Il y a toujours autant de spots sur scène que de potes dans la salle, ils sont toujours autant éclairés par derrière, leur batteur est toujours au temps régulier, puissant et bonhamien, il y a toujours autant de lenteurs presques soporifiques en milieu de set mais, surtout, il y a toujours autant de tubes spatio-martelés qui font du bien par où ils passent, agrémentés de nouveaux titres percutants, d’un solo de batterie transcendantal et de longues ambiances étirées comme il faut, où il faut.
Et alors, Living Things en première partie, j’en avais entendu dire du bien en live, mais alors à ce point, hein, pardon, mais la prochaine fois qu’ils passent, j’y cours. Yeah.
[Franchement, quand une zézette lance un avis de recherche sur son père disparu depuis 30 ans et que pendant ce temps-là, derrière, ils1 te mettent la bande originale de Jurassic Park, pardon mais moi, hein, je laüle.]
1 Y’a Que La Vérité Qui Compte. Oui oui, parce qu’être rock en 2006, c’est aussi écrire des notes vites faites devant TF1 et en avoir presque pas honte.
Y a du Pearl Jam dans ma bande-son, du sucre dans ma verveine, pas de poil dans ma cuisine, de la lumière dans mon lit, de l’abricot dans mes tartines, pas de trou dans mes chaussettes
1 Je réalise au passage qu’au final, ce seul détail suffit à chroniquer l’album en n’en retenant que l’essentiel : « Allez-y les gros, Vedder a retrouvé ses poils ». Tout y est.
Le professionnalisme, c’est avoir la présence d’esprit, au moment de reprendre Le Port d’Amsterdam de Brel, de bien faire attention à ce que sa bière soit une Heineken®.
Sur ce je retourne me coucher.
Bande-son : The Go ― Keep On Trash (Ghetto Recorders session)
Tu coures de bourreau en bureau, tu voles de boulot en métro, louvoyant dans les ruelles, traçant tes chemins de traverses, tu retrouves tes gens, tu manges un Michoko®, tu négocies des badges avec une tour manager, tu manges un autre Michoko®, tu te plantes devant une scène à l’ombre d’un retour, tu offres un menu d’hôtel londonien, tu vois un mélange étrange de Rammstein et de quintet à cordes, tu fumes trop, tu vois un mélange un mélange étrange d’Arcade Fire et de latino, tu es enseveli sous les gothiques à rayures blanches et dentelles, tu as chaud, tu échanges tes objectifs avec les copains d’en face comme tu échangeais tes GI Joe avec tes copains d’enfance, tu as chaud, tu vois un mélange étrange de Leonard Cohen et d’Amanda Palmer, tu te découvres des talents inconnus jusque là de diplomatie éthylique, tu prends trop de photos, tu ne peux plus bouger, tu vois un batteur qui, lui, le peut et en profite bien, tu n’as plus de dos, tu as chaud, eux aussi, ton œil se brûle à la sueur de ton viseur, Coin-Operated Drummer, cabaret tourbillonnant, égéries romantiques, Black Sabbath, ça tourne et ça crépite, j’ai chaud, lève tes bras, clic, souris-moi, clac (je ne suis plus qu’eau, d’acc ?), il pleut de l’Heineken®, tu manques de justesse la noyade dans le port d’Amsterdam alors tu plonges dans le vin blanc du bar d’à côté, écroulé sur ta chaise à recompter tes vertèbres et à converser avec la fine équipe qui t’entoure à propos de Steve Estatouffe et ― surtout ― de la prochaine fois que tu coureras t’agglutiner à une foule exsangue et liquéfiée pour fournir leur dose à tes yeux et tes oreilles.
Rentré,
café,
couché.
Y a des fois comme ça, tu vois, où ta vie, elle est juste bien.
/Edit : TÉLÉFLACOGRAMME : 13h32 ― LES RACONTEURS À ROCK EN SEINE ― FLAQUE ― JACK WHITE EN SHORT À COURGETTE À SAINT-CLOUD ― FLAQUE ― BRENDAN EN TONG À PONT-DE-SÈVRE ― FLAQUE ― ON SE VOIT LE 25 AOÛT ― FLAQUE.
Ils aiment les trous noirs1, ils reviennent avec un 4e album et un simple qui sonne comme du Prince, leur chanteur a le doigt toujours coincé dans la porte de la salle de bain et surtout, ils arrachent toujours en live, et ça, ma bonne dame, c’est une nouvelle qu’elle est plutôt bien.
“I was never faithful And I was never one to trust Borderline bipolar Forever biting on your nuts I was never grateful That’s why I spend my days alone I’m forever black-eyed A product of a broken home (Broken home)”
Être rock en 2006, c’est aller voir en Essonne si on y est, se perdre 3 fois sur la route, trouver de la Kro comme à la maison pas chère pour se réconforter et se dire deux heures après que si Didier Wampas est pas vraiment le roi, il s’en sort plutôt pas mal quand même.
“Your passin’ broke the silence On that dark October day The sun was headin’ for the west As it did I heard you say ‘I set my sail for a gentle breeze Now I leave this world as it was meant to be And you, did you listen to anything I said? Did you ever listen to me? Though now it seems you’ll never know But every lad to a man must grow Till winter comes to celebrate Then proudly chills the bone When at last they bury me Into this ground you’ll someday see And you, did you listen to anything I said? Did you ever listen to me?’ Though the face we wear Sometimes seldom speaks From the babe that cries To this grown man’s feet May the hand still write And it’s heart shape keep Till our fathers, sons and daughterss agree
So I will pave this road till glory Sets our broken spirit free From every cross-soaked nail pours endless rain With tears no eye should see But they could fill our highest ocean And the rivers in between With every blade that flower must grow then drown With love our cruelest sea So with a wonder and a wild desire I will crawl from under every weight With a wonder and a wild desire Bless the day it was I shared your name Yesterday forever speaks your grave Hailed the shower from the broadside To the heavens down below Draw one last breathe from your famine ship Sink the hunger in us all Shake the hand that speaks of freedom kiss hate one final blow ‘Till each twilight falls Then rests till dawn where tomorrows never sleep So with a wonder and a wild desire I will crawl from under every weight With a wonder and a wild desire Bless the day it was Ii shared your name Yesterday forever speaks your grave And of the fool we shall not mention that depraves the cries of youth Drag not your strength from government But from the voices they abused So with a wonder and a wild desire I will crawl from under every weight With a wonder and a wild desire Bless the day it was I shared your name Yesterday forever speaks your grave Only time will tell When this reign of hell Shall wither in defeat Seperate the bread they forgot to share To the mouths still left to feed Though his body ached and disappeared Into the ground now seeds He said ‘I, I’ll always comfort thee’ So I will pace this road till glory Watch as our broken spirits soar Resonate with perfect reason Shut life’s last gloomy door
With a wonder and a wild desire I will crawl from under every weight With a wonder and a wild desire Bless the day it was Ii shared your name Yesterday forever speaks your grave”
Bande-son: Flogging Molly ― The Spoken Wheel / With A Wonder And A Wild Desire