Mardi
15
mai. 2007

Autodiscobiographie #7.

 


Metallica ― Metallica

#13
Label :
Elektra
Sortie : 12 août 1991
Producteur : Bob Rock, James Hetfield, Lars Ulrich

Metallica ― Ride The Lightning

#14
Label :
Geffen
Sortie : 16 novembre 1984
Producteur : Metallica

« Metallica… De Metallica. »
Gagol, 1994.

Ma liste allant, je réalise qu’on y trouve deux types d’albums : ceux sur lesquels on passe et ceux qui mènent vraiment ailleurs. Comme dans Sonic, où l’on engrange les anneaux1 qui te filent des vies en plus, mais où l’important, ce qui permet vraiment de passer une étape, c’est le lampadaire rouge.

Dans ma liste figure tout un tas de lampadaires rouges. Et encore plus d’anneaux. Metallica, c’est l’anneau typique. Vite rencontré, vite écouté, vite oublié. Premier contact sur Nothing Else Matter, évidemment, le slow le plus implacable du coin à l’époque, jouant à armes égales avec un Don’t Cry, un One2 ou un Heal The World3. Le deuxième sur Enter Sandman, première piste de l’album (dans laquelle c’est le fils de Bob Rock qui récite la comptine du break, un hasard de studio), morceau d’attaque incapable de faire regretter son achat. Au delà de ça, passé la petite perle The Unforgiven et son intro de camion fou, la ligne de basse frissonnante de My Friends Of Misery ― composé à l’origine comme un instru, et qui aurait au final mieux fait de le rester ― et la charge d’assaut de Holier Than You, Metallica trouve vite ses limites. Surtout maintenant. À l’époque ça passe encore, je deviens métal, mes potes le sont déjà, Metallica a baissé le rythme de ses premiers efforts et capte une audience plus large ; le rythme lourd et lancinant qui en découle nous va à merveille [mis à part les puristes qui, évidemment, fustigent quiconque se hasarderait à apprécier leurs ballades]. Mais ça ne durera pas. Passé 1994 je ne retiendrai plus un titre de Metallica dans mes classements annuels. Pendant ce temps, ils se coupent les cheveux, nous emmerdent à coup de Load et de Reload, font un album symphonique vaguement intéressant en 1999, se ridiculisent en 2000 dans l’affaire Napster et viennent pleurnicher chez le psy en 2004 dans Metallica: Some Kind Of Monster.

Bien avant tout ça, quelque semaines à peine après Metallica, Metallica m’en rajoute une couche dans cette cassette de Ride The Lightning4 que se refile toute la bande. S’il est bien loin de pouvoir se vendre à 15 millions d’un[nanim]ités, Ride The Lightning contribue grandement au développement de la grande mode des doigts à cornes et des « beuaaaaarh » bestiaux qui envahissent les couloirs du collège [sauf pour ceux qui n'ont pas encore mué5]. Metallica y6 apparaît plus jeune, bien plus brut[e] et surtout bien plus poilu. On retombe en 1984, à une époque où le thrash de la baie de San Francisco commence à beugler au-delà du Golden Gate grâce à des Fight Fire With Fire ― tout en cliché, de son intro à la guitare acoustique à la con jusqu’à son final d’explosion atomique  ―, Fade To Black, l’ancêtre lunatique de The Unforgiven, Ride The Lightning, For Whom The Bell Tolls ― avec Hells Bells, l’autre titre à cloche qui décrasse ― et Creeping Death. L’album est bestial, il souffre d’une production affreuse [on a vraiment l'impression qu'Hetfield gueulait tellement fort qu'ils ont dû le laisser sur le parking] mais là où Slayer, Death, Morbid Angel, Obituary et le Sepultura de l’époque ont échoué, il arrive à me faire apprécier le monde merveilleux du poil en touffes, de la corde de gratte carbonisée, de la double-pédale massacrée et des textes poétiques me cantant ma mort prochaine sur une chaise électrique, une hache wisigoth plantée dans le crâne cependant que Cthulhu, lui, ça le fait marrer. Ride The Lightning sera à l’origine de mes premiers headbangages [et de leur torticolis associés] mais restera mon seul album de ce genre, ceux qui suivront étant bien plus enracinés dans un métal plus classique. Je ne passerai même pas plus de deux minutes sur Masters Of Puppets, tiens, malgré tout le bien qu’on en dit. Metallica me passe comme les Crados quelques années plus tôt. En fait, le thrash metal c’est comme le tuning, ça disparaît avec l’acné. Sauf en Norvège, bien sûr7.

Extraits

Metallica

  • Enter Sandman
  • The Unforgiven
  • Wherever I May Roam
  • Nothing Else Matters
  • My Friends Of Misery

Ride The Lightning

  • Fight Fire With Fire
  • For Whom The Bell Tolls
  • Fade To Black
  • Creeping Death
  • The Call Of Ktulu

_____

1 Et quand on se fait toucher par un hérisson nucléaire, Sonic perd ses anneaux dans une vaste hémorragie dorée. Sonic, c’est le Saigneur des Anneaux. Haha.

2 De U2, hein, pas de Metallica.

3 Rigolez pas, c’était super groovy-tendance à l’époque.

4 On ne fera pas d’épisode Ride The Lightning, les deux albums étant pour moi trop liés dans le temps pour que j’en parle séparément.

5 Je parle pas de moi, mais d’un pote que je connaissais bien à l’époque. Hum.

6 Pas dans les couloirs du collège, hein, mais sur Ride The Lightning. Je te dis pas l’émeute si Lars Ulrich était venu nous surveiller en perm’, tiens.

