Und jetzt, nach Belfort.
Vendredi 29 juin2007

Belfort, 2 juillet 2005.
Ben on va aller vérifier ça de plus près, hein.
Vendredi 29 juin2007

Belfort, 2 juillet 2005.
Ben on va aller vérifier ça de plus près, hein.
Jeudi 28 juin2007

Farringdon et Cowcross, Londres, 9 juin.
Bande-son : The Go! Team – Bull In The Heather (Sonic Youth)
Mercredi 27 juin2007


Être rock en 2007, c’est prendre son pied en concert. Ou ceux des autres, à défaut.
Interpol.
Le Zénith.
Paris.
21 novembre.
Ça me rappelle quelque chose, tiens.
Bande-son : Editors – Smokers Outside The Hospital Doors
Mardi 26 juin2007

Boulevard Voltaire, Paris, 27 mai.
Ce chat qui pêche et son blues détendu vous sont offerts par le Comité National de Lutte contre le Stress Fatigant qui Empêche de Dormir.
Bande-son : The Black Keys – Have Mercy On Me
Lundi 25 juin2007
Space Dementia / New One / New Born / Microcuts / Dead Star / Citizen Erased / Sunburn / In Your World / Feeling Good / Hyper Music / Muscle Museum / Plug-In Baby / Bliss
Je suis venu là parce qu’après un Showbiz qui n’avait fait que m’effleurer de prime abord, Plug In Baby et New Born m’ont donné l’envie de voir ça de plus près. Ce soir-là Muse déchire tout. Les 30 000 personnes présentes en prennent plein la gueule, Bliss explose comme pètent les ballons qui sont jetés dans la fosse et Bellamy acheve sa guitare depuis les coulisses pendant 5 bonnes minutes. Je ressors de là soufflé.
Apocalypse Please / Hysteria / New Born / Absolution / Thoughts Of A Dying Atheist / Citizen Erased / Space Dementia / Endlessly / Feeling Good (Nina Simone) / Butterflies And Hurricanes / This Small Print / Sunburn / Muscle Museum / Bliss / Time Is Running Out / Plug-In Baby
Rappel : Blackout / Stockholm Syndrome (Dead Star)
Nous débarquons à Nancy avec Absolution à fond dans la bagnole. Là aussi, le show est dantesque, encore mieux qu’à Esch parce qu’entre temps j’ai appris à connaître tous les morceaux. La soirée se termine sur le parking, en SMS et en Espace gris. Quelque chose est sur le point de changer.
Hysteria / New Born / Thoughts Of A Dying Atheist / Sing For Absolution / Muscle Museum / Citizen Erased / Ruled By Secrecy / Sunburn / Butterflies And Hurricanes / Bliss / Time Is Running Out / Plug In Baby
Rappel : Apocalypse Please / Stockholm Syndrome
Premier concert aux États-Unis, un show gratuit organisé par 89X1. 800 personnes, pas plus. Et Bellamy qui en veut, au point de s’être mangé sa guitare la semaine précédente à Atlanta. La soirée est dingue, même si peu de gens les connaissent au moment d’entrer dans la salle. Et pour la première fois, je les prends en photo. La nuit finira tard, très tard, à taper du texte pendant qu’on m’agresse sur MSN. Une soirée écossaise.
Hysteria / New Born / Butterflies And Hurricanes / Citizen Erased / Sunburn / Bliss / Time Is Running Out / Plug In Baby / Stockholm Syndrome
5 heures d’avion et 3 jours en Californie pour 2 jours et demi de concert. Muse joue en plein après-midi, devant un petit millier de personnes dont les plus virulentes sont mexicaines. Il fait chaud. Il y a des palmiers. Il y a Radiohead et les Pixies et BRMC.
Hysteria / New Born / The Small Print / Butterflies And Hurricanes / Time Is Running Out / Stockholm Syndrome
Invités avec Interpol et The Rapture par The Cure sur leur festival itinérant, Muse joue 30 minutes sur une scène de 3 m2 au fond du parking, sur une remorque de camion. 500 personnes à peine, mais hystériques comme 10 000 quand le groupe termine sur Time Is Running Out et Stockholm Syndrome. Le lendemain, Wolstenhome se pétera le poignet à Chicago, ce qui l’empêchera de jouer à Rock En Seine. C’est Morgan Nicholls, déjà, qui assurera l’intérim.
Butterflies And Hurricanes / New Born / The Small Print / Sing For Absolution / Thoughts Of A Dying Atheist / Citizen Erased / Ruled By Secrecy / Apocalypse Please / Sunburn / Hysteria / Time Is Running Out / Plug In Baby / Bliss / Stockholm Syndrome
