En guise de bande-son et en attendant la prochaine note, qui pourrait mettre le temps à venir, je vous laisse profiter du trop top déjy set qu’Ama-L m’a gentiment invité à faire. Il est là, et j’espère qu’il vous plaira.
Elle a l’air de rien, cette photo, genre c’est pas le choute de l’année ni rien, mais quand on pense qu’elle a été faite pendant un violent recul parce que le 16-35 était resté dans le sac et que changer d’objectif au milieu d’une fosse surexcitée ça revient à tenter de faire un château de cartes dans Space Mountains, qu’il a fallu prendre appui sur le gars derrière moi, que le dit gars s’est dérobé et que, donc, j’ai dû déclencher tout en me rattrapant comme une vieille merde, on se dit que oui oui elle mérite de passer ici toute seule en attendant que je m’occupe du reste, ne serait-ce que pour que je me souvienne de ma folle jeunesse d’aventurier de l’impossible bravant tous les dangers de la vie dans l’espoir de rapporter des images de poneyland arrachées héroïquement comme un vrai Indiana Jones du photographiage1 mais sans le chapeau2 lorsque que je passerai en revue mes archives cybernétiques du haut de mes nonante-six ans.
Enfin, je crois.
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1 Ça fait un peu pompeux comme auto-description, non ?
2 Mais avec le fouet. Si intéressé, écrire au journal, qui transmettra.
Ça fout quand même les boules de se dire qu’il y a quinze ans jour pour jour, je me promenais dans Covent Garden lors de ma première venue à Londres pour découvrir avec des yeux ébahis qu’à peine 24h après l’annonce de sa mort, Kurt Cobain ornait déjà les étalages de T-shirt locaux avec un flingue dans la bouche et un 1967-1994 sous le menton, c’est dingue ce que même à l’époque les Anglais pouvaient être grave de balèzes en mercatique de chanteurs morts. Le soir, j’étais à Bath et j’achetais mon premier CD de Smashing Pumpkins, découverts à Nulle Part Ailleurs à peine un mois avant. Il y a des jours comme ça où tu te sens salement vieux.
Ah et sinon j’espère que la mémère d’au-dessus est la petite sœur du monsieur là. Ça serait drôle, un peu.
Puisqu’on prive ma ligne de station République pour les deux mois à venir, consolons-nous avec cet inestimable document d’images en mouvement qui voit une rame s’arrêter dans la dite station et laisser ses passagers aller prendre la pour rejoindre les bas de quais de Gare de l’Est ou la pour rallier les panequèques d’École Militaire, un événement que nous n’aurons plus la joie d’admirer avant le 27 juin.
D’accord, d’accord, je retourne à la photo demain.