7 Hahaha, j’attends vos mails d’insultes.

Partage :
  • Twitter
  • Tumblr
  • Google Bookmarks
  • Netvibes
  • Digg
  • del.icio.us
  • RSS
  • Wikio FR

Articles relatifs

Un an je passe :


Publié dans Autodiscobiographie

12 réponses à “Autodiscobiographie #7.”

  1. Frall dit :

    tiens pour prouver que j’ai lu (parce que je m’abstiendrai de commentaires sur metallica parce que ben oui, parce que…) t’as fait expres de mettre "saigneur" des anneaux ou bien? non mais parce que ca fait de sonic quelqu’un de très brutal du coup… enfin en même temps ca passe bien avec metallica :P
    ah et puis soit il te manque un ptit 8 en bas, soit il te manque un ptit 7 dans le texte, mais en tous cas y a un bug ;]

  2. William Miller dit :

    Hum oui, le but c’était « hémorragie dorée » + « saigneur des anneaux » = drôle. Visiblement ça a foiré :/
    [reliquat de note de base de note intercalaire. C'est corrigé, merci bien.]

  3. svenska dit :

    Ce que je retiens c’est également la référence à Sonic, j’en ai presque envie de retrouver la méga drive et ses cassettes, téléphoner à ma soeur pour qu’on se fasse des parties et que j’incarne "tails".

  4. karmara dit :

    Dis donc, tu reviens de loin, toi !

  5. ath dit :

    *snif* c’est de loin ma préféré, gros, peut être parce que ça me parle, Metallica, et que j’ai des souvenir qui y sont ausi accroché, à ce groupe de nazes à cheuveux longs et frisés.

    féloches ou bien.

    ( et la référence…. géniale ;) )

  6. William Miller dit :

    Svenska> Ahahah, content d’éveiller une vocation. Tu vas nous écrire une autoludovidéobiographie ?

    Karmara> Attends, t’as pas encore tout lu :)

    Ath> Hum. Je suis certain que ta mère écoutait Metallica très très fort durant ton enfance. Du coup ça éveille des souvenirs enterrés là depuis tout ce temps.
    Et Merci.
    [et merci aussi ;)]

  7. Soit dit en passant dit :

    OK j’attaque sur Metallica

    Je les ai aussi découverts à la sortie du Black Album (que j’ai toujours appelé le Black Album et là je découvre qu’il s’appelle aussi Metallica, déjà j’apprends quelque chose)
    Tu écoutais cela à 13/ 14 ans alors ? ou bien après la sortie ?

    Là où ça m’amuse dans ce que je lis chez toi c’est que je suis aussi allée écouter le reste dans mon élan de grande découverte et Ride The Ligthning s’était imposée pour moi comme l’un des meilleurs avec le Black Album.
    Ce sont vraiment les deux albums que je préfère.
    Je suis absolument d’accord avec le fait que Fade To Black préfigure ce que sera The Unforgiven.

    A l’époque je m’étais beaucoup rapprochée de fans du groupe, les vrais de vrais, pas les espèces de choses comme moi qui ont découvert Hetfield et ses copains avec Nothing Else Matters et Enter Sandman et là je fus traitée d’hérétique car j’aimais Ride The Ligthning. Il faut savoir que L’Album pour les fans purs et durs reste Master Of Puppets suivi de …And Justice For All. Parce qu’ils sont je pense beaucoup plus rêches, moins mélodiques peut-être, j’en sais rien…

    Mais quand on écoute Ride The Ligthning, sa richesse, il me semble l’un des plus intéressants dans la discographie du groupe et puis The Call Of Ktulu reste assez démentiel.

    Pour se faire une idée rapide des meilleurs morceaux du groupe sur la période 1984 — > 1992 : je conseille le Live Shit: Binge & Purge. (1993)
    Ahhhhhhhhhh admirable objet : une boite dans laquelle se trouvaient entre autres 2 VHS et 3 CD live du groupe que quelques rares privilégiés sur la planète ont pu se procurer à l’époque. : )

    Alors…, tu as beaucoup dansé sur Nothing Else Matters ?
    héhé

  8. dpc dit :

    Non mais seuls les puristes sacralisant Master of Puppets l’appellent Metallica de Metallica. Je l’ai écouté un an après sa sortie, soit 14 piges. Diantre que cela ne nous rajeunit point.

    Ah tiens, point commun !

    J’ai remarqué la même chose chez mes propres amis amateurs aguerris. Marrant comme cette préférence est universelle.

    Et deuxième point commun.

    J’en ai longtemps rêvé de ce truc. Failli en acheter un exemplaire prenant la poussière chez Encore Records en 2004 mais je me suis retenu au dernier moment. Jamais trop su pourquoi, d’ailleurs.

    Et non en fait, peu dansé dessus… Encore un acte manqué.

  9. Soit dit en passant dit :

    Si tu es très sage je te montrerai Le Truc et tu pourras y déposer tes doigts délicats.

  10. Anne dit :

    ha ha ha
    j’aurais bien aimé avoir ces mots là à cette époque pour parler aux mués des couloirs du collège. Et quoi que tu en dises, y’en avait qu’un seul qui avait vraiment fini de muer à ce moment là.

  11. dpc dit :

    Je n’ai jamais dit le contraire enfin. On pense à qui ? Au blond ? Le grand ou le petit ?

Laisser un commentaire