Dernière audience réduite, 850 personnes peut-être. Muse profite bien du cadre de cette ancienne église transformée en salle de concert et fout le feu. Ça tombe bien, dehors il neige. C’est la dernière fois que je les vois aux États-Unis, dernière fois avant Black Holes And Revelations.
Map Of The Problematique / Supermassive Black Hole / Starlight / Stockholm Syndrome / Plug In Baby / Knights Of Cydonia
Premier concert à la télé pour moi, première sortie live de Knights Of Cydonia pour eux, première hystérie collective sur le far west de l’espace pour les autres. Si un seul titre est réussi sur le nouvel album, c’est celui-là, même les fanatiques de Showbiz vous le diront. La soirée se termine en coulisse où tout le monde fête l’anniversaire de Bellamy, incluant une trentaine de gens du fan club qui ont trouvé le moyen de tromper la sécu. Inoubliable.
Knights Of Cydonia / Bliss / Starlight / New Born / Assassin (Lose Control) / Citizen Erased / A Soldier’s Poem / Stockholm Syndrome / Invincible / Map Of The Problematique / Plug In Baby / Supermassive Black Hole / Time Is Running Out
Rappel : Take A Bow / Hysteria / Showbiz
Archive fut énorme, Muse fera mieux. Livrés à 30 000 personnes d’un coup, les titres de Black Holes And Revelations sonnent plus fort, plus gros et surtout moins nazes que sur disque. Take A Bow est gigantesque. Showbiz, revenu d’entre les morts, enterre des Eurockéennes 2006 agonisantes dans un bain de son.
Take A Bow / Hysteria / Map Of The Problematique / Butterflies And Hurricanes / New Born / Plug In Baby / Bliss / Citizen Erased / Hoodoo / Invincible / Supermassive Black Hole / Starlight / Time Is Running Out / Stockholm Syndrome
Rappel : Muscle Museum / Knights Of Cydonia
Nouvelle scène, encore plus d’ampleur. Mon premier Bliss-ballon en pleine poire.
Take A Bow / Map Of The Problematique / Butterflies & Hurricanes / Supermassive Black Hole / New Born / Starlight / City Of Delusion / Forced In / Bliss / Feeling Good / Hoodoo / Invincible / Time Is Running Out / Plug In Baby
Rappel : Sunburn / Hysteria / Stockholm Syndrome
Rappel 2 : Knights Of Cydonia
Comme pressenti, les deux Bercy seront énormes. Muse est définitivement taillé pour les stades. Pour s’en assurer, ils sont allés visiter le Parc des Princes l’après-midi même et déjà, les rumeurs vont bon train. 2007 sera un tournant.
Knights Of Cydonia / Hysteria / Supermassive Black Hole / Map Of The Problematique / City Of Delusion / Butterflies And Hurricanes / Space Dementia / Hoodoo / Apocalypse Please / Feeling Good / Sunburn / Invincible / Starlight / Time Is Running Out / New Born
Rappel : Unintended / Blackout / Bliss
Rappel #2 : Plug In Baby / Stockholm Syndrome / Man Of Mystery (The Shadows) / Take A Bow
5 ans et un jour se sont écoulés depuis mon premier concert de Muse et je me retrouve là, assis entre Mylène Farmer et Jenifère de la Star Académie [mais finalement c'est pas elle] à contempler l’œuvre bâtie en moins de dix ans par le trio. 50 000 fans complètement dingues, s’en prenant plein la gueule dans un décor de radars et d’antennes polaires, cerclé de ballons géants d’où surgissent des danseurs étoiles volants. Muse vient de passer à une autre dimension. Encore une poignée d’albums et ces Wembley, Parc des Prince ou Louis II feront partie de la routine. Pour beaucoup l’aventure s’arrête là. Unanimité rime avec variété, variété avec a été. Je me demande combien de fans de la première heure de U2 leur trouve encore de l’intérêt, comme je me demande combien d’entre nous écouterons encore Muse dans 5 ans. L’histoire a déjà été vue cent fois. À eux de la contredire. Je ne leur/me souhaite que ça.
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1 Qui organise justement un nouveau concert de Muse le 2 août, avec Black Rebel Motorcycle Club et Cold War Kids. Je suis vraiment déprimé d’être rentré en France, moi, tout à coup.
Vendredi 22 juin2007

