Archive pour juin 2005

Un, dieu, croit [mikado n'a d'l'émoi].

Église St-Étienne1, St-Étienne2, 25 juin.

Pure FM sera à Werchter3 à partir d’aujourd’hui et pour les 4 jours du festival. Au programme, concerts en direct, interviouves et surtout, surtout, beaucoup de rigolade joviale4.  Un truc inratable que je vais rater parce que dans ma boîte, on a pas de lecteur vindoz multimédia pour écouter les radios sympas qui émettent en direct de festivals sympas en racontant des trucs sympas. C’est pas sympa5.

[Si vous préférez Belfort, faudra plutôt aller voir Couleur 3, à partir de demain, 20h. Tout aussi sympa et tout aussi inratable.]

[Pour le Tastefest, en revanche, je ne peux rien pour vous.]6

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1 - Allez, allez, allez.

2 - Allez, allez, allez.

3 - Prononcer ouairchtaire. Je sais, ça sonne moins bien que verchtaire, mais c’est pas moi qui décide, hein.

4 - Mes yeux s’emplissent de larmes de nostalgie et de rire irrésistible lorsque je me rémémore l’année dernière, avec Jérôme Colin faisant des flaques devant Slash, défiant ses reporters de terrain (”Allez, Rémi, tu as 5 minutes pour trouver une jeune fille dans le public de la grande scène qui accepte de t’héberger dans sa tente ce soir”) ou débatant sur des sujets chauds de l’actualité du jour (”Gros Roberta peut-il encore être au meilleur de sa forme après la cuisante défaite anglaise de la semaine dernière au championnat d’Europe de fouteballe?”)

5 - Heureusement, pour pallier le problème, le service informatique m’a doté de deux collègues bavardes qui me parlent toute la journée de sujets intéressants tels que le chien de la fille de Gisèle qui s’est échappé, le gagnant de la dernière Ferme Académie ou le tournoi de pétanque du CE qui va bientôt s’acheverb. En agrémentant le dispositif d’un mini-disque vissé sur mes oreilles toute la journée, on s’y croirait: Le mouvement des lèvres de ma chef, ses cheveux blonds bouclés et Black Dog sur le tout, ça y est, Robert Plant est dans mon bureau.

6 - Ouais, en effet, cette dernière parenthèse est peut-être superflue.

a - Smith

b - Oui oui, promis, on a un tournoi de pétanque du CE, ici.

Bande-Son: The Kills - Hitched

Béates risses¹ d’halle.

Église St-Étienne2, St-Étienne3, 25 juin.

We are waiting
For the summer
The sun will bring back
Treasures for us

/Edit: Je viens de réaliser que le h de “halle” est aspiré. Une telle erreur de ma part est impardonnable. Je me flagellerai ce soir à grands coups d’orties urticantes.

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1 - Risse: Oiseau palmipède gris cendré, proche de la mouette. Les risses sont des mouettes à pouce très réduit et paraissant n’avoir que trois doigts (Nouv. Lar. ill.). En l’occurence, là, les risses en question sont embuscadées derrière la porte, attendant patiemment le passage du banc de merlus que leur a dévoilé un Yvan le Goéland un peu trop bavard après trois Ricard®, hier soir, dans les poubelles de la criée du port du Guilvinec.
2 - Allez, allez, allez.
3 - Allez, allez, allez.

Bande-Son: PJ Harvey - You Come Through

Geôle du matin, chat grain¹.

Galerie Véro Dodat, Paris, 24 juin.

Allez.

Walk away me boys, walk away me boys
And by morning we’ll be free
Wipe that golden tear from your mother dear
And raise what’s left of the flag for me

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1 - Je partais plus vers un “chat grimpe” pour évoquer un vague rapport avec l’escalier qui monte, qui monte, mais personne n’aurait compris la blague et je me serais attiré les cyber-foudres de tous les gens qui passent ici, ce qui aurait été nul, un peu.

Bande-Son: Flogging Molly - What’s Left of the Flag

Étuves à même en quais.

Avenue Émile Zola, Paris, 22 juin.

