Gros Robert3. Gros Robert4, on dirait un Bisounours® goth. En fait, Gros Robert4, son vrai nom c’est Gothonours.
À part ça, toujours rien.
“Don’t forget to let me books, don’t forget to let me,
Don’t forget to let me books, don’t forget to let me,
And pleaaaaase put some stickers of the Pixies everywhere.”
/EDIT: Patin. Énorme. 500e note. Let’s celebrate.
Bande-Son: Dionysos - Coffin Song (live acoustic)
_____
1 Ahahaha, le jeu de mots de l’année.
2 Tout ça est follement intéressant.
3 Les Québécois ont des claviers qwerty bien mieux conçus que nos clavier azerty à nous, les Français. C’est fou, hein?
4 Smith