Rue du Faubourg Saint-Denis, Paris, 21 juin.
Just give me something I can believe.
Bande-son : PJ Harvey – The Whores Hustle And The Hustlers Whore
Jeudi 21 juin2007
Mercredi 20 juin2007

À part le fait que Gerard Way est certain d’être la réincarnation de Freddie Mercury1 tout comme Liam Gallagher est persuadé d’être John Lennon, rien, si ce n’est que je sais que ça n’a rien à voir mais il faut soutenir Handsome Furs, parce qu’ils sonnent bon, parce qu’ils ne se prennent pas pour Queen et parce qu’ils sont chez Sub Pop. Et écouter des gens de Sub Pop ça reste toujours aussi cool, même en 2007.
Bande-son : Handsome Furs – What We Had
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1 Et j’oubliais, de Dorothée aussi puisque, je cite :
Le rock a vraiment un bel avenir devant lui.
Mardi 19 juin2007

J’avais prévu tout à fait autre chose comme note, mais ceci m’a donné une folle envie d’y faire écho comme cela :
On avait vécu une année 2005 riche en émotions, avec l’apparition d’un Arcade Fire innovant, la refonte d’un Black Rebel Motorcycle Club à maturation, la confirmation de Warlocks toujours aussi déchirés et, surtout, le pied-de-nez des White Stripes, s’étalant comme deux gamins dans 12 titres d’exotisme jovial là où tout le monde les attendait en sauveurs du rock n’roll électrique réinvestissant les boîtes de nuit. Get behind me, Satan, il n’en fut rien, loin de là même, les White préférèrent le marimba et l’ukulélé à la guitare électrisée et les cassures en rythme aux rythmes qui te laissent cassé. Ne jamais faire ce que l’on attend de vous, sous peine de se vautrer dans l’habitude, donc dans l’indifférence. Faire dans le toujours différent, jamais comme avant. L’année écoulée, je retiens Get Behind Me Satan plus qu’Howl ― malgré l’envol terre-à-terre ― et que Funeral ― malgré le brio ―, parce qu’il faut bien les classer. Il est des jours où un ex-æquo est dur à briser.
Deux ans plus tard, on recommence avec des mêmes, renouvelés. En piste dès mars, Arcade Fire voit tout en noir sur Neon Bible, alter-ego ténébreux de Funeral, en se laissant des puits de lumière échappatoire çà et là pour ne jamais baisser les bras. Album de l’année ? L’avenir nous le dira. Album du semestre, le passé nous le hurle. Un mois derrière, Black Rebel Motorcycle Club est redevenu un trio et fête ça en remettant le son à fond, expirant le blues, inspirant l’enfer. Honnête, Baby 81, l’album de la convalescence, cependant pas assez sur pied pour pouvoir rivaliser avec des Canadiens en pleine forme.
Puis au final, Hier finit par sortir Icky Thump.
Annoncé en mars, découvert en avril, resté presque secret jusqu’à la presque toute fin, le 6e Stripes remet une couche de gras sur ce qu’ils étaient jusque-là. On les retrouve transfigurés : laissés à Détroit sur un album rouge au milieu de la jungle dans un vaste trip acoustico-pianiste, ils nous reviennent de Nashville sur un album noir au milieu d’un champ dans un bouillon de culture rock n’roll magnifique. Le contre-pied, toujours. Un écran de fumée, Get Behind Me Satan, détournant l’attention des faux pour raviver après-coup la flamme des vrais dès Icky Thump, leur meilleur simple depuis Fell In Love With A Girl. À son image, Icky Thump, l’album, mélange une masse d’influences jetées à coups de pinceaux rouge, noir et blanc et liées dans une mayonnaise musicale inexplicable que seul un White peut concocter. Les White Stripes sont l’unique groupe au monde capable de faire suivre une reprise au mariachi vitriolé d’un Patti Page des 50’s par un punk corrosif, une comptine écossaise puis une apocalypse enkiltée sans qu’on doute une seconde de la cohérence de l’enchaînement, la seule formation sachant tripoter la pop comme le blues, le garage comme le folk en restant de grands gamins et, surtout, en pondant tout ça à deux là où d’autres, à 5, 8 ou même 10, restent stérilement banals.
On verra dans 6 mois si Icky Thump sera l’album de l’année. Laisser passer l’effet de surprise pour voir ce qu’il en reste, comme un parfum dont on ne garde que la note de fond une fois celles de tête et de cœur envolées, une épreuve qu’a brillamment déjà passée Arcade Fire. Évidemment, dans 6 mois nous devrons également compter Kings Of Leon, pondant leur meilleur album à ce jour, les surprises Cold War Kids, Ponys et I’m From Barcelona et les confirmations Arctic Monkeys et The Veils. Sans oublier que d’ici décembre, nous aurons vu revenir les Smashing Pumpkins, Interpol, PJ Harvey, les Warlocks (s’ils ne se sont pas suicidés) et allez, soyons fous, Radiohead. 2007 ne se résumera évidemment pas à Icky Thump et Neon Bible. Mais putain, il faudra se lever de bonne heure pour faire mieux que celui-ci et celui-là. Je vous souhaite bien du courage.
Lundi 18 juin2007

