Autobiodiscographie #11.
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Guns N’Roses ― Appetite For Destruction#17 |
En 1992 les chemises à carreaux sont des vêtements cools, les bandeaux dans les cheveux et les bandanas au poignet des accessoires cools, les têtes de mort des dessins cool, le hard rock une musique cool, le Jack Daniel’s une boisson cool et les Guns N’Roses, utilisant tout ça en même temps, forcément des gars cool. Même avec un chanteur roux.
Ce qui est étrange, c’est qu’à l’époque, si Appetite For Destruction s’est déjà écoulé à quelques tonnes de copies [il en est aujourd'hui à 15 millions, ce qui en fait le troisième premier album pour un groupe le plus vendu de l'histoire1 derrière Boston et... Hootie & The Blowfish.], personne autour de moi n’en entend parler avant les six mois d’écoute en boucle de Use Your Illusion au bout desquels on se décide enfin à aller voir plus loin, histoire de découvrir du vieux qui sonne tout neuf. Je chope une cassette quelquepart, avant d’avoir le CD à mon anniversaire. Le truc entre en joue-liste comme ses dessins commencent à polluer mes agendas, la croix de la pochette2 en tête. Dessus rien à jeter, de l’hymne Welcome To The Jungle au sulfureux final Rocket Queen (dont la légende dit que les cris équivoques sont ceux d’une strip-teaseuse que Rose se tapait dans le studio pendant l’enregistrement), en passant par You’re Crazy, My Michelle, Out Ta Get Me et Anything Goes. Sans compter It’s So Easy, ce truc de méchant qui te fait te sentir comme un rebel graisseux, même quand t’as 14 ans, les cheveux courts et que t’as jamais touché une canette.
Mais s’il y a UN truc à retenir d’Appetite For Destruction, ça reste Paradise City. Oui, Paradise City. Non, pas Sweet Child O’Mine. Sweet Child O’Mine, c’est un truc de chochotte, malgré le solo dramatique de Slash et le suspens insoutenable qui règne dans le break interrogateur ponctué du fameux « where do we go now, sweet child ? », une question à laquelle Rose ne sachant répondre, préfére se réfugier dans des aïaïe, des hans hans et des no no qui noient le poisson ad lib sans qu’on sache au final où ils s’en vont, laissant l’auditeur dans un océan de frustration interrogative à devenir dingue (justifiant cette pertinente analyse, Sweet Child O’Mine est directement suivi sur l’album de You’re Crazy. Coincidence ?). Sans compter que quand t’es célibataire, qu’on te conte de pareilles mièvreries acidulées t’énerve autant qu’une pub pour Alice ou qu’une couve sur les Plasticines, et que ― sur et avant tout ― Sweet Child O’Mine a été repris par Sheryl Crow, et que ça mon pote, c’est un peu la honte. Paradise City, au moins, a un message clair : d’entrée de jeu l’auteur annonce la couleur ; il souhaite être mené vers cette ville paradisiaque où le gazon est vert et les filles sont pas flasques3, un endroit qu’il considère d’ailleurs d’ores et déjà comme sa patrie ― rappelant le « j’y pense donc j’en suis » fondateur de la pensée cartésienne ―, et chante ce message d’une verve assez fédératrice pour que ce refrain devienne l’hymne de toute une génération, encore plus fort qu’On est les champions, La bite à Dudule où La Zoubida, posant ainsi les bases de l’insatiable soif d’herbe verte qui caractérisera la jeunesse des années 1990. Dans la deuxième partie du morceau, l’ami chevelu, frisu, chapu et marlboru du narrateur, venant à son aide du son de sa Gibson, imprime à l’œuvre un climat d’urgence virile et finement suante traduisant tout le drame de la situation ; si personne ne prend conscience de leur appel au secours conjugué, les deux compagnons resteront intolérablement dans leur ville pas cool, où le gazon est rouge et la tronche des filles fout les boules. L’appel à l’aide est transmis en mettant assez de passion dans leur propos pour que quiconque se sente indéniablement solidaire de leur malheur, donc concerné par le morceau, et conséquemment entièrement conquis4.
Je me demande combien se sont endormis, là.
Bref, tout a une fin, Appetite For Destruction y compris, surtout au lycée. À part en première, quand le patron du Tabou installe le flipper GN’R au fond du bar et que Welcome To The Jungle accompagne le début de chaque partie [et de chaque demi]. Et surtout en 2004, plus de 10 ans après les faits, quand au fin fond du State Theater de Détroit, entouré par des groupies d’époques ― donc défraîchies ― je regarde Slash, sa clope, son chapeau et sa Gibson balancer la purée d’un It’s So Easy vite repris par le reste de Velvet Revolver, à me répéter sans cesse que si on avait dit au gamin qui écoutait Appetite For Destruction enfermé dans sa piaule en 1993 qu’il finirait par voir ça en vrai, il ne l’aurait pas cru. À 11 années d’intervalle, la même flamme dans les yeux, subitement ravivée. La vie est définitivement parsemée de choses pour lesquelles on aura toujours 15 ans.
Extraits
- #1 - Welcome To The Jungle
- #2 – It’s So Easy
- #6 – Paradise City
- #9 – Sweet Child O’Mine
- #12 – Rocket Queen
_____
1 Ça sonne compliqué, ça.
2 Pochette alternative puisque l’originale, postée ici, fut boycotée par MTV à sa sortie.
3 « Jolies » aurait été plus précis, mais ça rime encore moins avec paradisiaque.