[Encore trop sombre, ou bien?]

800 km, des bouteilles de blanc, des bouteilles de rouge, autant de pintes de stout, 2 cravates, pas de rond de chapeau, ni de muguet, 8h de sommeil dont 2 sur un banc, 4 sur une pelouse et 2 à l’ombre escamotable d’un arbre, 3 levers de soleil sur le Forez depuis 2002, quelques [re]connaissances et surtout, surtout, très envie de dormir ce matin, étonnament.

Bande-Son: Ash - Evil Eye

The Dresden Dolls @ le Nouveau Casino, Paris, 21 juin 2005. [Scène 1, 2e].

[On la refait, mais en moins sombre. J'espère que ça passe, ce coup-ci.]

La chanson ci-dessous, c’est parce que je me suis retrouvé dans une transe rare en pleine ligne 2 ce soir après me l’être inoculée et que, bêtement, je ne peux pas résister au plaisir de la mettre là. Voilà.

Oh
Say my name!
Oh
Baby say my name!
You can do what you wanna do, Meg
You can throw it in the garbage can
But SAY MY NAME!

[Tain, franchement, le “say my name” final, à chaque fois, il me fait triper grave. Mais alors grave de grave.]


Bande-Son: The White Stripes - Let’s Shake Hands (live)

L’âme où tardent mes moutons nés.

Quelquepart dans le Marais, Paris, 3 mai.

Mail1 signifie courrier. En français, on a repris ce terme pour désigner un courrier électronique2. L’une de mes interrogations reflectives d’hier3 était : «  Parbleu, quelle est donc l’origine de ce mot? Je connais une rue du Mail4, à Paris, y a-t-il un rapport5? ».

À la seconde question, le tlfi6 répond par :

MAIL, subst. masc.

A. 1. Vx, TECHNOL. Gros marteau en fer avec lequel le carrier enfonce des coins pour séparer les blocs de pierre. (Dict. XXe s.). Synon. mailloche.
2. Synon. de maillet. Au réfectoire, on fait la lecture. Le père prend sur la table un petit mail de buis et en frappe un coup. Le lecteur se tait (BILLY, Introïbo, 1939, p. 97).
B. JEUX. Maillet de bois à long manche flexible avec lequel on pousse une boule de bois. Donner un coup de mail (Ac.).
P. méton. (Jeu de) mail

On peut donc en déduire qu’en bon français, quand quelqu’un t’écrit «  Je t’envoie un mail demain », le mieux est encore d’aller s’acheter un casque vite fait, parce qu’un gros marteau en fer, même si on te l’envoie gentiment, il risque de te faire mal à ta gueule, un peu7.

Pour expliquer l’étymologie de mail, le dictionnaire anglais avance :

[Middle English male, bag, from Old French, of Germanic origin.]

En conséquence, un mail, ce n’est rien d’autre qu’une malle. On s’envoie des malles. « Comment? Tu n’as pas reçu ma malle? » « Fichtre, comme ta malle est lourde, elle a du mal à passer dans le tuyau. » « Je te malle demain et on en rediscute! ». etc. Faut avouer que ça sonne mieux que mail et courriel et, qu’en plus, c’est beaucoup plus rigolo.

À part ça, rien.

/Edit: Si quelqu’un connaît l’adresse malle du sale pervers dégoûtant qui est arrivé ici en tapant “white meg seins”, qu’il me la donne, j’ai quelque mails8 désobligeants à lui envoyer9b.

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1 - Prononcer méïl. « Il n’y a que méïl qui m’aïle. »

2 - Alors que les anglophones, eux, utilisent ce terme pour désigner le courrier tout courta. Les Français font souvent l’erreur en milieu anglophone: “I’ll send you a mail.” Du coup, l’autre va siffler là-haut sur la colline, serrane, serrane, ne voit rien venir, ni facteur qui arrivoie, ni chien qui jappoie, et se trouve fort déconvenu quand rien ne fut venu alors que moi, pendant ce temps-là, je t’envoyais des courriels dans les bois. Ou bien.