A happy White Stripes Day.
Bande-son : The White Stripes – You Don’t Know What Love Is (You Just Do As You’re Told)
Vendredi 15 juin2007
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Guns N’Roses ― Appetite For Destruction#17 |
En 1992 les chemises à carreaux sont des vêtements cools, les bandeaux dans les cheveux et les bandanas au poignet des accessoires cools, les têtes de mort des dessins cool, le hard rock une musique cool, le Jack Daniel’s une boisson cool et les Guns N’Roses, utilisant tout ça en même temps, forcément des gars cool. Même avec un chanteur roux.
Ce qui est étrange, c’est qu’à l’époque, si Appetite For Destruction s’est déjà écoulé à quelques tonnes de copies [il en est aujourd'hui à 15 millions, ce qui en fait le troisième premier album pour un groupe le plus vendu de l'histoire1 derrière Boston et... Hootie & The Blowfish.], personne autour de moi n’en entend parler avant les six mois d’écoute en boucle de Use Your Illusion au bout desquels on se décide enfin à aller voir plus loin, histoire de découvrir du vieux qui sonne tout neuf. Je chope une cassette quelquepart, avant d’avoir le CD à mon anniversaire. Le truc entre en joue-liste comme ses dessins commencent à polluer mes agendas, la croix de la pochette2 en tête. Dessus rien à jeter, de l’hymne Welcome To The Jungle au sulfureux final Rocket Queen (dont la légende dit que les cris équivoques sont ceux d’une strip-teaseuse que Rose se tapait dans le studio pendant l’enregistrement), en passant par You’re Crazy, My Michelle, Out Ta Get Me et Anything Goes. Sans compter It’s So Easy, ce truc de méchant qui te fait te sentir comme un rebel graisseux, même quand t’as 14 ans, les cheveux courts et que t’as jamais touché une canette.
Mais s’il y a UN truc à retenir d’Appetite For Destruction, ça reste Paradise City. Oui, Paradise City. Non, pas Sweet Child O’Mine. Sweet Child O’Mine, c’est un truc de chochotte, malgré le solo dramatique de Slash et le suspens insoutenable qui règne dans le break interrogateur ponctué du fameux « where do we go now, sweet child ? », une question à laquelle Rose ne sachant répondre, préfére se réfugier dans des aïaïe, des hans hans et des no no qui noient le poisson ad lib sans qu’on sache au final où ils s’en vont, laissant l’auditeur dans un océan de frustration interrogative à devenir dingue (justifiant cette pertinente analyse, Sweet Child O’Mine est directement suivi sur l’album de You’re Crazy. Coincidence ?). Sans compter que quand t’es célibataire, qu’on te conte de pareilles mièvreries acidulées t’énerve autant qu’une pub pour Alice ou qu’une couve sur les Plasticines, et que ― sur et avant tout ― Sweet Child O’Mine a été repris par Sheryl Crow, et que ça mon pote, c’est un peu la honte. Paradise City, au moins, a un