Autodiscobiographie #5.
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Iron Maiden ― Fear Of The Dark#10 |
Je ne sais toujours pas ce qui m’a pris ce soir d’août 1992. Peut-être l’euphorie du frisson de l’interdit, alors que nous nous étions barrés, le Bardy et moi, du camping que ses parents tenaient en bord de Meuse pour aller squatter le salon du Péch’ pendant que sa famille se faisait un resto. Il y avait d’autres potes : son voisin d’en face, ainsi que le mien, peut-être, et le Kujawa. Qui a brandi la cassette ? Aucune idée. Je sais simplement qu’elle a tout changé. Un seul riff ― le tout premier, celui qui ouvre Be Quick Or Be Dead ― aura suffi pour que moi, depuis toujours imperméable au heavy metal, découvrant à peine Nirvana, j’y cède d’un coup, en une seconde. Dans le seul souvenir qui me reste de la soirée ― avant le retour des parents et l’évacuation du Péch’ par une échelle posée sous sa fenêtre pour aller faire les cons en ville jusqu’à l’aube ―, je joue de la guitare en carton sur le solo de (encore) Be Quick Or Be Dead avec un rouleau à poster ; poster que j’envoie valser en me retournant trop vite dans une statue de saint en granit breton qui s’explose aussitôt le nez dans la commode sur laquelle il est posé1.
Be Quick Or Be Dead peut faire l’effet d’une vaste blague dès le cri d’horreur de Dickinson démarrant l’album, mais sans rire, on a rarement vu plus efficace sur un gamin de 14 piges. Fear Of The Dark est une initiation, l’entrée d’un monde dans lequel j’habiterai un peu plus de 5 ans. Même si je vais acquérir ― et écouter en boucle ― n°62 avant d’avoir pu copier la cassette de mon pote, j’y reviendrai vite, mais pas longtemps. Parce que Fear Of The Dark, comme tous les autres albums de Maiden, n’est qu’un prétexte à attendre le concert qui suivra la sortie de l’album, puis le live qui suivra le concert. Passé 1984 et Powerslave, Maiden en studio, c’est moyen. La production est trop étouffante, le son trop feutré, les claviers trop présents. Maiden assure bien mieux en concert, où le son redevient brut et où le public est l’arme de sa propre hystérisation massive. Une fois qu’on a entendu la version live d’un morceau de Maiden, on n’apprécie plus l’original. Pas assez intense, pas assez direct. Jeter l’album au profit du live suivant. Évidemment, les meilleurs titres de Fear Of The Dark, puisqu’ils le sont, reviennent plus forts sur A Real Live One l’année suivante : From Here To Eternity et ses chœurs damnés, la complainte anti-guerre en Irak Afraid To Shoot Strangers, Fear Of The Dark, le final éponyme, depuis hissé au statut d’hymne universel des fans du groupe, et même la ballade mièvre Wasting Love, enregistrée à la grande halle de la Villette le 5 septembre 1992 et réputée pour son intro en français de Dickinson3. J’écoute en boucle, des années durant. Dès sa sortie, A Real Live One envoie Fear Of The Dark tout droit dans l’étagère, avant de l’y suivre quand débarque Live At Donnington. En le ressortant aujourd’hui, je le trouve fade, comme dévitalisé, d’une autre époque. Mais une époque qu’il a déclenché lui-même, et ça c’est pas rien.
Extraits
- Be Quick Or Be Dead
- From Here To Eternity
- Afraid To Shoot Strangers
- Judas Be My Guide
- Fear Of The Dark
_____
1 je suis sûr que 15 ans après, la trace de nez se pavane toujours sur cette même commode, quelque part en banlieue lyonnaise.
2 Ahah, quel suspense, on se croirait dans un épisode du Prisonnier, ici, dites donc.
3 « L’amour, c’est n’est pas un homme… fuck… une amie. Ce n’est pas, non. L’amour c’est plus en bas, dans la tête, dans le cœur, dans toute le forme ». Ça se retient mieux qu’une leçon d’allemand, ça, hein.