3 - Je vais très souvent au travers de moments d’auto-interrogation réflective à tendance cogitale tout au long de la journée. ccupe, dans le métro.

4 - Prononcer mail. Non, pas méïl, mail. « Il n’y a que mail qui m’aille. »

5 - Ou bien?

6 - Trésor de la Langue Française Informatisé. Trop cool pour se la péter grave dans des notes débiles.

7 - Ce que l’on peut résumer par « Il n’y a que mail qui m’aïe. »

8 - Dommage que le pluriel de mail ne soit pas maux, parce qu’on aurait pu parler de maux comme un ensemble de mails qui font mal. C’est con.

9 - Des mails, pas des mails. Prépare ton casque, gros.

a - Normal, puisque ça veut dire courrier. C’est expliqué dans la première phrase, tout là-haut.

b - Nan, mieux: « J’ai deux maux à lui dire ». Ah ah.

Bande-Son: Gens endormis ronflants devant cette note.

Avec le tanga, tout s’en va¹.

Rue Mandar, Paris, 6 juin.

Œil gonflé, café qui brûle et humeur qui tue,
Je ne cautionne pas le matin non plus.

“And in my broken jar
All the remains are watered down
And I’m starting to drown

I wish I could, Sometimes I wish I would
Always your way
You want it all, I did everything I could
Always your way”

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1 - Postulat non vérifié qui reste à démontrer.

Bande-Son: My Vitriol - Always: Your Way (acoustic)

The Dresden Dolls @ le Nouveau Casino, Paris.

[Elle serait pas un poil sombre, en fait?]

Rarement eu aussi chaud dans un concert. Une soirée torride, Amanda Almer et Brian Viglione se donnent à fond, perlant de sueur. Piano matraqué, batterie lapidée, un peu de guitare, le tout mis en scène dans un théâtre Brechtien1 où l’on joue chaque morceau comme si c’était le dernier2. Deux reprises en français (Le port d’Amsterdam et Tous les garçons et les filles de mon âge), une autre “dédiée à la chaleur ambiante” (No One Knows), une première partie mémorable (Jason Webley, accordéoniste doté d’une voix taillée pour les pubs3 enfumés) qui fait tourner les gens 12 fois sur eux-mêmes en fixant leurs doigts tendus pour être saouls plus vite et là, la vie, tu te dis qu’elle est belle, et que ton T-shirt, ce soir, au moins, tu sais pourquoi il finit trempé4.

Dresden Dolls - Audio
Jason Webley - Audio

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1 - J’ai rien inventé, ils se définissent eux-même comme ça.
2 - Ou peut-être pour pouvoir s’extirper plus vite de la fournaise et aller boire des canons dehors, note.
3 - Tain, ça fait super classe de mettre les mots étrangers en italique, quand même.
4 - Et qu’avec la longueur de la phrase, ce matin, au moins, tu sais pourquoi ta gorge finit sèche.

Bande-Son: Doves - Black and White Town

[Un seul hêtre vous ment que] haie toute est de peupliers¹.

Forum des Halles, Paris, 10 juin.

J’aime pas l’été.

Non, pire: Je ne le cautionne pas2.

And at the end of the day, all you can do is pray.
Without hope, you might as well be blind.

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1 - “Hêtre” et “peuplier”, ça semble tellement évident dans cette citation qu’à mon avis, je suis pas le premier à jouer là-dessus.
2 - Ouais, je sais, ouais, je déborde de bonne humeur le matin, ouais.

Bande-Son: Flogging Molly - Tomorrow Comes A Day Too Soon

Previously unreleased #19¹.

The Arcade Fire, Élysée-Montmartre, Paris, 16 mai.

Je n’ai plus Internet à la baraque depuis samedi. En conséquence, je ne peux pas charger de photo. C’est con.

Enfin dans mon malheur, je peux en profiter pour faire de la pub pour le nouveau projet de ces yeux-ci. Il est joli, plein de funambules dedans, il mérite un des tours (voire les deux) et il est pratique, parce qu’il indique l’heure exacte une fois par jour (plusieurs fois, même, si on change de page) et ce, d’une façon bien plus estéthique qu’une grosse bête horloge de gare.