message clair : d’entrée de jeu l’auteur annonce la couleur ; il souhaite être mené vers cette ville paradisiaque où le gazon est vert et les filles sont pas flasques3, un endroit qu’il considère d’ailleurs d’ores et déjà comme sa patrie ― rappelant le « j’y pense donc j’en suis » fondateur de la pensée cartésienne ―, et chante ce message d’une verve assez fédératrice pour que ce refrain devienne l’hymne de toute une génération, encore plus fort qu’On est les champions, La bite à Dudule où La Zoubida, posant ainsi les bases de l’insatiable soif d’herbe verte qui caractérisera la jeunesse des années 1990. Dans la deuxième partie du morceau, l’ami chevelu, frisu, chapu et marlboru du narrateur, venant à son aide du son de sa Gibson, imprime à l’œuvre un climat d’urgence virile et finement suante traduisant tout le drame de la situation ; si personne ne prend conscience de leur appel au secours conjugué, les deux compagnons resteront intolérablement dans leur ville pas cool, où le gazon est rouge et la tronche des filles fout les boules. L’appel à l’aide est transmis en mettant assez de passion dans leur propos pour que quiconque se sente indéniablement solidaire de leur malheur, donc concerné par le morceau, et conséquemment entièrement conquis4.
Je me demande combien se sont endormis, là.
Bref, tout a une fin, Appetite For Destruction y compris, surtout au lycée. À part en première, quand le patron du Tabou installe le flipper GN’R au fond du bar et que Welcome To The Jungle accompagne le début de chaque partie [et de chaque demi]. Et surtout en 2004, plus de 10 ans après les faits, quand au fin fond du State Theater de Détroit, entouré par des groupies d’époques ― donc défraîchies ― je regarde Slash, sa clope, son chapeau et sa Gibson balancer la purée d’un It’s So Easy vite repris par le reste de Velvet Revolver, à me répéter sans cesse que si on avait dit au gamin qui écoutait Appetite For Destruction enfermé dans sa piaule en 1993 qu’il finirait par voir ça en vrai, il ne l’aurait pas cru. À 11 années d’intervalle, la même flamme dans les yeux, subitement ravivée. La vie est définitivement parsemée de choses pour lesquelles on aura toujours 15 ans.
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1 Ça sonne compliqué, ça.
2 Pochette alternative puisque l’originale, postée ici, fut boycotée par MTV à sa sortie.
3 « Jolies » aurait été plus précis, mais ça rime encore moins avec paradisiaque.
4 Terminant ce passage, je réalise que si le sujet de philo au bac avait été « Expliquez pourquoi et comment Paradise City, par le message qu’elle véhicule, est une œuvre bien plus utile à l’évolution de l’humanité que Sweet Child O’Mine, en n’oubliant pas de citer Descartes. », j’aurais peut-être eu plus de 6 en dissert’, moi.
Jeudi 14 juin2007