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19 avril 2007 à 10:06
ahahah… j’adore la phrase d’intro… on croirait du JC Vandamme pffff !! perso je retiens mieux les leçons d’allemands… va savoir pourquoi ;]
19 avril 2007 à 13:24
Patin, je m’étais plutôt inspiré de Glenn de Wayne’s World et le fameux « jusqu’avant cette nuit-là je n’avais jamais fait de folie. Je pose la question : si un homme en tue un autre au combat, c’est un héros de guerre. Mais s’il agit sous l’emprise de la passion, c’est un criminel. » [ça aussi je le connais par cœur tiens, également mieux que mes leçons d'allemand].
19 avril 2007 à 14:04
hehehe :) t’en as d’autres comme ca ?
[décidément je vais finir par croire que l'allemand c'est pas aussi drôle :P ]
19 avril 2007 à 16:28
Hum pas là, non. À part ma première leçon d’allemand en 6e. Mais je n’oserais la sortir ici :þ
19 avril 2007 à 18:56
Et là, je peux enfin dire : "j’étais là!"
Pas aux cours d’allemand, hein, soyons clairs.
19 avril 2007 à 20:35
ha… mais je pourrais te sortir la mienne aussi… je m’en souviens très bien, deux chats jaloux parlaient d’une belle chatte… mouhaha, dis comme ca c’est encore plus drôle :]
20 avril 2007 à 8:32
Anne> Oui, j’en ai un vague souvenir. Vaporeux.
Encore merci pour la démonstration de tes talents archéologiques, au fait, hein :)
Frall> Hé béh, c’est alléchant comme leçon, je fais moins le malin avec mon histoire d’Uwe et Steffen jouant au fußball moi :/
20 avril 2007 à 9:02
Hallo, ich bin Theo und das ist Karl-Otto… hehehe… que de souvenirs!
20 avril 2007 à 9:48
Ça montre une fois de plus qu’on souffre tous du même mal universel : une propension inexplicable à retenir par cœur pendant des décennies totalement inutiles qui squattent des neurones que l’on aurait pu utiliser à meilleur escient, pour se souvenir du PIB du Mozambique ou du prénom de sa belle-sœur, par exemple.
Mais non, penses-tu.
Au lieu de ça on se souvient plutôt des aventures mornes de gamins aux tronches de Kinder ambulants qui ne pensent qu’à jouer au fußball et parler de katzen.
C’est triste, je dis.
20 avril 2007 à 11:36
de rien de rien
Prochain retour aux sources, je déterre 1993 et on se prend une deuxième claque. Ou alors on organise carrément l’évènement de l’année: Vauban, 15 ans plus tard, sponsorisé par les sites de retrouvaille scandaleusement payants. Et avec un peu de bol, tu ressorts avec CP
20 avril 2007 à 12:43
Ça me va mais pour CP question contenant faut plutôt prévoir un coup de chaudron, hein :)
26 avril 2007 à 17:25
Hello :)
Juste pour te dire que question synchronicité nous aussi on a décidé d’écrire notre "parcours" musical depuis quelques temps sur notre Blog:
theclubhostess.blogspot.c…
on aime ton site, on peut te mettre dans nos liens STP ?
Bonne continuation,
Caro.
29 avril 2007 à 0:50
Ah oui tiens, je vais aller lire ça de ce pas dis donc, j’aime que les esprits se rencontrent :)
Pour le lien bien sûr allons, avec plaisir !
29 avril 2007 à 15:10
Cool :) je viens de mettre le lien sur notre blog, et un petit pitch sur notre forum, que tu es invité à rejoindre si le coeur t’en dis (les autres aussi!)
leclub.xooit.com/t114-BLO…
29 avril 2007 à 23:50
Waw, là je suis carrément honoré. Je passerai faire un tour, promis. Merci beaucoup !!