4 Terminant ce passage, je réalise que si le sujet de philo au bac avait été « Expliquez pourquoi et comment Paradise City, par le message qu’elle véhicule, est une œuvre bien plus utile à l’évolution de l’humanité que Sweet Child O’Mine, en n’oubliant pas de citer Descartes. », j’aurais peut-être eu plus de 6 en dissert’, moi.
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15 juin 2007 à 15:58
hé, mais moi, je faisais partie de l’autre moitié de la population, celle qui écoutait Sweet Child o’ mine en boucle.
C’est même peut-être ce morceau qui m’a fait connaitre le principe de l’écoutage en boucle. Ah non,y’avait eu le 45 tours de Pop Corn de mon père quand j’avais 8 ans.
16 juin 2007 à 10:39
comment veux tu que je m’endorme avec du gun’s en "bruit" de fond?
17 juin 2007 à 10:24
J’avais rédigé cette réponse mais ma page n’accepte pas mes propres commentaires, du coup je copie colle : tu sais, c’est dans un autre registre, mais ta biodiscographie touche souvent ma sensibilité, et tu connais ma faiblesse pour les Guns’n Roses.. Le truc c’est que quand j’admire je n’arrive pas à commenter. Donc merci bien d’être passé par là, comme ça tu sais ce que je pense de ce que tu écris.
17 juin 2007 à 10:25
Et j’espère que ton convertisseur html fonctionne toujours !
18 juin 2007 à 9:04
Anne> Nan mais toi, je te rappelle que tu ne faisais pas partie de ces gens célibataires, et que donc qu’on te conte de pareilles mièvreries acidulées ne pût t’énerver autant qu’une pub pour Alice ou qu’une couve sur les Plasticines, hein, ce était loin d’être mon cas :þ
Mon dieu, le 45 tours de Pop Corn. Un titre qui lui-même se résume à l’écoute en boucle de la même phrase musicale. Je suis étonné que ta formation musicale n’en eût pâti par la suite :þ
Frall> Hé, ho, Guns N’Roses c’est pas du bruit, hein, ou alors tu es du côté de ma prof de Musique.
Svenska> Ta page n’est qu’une rustre. Merci d’avoir répondu en tout cas, et merci encore plus d’avoir répondu ça :)
Svenska> [Oui, il marche toujours :þ]
18 juin 2007 à 10:28
Tout ce que j’en retiendrais c’est que tu fantasme sur les plasticines, et ça, c’est mal.
Un peu plus sérieusement, je ne me lasse pas de lire cette autobiodiscographie.
(une heure dans un nouveau bureau, faut déjà que je bilogue. muahhahahaha.)
18 juin 2007 à 10:49
Tout d’abord, merci pour ton soutien sans faille et l’appréciation continue que tu voues à cette ADB. Sois-en louée.
En revanche tu as mal lu, hein, attention : tout ce que j’ai dit à propos des Saucicines, c’est que les voir en couv’ est particulièrement énervant. Y a rien de fantasmagorique là-dedans.
[puisse la honte t'étreindre, même si un tel comportement est annonciateur de Nice photocopieurs ressuscités :)]
18 juin 2007 à 14:50
J’ai atterri là, disons-le, pas tout à fait au hasard…un oiseau qui piaille et dont l’espèce est très répandue par chez moi, m’en a longuement parlé ! J’avoues que je ne suis pas déçue, je ne pensais pas y trouver quelques extraits qui mafois aident bien à passer le temps et me replace quelques années (mais pas tant que ça) en arrière…
18 juin 2007 à 14:53
tanpis c’est lourd mais je ne supporte pas de lire mes propres fautes de conjugaison: " me replacent"…
19 juin 2007 à 13:02
Non non c’est pas lourd, au contraire même, c’est tout à ton honneur :þ
Bienvenue dans le coin en tout cas, Merci au volatile piailleur. Et content que les extraites puissent occuper tes longs après-midis ;)
20 juin 2007 à 11:22
Pour moi Appetite est l’album qui m’a fait sombrer dans le coté obscur de la musique, et aimer les riffs de guitare bien cinglants … Perso je suis surtout fan de Rocket Queen, véritable OVNI, mais aussi de Nighttrain (le final qui emporte dans un tourbillon rock jouissif), et l’intro de Welcome to the Jungle : qui a fait mieux depuis dans le style ? GNR, j’ai surtout eu la chance de les voir 2 fois en concert au debut des années 90 … meme si Axl, en live, aurait jamais passé la premiere etape du casting de Nouvelle Star … mais putain, Slash … c’était quelque chose.
21 juin 2007 à 8:52
Avec cet album ils ont emmené un tas de groupe dans leur sillage, encore maintenant d’ailleurs. T’as de la chance d’avoir vu ça en vrai en tout cas, j’aurais à l’époque donné beaucoup. Rocket Queen est en effet une bombe, c’est pour ça que je l’ai sélectionnée… et le Slash en live… en 2004 c’était encore mortel. Ce mec dégage une aura dingue. Rose en revanche… dégage tout court, oui.
6 juillet 2007 à 11:06
Un petit truc: quand on clique sur la pochette, on tombe sur America’s least wanted. Voilà. c’est juste pour faire chier.
Ah si, aussi, j’ai voulu me déguiser en Axl Rose samedi dernier parce que j’étais invitée à une soirée double thème "Rose" et "Sosie". Mais j’ai pas retrouvé mon bandana et mes lunettes d’aviateur. La loose. Par contre j’ai eu la voix cassée le lendemain quand même.
9 juillet 2007 à 13:52
Je corrige de suite, merci pour l’info. Patin ça craiiiiiiiiiiiint ça !!! T’avais une noix de coco en secours ? T’aurais pu te déguiser en coco sosie. T’as fini comment ?