Je vais bientôt commencer à en rêver la nuit, de la Katerine, dis donc.
Bande-son : The Noisettes – The Count Of Monte Christo
Mercredi 13 juin2007

Être rock en 2007, c’est renier le cornichon pour soutenir la betterave.
Bande-son : Flogging Molly – Devil’s Dance Floor (acoustic)
Mardi 12 juin2007

Jacques White est mon homme de maison.
Ce qui frappe dès l’entrée dans le Zénith, c’est le dépouillement de la scène par rapport à la dernière tournée. De la jungle luxuriante d’il y a 2 ans, ne subsiste que le rouge. À part la batterie blanche de Meg, le décorum entier baigne dans le sang : rouges, les enceintes de retour, rouge, le piano, rouge, le fond. Rouges, les costumes de scène, revenant à une simplicité faisant fi des costumes de Zorro affichés en 2005. La setlist elle-même prétend que Get Behind Me Satan n’a jamais existé : à peine n’aurons nous qu’un rapide couplet du Denial Twist pendant le rappel.
Curieux show que cette ancienne version du duo pourtant renouvelé. Le set démarre en trombe dans un When I Hear My Name rageur, vite suivi de Dead Leaves And The Dirty Ground, plus posé. Le Zénith déguste, il va morfler. Icky Thump est la première baffe de la soirée. Le riff assassin du nouveau single est déjà accueilli comme un classique alors qu’Effect And Cause, derrière, est une découverte pour beaucoup. Les White Stripes claquent une version acoustique toute neuve d’Hotel Yorba, avant un passage plus calme sur Do, puis I’m Slowly Turning Into You. Là aussi, le show diffère des précédents, grâce à une communication avec le public accrue. À l’invite de Jack, le Zénith assure les chœurs, se chauffant pour I Think I Smell A Rat, terminé à 2 à l’heure. White improvise en slide. Death Letter ? Non, Catch Hell Blues. Puis Same Boy You’ve Always Known, Hello Operator, avant que Meg lâche sa batterie pour In The Cold, Cold Night qui ravit la salle entière. La fin du set est sauvage, avec l’enchaînement d’un Jolene dramatique, d’un Let’s Shake Hands énervé et d’un Ball And Biscuit saturé. Le pied.
Le rappel, lui, est une communion. Grâce à Black Math, d’abord, dans une version longue ponctuée d’un medley de Denial Twist et de Passive Manipulation ― chanté par Jack ―, se muant en I Just Don’t Know What To Do With Myself. Tout le Zénith chante, saute et clape en rythme. Jack confie son amour pour la France, entamant Seven Nation Army, qu’il arrête illico pour ramasser le bouquet qu’on vient de lui jeter. « Ma couleur préférée », lance-t-il en offrant le bouquet à Meg. Seven Nation Army provoque évidemment l’apocalypse qu’on en attendait. La fosse, alors qu’on lui a interdit sous peine d’exclusion, se met enfin à slammer. C’est le dernier morceau, de toute façon, alors après eux le déluge. Des chœurs de stade de football scandent le riff de guitare. Meg et Jack terminent le show debout sur leurs enceintes, à se prendre en photo avec un vieux Polaroïd puis lançant les clichés dans la foule, pour définitivement prendre congé au bout d’1h20. Toujours aussi atrocement court, ça oui. Mais bien plus intense que la dernière double date parisienne. Dieu bénisse les White Stripes.
Il y a trois ans, les Pistons de Détroit étaient en finale NBA.
