Ce nouveau Rois du Léon défonce1 et annonce du beau et bon album pour la rentrée, sisi, je vous l’ai mis en bande-son en guise de preuve.
Lorsque j’étais un naïf bambin de 8 ans, s’amusant de choses simple l’été durant comme, par exemple, découper tous les jours le profil de l’étape du Tour de France dans Téléstar et les coller bout-à-bout pour obtenir « une belle guirlande avec le profil du pays entier2 » que je rangerais ensuite pieusement dans une vieille boîte de pellicule 24×36, je ne me doutais pas que 22 piges plus tard je pourrais refaire ça dans ma presse quotidienne régionale préférée avec le parcours du Tour de l’Ardenne en laie de 50 tonnes3. On vit quand même dans un monde dingue.
1 Même si c’est mal de piquer la ligne de basse du Taste In Mendes copains.
2 Le graphiste de Télé Star s’évertuant d’ailleurs à changer l’échelle du plan TOUS LES JOURS dans le but sournois de pourrir mes projets créatifs, la dite guirlande faisait sacrément la gueule une fois arrivée sur les Champs-Élysées.
3 Qui, contrairement à la rumeur, ne s’appelle pas Brigitte, mais Woinic.
« Faire de la photographie c’est provoquer la chance, » dit souvent Juyette. Provoquer la chance, ça veut dire se condamner à la scoliose du photographe en emportant son fotoapparat partout, faire du principe « si je porte un caleçon, c’est que je porte un appareil photo » un sacerdoce et aller traîner partout où c’est possible, souvent sans raison. Surtout sans raison.
On se bloque une soirée, on se prévoit un vague terrain de chasse et on part l’arpenter sans savoir ce qu’on y trouvera. On peut revenir sans avoir pris de photo, revenir avec une tonne de clichés que l’on ne gardera pas ou revenir après dix bornes de marche sur lesquelles on aura défouraillé que deux fois. Peu importe ce qui arrive, l’essentiel est de donner une chance à l’éventuel de se concrétiser, de hanter la ville jusqu’à échouer au milieu du pont Neuf, de repérer un cadrage, de prendre du recul en traversant la rue, de régler son exposition au cas où un truc dingue se produit et de ne pouvoir s’empêcher de penser que tout ça rendrait fort bien si les touristes se barraient pour ne laisser qu’une ou deux personnes mettre en valeur l’endroit.
Dans ce genre de moment, voir Japonais et voitures évacuer les lieux dans le même mouvement, distinguer une fille sortir de la pénombre aussi sûrement que si elle entrait en scène et investir la place comme si trois coups venaient d’être donnés donne une étrange impression d’avoir lancé un Ça tourne ! télépathique auquel répondent les éléments en s’accordant dans un étange balai de circonstances tombant justement juste, comme ce jour-là, comme s’ils cherchaient à recréer ce jour-ci.
Elle attend. Elle s’approche du lampadaire, le temps d’une seule photo, doublée parce qu’on n’a pas confiance en l’autofocus d’un vieux Sigma qui broute. Elle s’éclipse.
Les Hard Lessons, ce trio power-pop qu’on aimerait bien voir sortir d’Ann Arbor plus souvent, reviennent avec un B&G Sides à télécharger sur leur site et prouvent au passage qu’ils comptent plus loin et surtout mieux que Feist. Profitez.
Chambre 207, hotel Radisson, Liverpool, 18 octobre.
Ça n’a rien à voir mais hier soir, ayant fraîchement installé ma platine vinyle et me jetant sur mon Vitalogy pour essayer parce que s’il faut commencer avec un titre, c’est bien avec un qui dit see this needle / a see my hand / Drop, drop, dropping it down / oh, so gently / Well here it comes / I touch the plane / Turn me up / won’t turn you away [...] Pull it out / a paper sleeve / Oh, my joy / only you deserve conceit / I’m so big / a-my whole world / I’d rather you / rather you / than her, j’en vins à me demander quel peut être est le premier 33/45/78 tours à se mettre sous l’aiguille pour tester/fêter une nouvelle platine pour vous les gens qui passez ici, et surtout… Pourquoi ? Alors sondage.