Demain, le retour des photos neuves. Ou le début des rediffusions. Vous pouvez aller poser des cierges à l’église.

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1 - Ça vous plaît? C’est que je l’ai repompé.

The Dirtbombs @ La Maroquinerie, Paris.

Dans la même soirée, on peut :
  • Se sentir de retour à Ann Arbor, dans un Blind Pig enfumé se secouant aux doubles rythmes des batteries de Ben Blackwell [le neveu] et de Pat Pantano [le photographe], pendant que Ko Shi, en transe, ne quitte pas le plafond des yeux et que Mick Collins orchestre le tout de sa voix de crooner.
  • Se voir offrir un badge des Stripes tout noir et tout joli et sautiller comme un con sur un trottoir du XIe en guise de remerciements.
  • Se taper à Ménilmontant un Sancerre-foie gras qui fait du bien en parlant musique et se dire que, quand même, c’est chouette de traîner avec des gens qui s’y connaissent en vin et en musique, parce que le vin, c’est bien et la musique, aussi.
  • Une fois rentré, s’endormir à 2h du matin sur les photos qu’on a prises.
  • Stre réveillé à 3h30 par une usine à punch.
  • Se traîner jusqu’au premier lit venu et s’endormir bercé par le Postal Service.

[Merci(s).]

Et lui, c’est Ben. Un cadeau pour ceux qui n’ont pas de poster au-dessus de leur lit.

Bande-Son: The Dirtbombs - By My Side

Il ne faut jamais dire j’aimais.

Station Charles de Gaulle-Étoile, Paris, 8 juin.

A love not warm’s a love not done.

Bande-Son: The Veils - Talk Down The Girl

Cuilleri assoupi¹.

Station de RER Nation, Paris, 7 juin.

Et en fait, là, tu vois, tu enlèves les ovaux2, la chemise bleue, tu ajoutes des cheveux, tu mets un bureau devant, des collègues piailleurs autour, pas de café dedans3 et là, oui, là, tu obtiens moi.

[et le pull sans manche. Il faut aussi virer le pull sans manche.]

“I’m thinkin’ about my doorbell
When ya gonna ring it, when ya gonna ring it?”

/Edit: J’en ai maaaaaaaaaaaaaaaarre qu’ils prononcent tous Woippy “ouappy” dans cette boîte quand ils parlent de leur usine, bordel, je vais en étrangler un.

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1 - Si ça tombe, le gars, il s’appelle même pas Cuilleri.
2 - Ne pas confondre ovaux, pluriel d’oval, avec ovaux, son homographe, qui est le fils de l’ovache.
3 - Personne n’a 35 centimes à me prêter?

Bande-Son: The White Stripes - My Doorbell

Vous pouvez embraser l’avarié.

Rue Montorgueil, Paris, 6 juin.

J’ai quand même du mal à concilier ma vie d’avant (celle qui finit tard) avec ma vie de maintenant (celle qui commence tôt).

Du coup j’anticipais sur ma future fatigue,
Les muscles ankylosés1 qu’aucune envie n’irrigue.

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1 - Et là me vient une interrogation subite: “ankylosé, ça veut pas bêtement dire ‘bras tout lourds et plein de kilos, quand même?’”. Après vérification, ankylose vient du grec άγκύλωσις2, qui signifie ankylose. Vite, vite, allez tous raconter ça à vos collègues à la machine à café pour les épater un coup3!

2 - Y a pas à dire, quand même. Mettre du grec en plein milieu d’une phrase, ça fait belögue super-cultivé littérairement à la pointe du savoir érudit.

3 - S’ils soupirent en vous traitant de schtroumpf à lunettes, le plan B consiste à revenir à son bureau et envoyer ce lien à tout le monde. Effet garanti.

Bande-Son: Elista - La Vie à deux

On the road [Since a long time].

L’Ardenne, 4 juin.

You’re out of here, wondering how to conjugate the word loneliness.
All you really wanna do is to go home. But as soon as you get home,
You wanna come out of here again, start all over again.

Bande-Son: Stephan Eicher - Lament