Il y a deux ans, les Pistons de Détroit étaient encore en finale NBA.
Il y a un an, les Pistons de Détroit étaient en vacances après s’être fait vider comme des nazes en 6 manches de finale de conférence par Miami.
Aujourd’hui, les Pistons de Détroit sont toujours en vacances, cette fois-ci grâce à Cleveland1.
Il y a trois ans, je petit-déjeunais avec des cookies Pepperidge Farm au milieu d’un bureau quelque part à Pontiac.
Il y a deux ans, je petit-déjeunais avec des cookies Hello de Lu au milieu d’un bureau quelque part à Évry.
Il y a un an, je petit-déjeûnais avec des Prince chocolat au milieu d’un bureau quelquepart à Clamart parce qu’on était lundi.
Aujourd’hui, je petit-déjeûné avec un Panier de Yoplait au milieu de toujours le même câlisse de bureau. Je me sédentarise un peu trop, là.
Il y a trois ans, j’allais voir Franz Ferdinand au Majestic Theater de Détroit.
Il y a deux ans, j’allais voir Ghinzu à l’Olympia de Paris.
Il y a un an, j’allais voir si j’allais voir Guillemots à la Boule Noire de Paris ce soir-là ou bien, pour ne finalement pas y aller.
Hier, les White Stripes au Zénith de Paris. Aujourd’hui et demain, Mademoiselle K à l’Élysée-Montmartre de Paris puis au Trabendo de Paris. Y’a pas à dire, on a pas des vies faciles. Et je passe beaucoup trop de temps à Paris.
Il y a trois ans, je m’éveillais le matin au doux son de Bonjour Le Monde !, sur CBEF Windsor, avec Charles Lévesque et Maryse Tourette, dans ma voiture lancée à vive lenteur sur Orchard Lake Road.
Il y a deux ans, je m’éveillai au doux son de Marylin Manson, dans mon RER D lancé à vive lenteur sur RER D Trail.
Il y a un an, je m’éveillais au doux son de Wayne Coyne introduisant son acoustique de Thank You Jack White (For The Fiber-Optic Jesus That You Gave Me)2 par “Always read the instructions before plugging in a gift from Jack White.”3
Aujourd’hui, je m’éveille doucement au doux son de Que de la radio sur la 3, en bénissant une fois de plus le ciel pour avoir inventé la Suisse.
Il y a trois ans, il faisait beau.
Il y a deux ans, il faisait beau aussi.
Il y a un an il faisait beau et surtout chaud, j’étais déjà liquéfié alors qu’il n’était que 10 h et ça, ça suçait grave.
Aujourd’hui il fait gris, ce qui suce un peu moins.
Il y a trois ans, nous étions le 12 juin.
Il y a deux an, nous étions le 12 et un jour, ce qui signifiait que j’étais en retard.
Il y a un an, nous étions le 12 juin, ce qui voulait dire que je sais retenir les leçons du passé.
Aujourd’hui, nous sommes encore le 12 juin, et je n’ai réalisé qu’il y a 5 minutes que le 12 juin, c’était aujourd’hui.
Bande-son : New Radicals ― You Get What You Give
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1 Je tiens tout de même à préciser, tout comme l’année dernière, qu’à part ça le basket j’m'en basket.
2 Que je conseille au passage toujours autant pour les commentaires qu’il fait tout au long du morceau. Il est chez le belögue mort de Vox.
3 Ça a pas l’air drôle, comme ça, mais en fait si si. Écoutez l’histoire en entier.
Lundi 11 juin2007

Wardour Street, Londres, 9 juin.
Pour tenir les 10 heures qui restent :
Bande-son : Blanches Bandes – Serpillière et os